Des acteurs de la presse française viennent d'annoncer la
signature d'une
charte de la traçabilité de l'information. La charte
prévoit que les médias citent correctement leurs sources
et qu'ils insèrent des liens hypertextes dans les articles.
Aucun roman d'anticipation n'avait sans doute imaginé qu'en
2020 l'humanité serait capable de telles prouesses !
Au-delà de cette pic amicale, je suis content que les
médias traditionnelles adoptent les bonnes pratiques des pure
players et de Wikipédia. La gestion des sources et des
hyperliens est complexe et chronophage, bon courage aux nouveaux
titres de presse qui se lancent dans l'aventure.
S'ils leur restent du temps, ce serait bien également de
correctement créditer les photos qu'ils prennent sur
Wikipédia ou Wikimédia Commons. Bien souvent les
médias ne citent pas la licence libre utilisée par le
créateur ou utilisent les fameux Droits
réservés (DR). Outre le fait que c'est illégal,
il est de plus en plus important de pouvoir retracer l'origine des
images afin de s'assurer de leurs exactitudes et que les
légendes correspondent bien aux photos.
Hasard du calendrier, j'étais depuis plusieurs jours en
train de me dépêtrer à faire des requêtes SQL
pour mieux connaître les liens externes qui se trouvent sur la
Wikipédia francophone.
Liens externes
Les hyperliens qui
mènent vers d'autres sites web sont très fréquents
sur Wikipédia. Une série de recommandations leurs sont
consacrés sur la page Wikipédia:Liens
externes. Dans les articles de Wikipédia, on peut
en trouver à deux endroits différents. Tout d'abord dans
la liste des sources permettant de vérifier ce qui est
écrit dans l'article. Ce type de lien externe, aussi
appelé source ou référence, est
généralement regroupé dans une section
intitulée Références ou bien Notes et
références. La nature des références est
fonction de l'article. Un article d'actualité va utiliser la
presse alors qu'un article d'histoire utilisera des
monographies.
Un deuxième endroit possible
pour les liens externes est une section tout simplement
appelée Liens externes en toute fin d’article. Le
plus souvent cette section contient le site officiel ou de nombreux
liens vers d'autres bases de données. Les wikimédiens
consacrent beaucoup de temps pour relier Wikipédia ou Wikidata
à des notices d'autorité (base Léonore de la
Légion d’honneur, base Mérimée des monuments
historiques, IMDb, etc.) ainsi qu'à d'autres sites de
référence (Who's Who, Universalis, Maitron, etc.).
L'outil Quarry
permet d'interroger en live une copie de la base de données de
Wikipédia à l'aide du langage SQL. N'y connaissant rien,
je me suis contenté de réutiliser une requête faite
par un collègue étranger. Les résultats ne sont pas
directement utilisables car on ytrouve
quelques sites internes à Wikimédia et des sites
identiques sous plusieurs urls (ex. books.google.com et
books.google.fr ou wordlcat.org et www.worldcat.org). Il faut donc
penser à agréger certains
résultats.
De nombreux liens renvoient vers
des sites Wikimedia. Il y a tout d'abord les liens vers les autres
versions linguistiques de Wikipedia. Il ne s'agit pas des
interwikis permettant de passer d'une langue à l'autre mais de
liens générés par des modèles tels que {{Traduction/Référence}}
ou {{Lien}}.
Il y a également quasiment 200
000 liens vers la ferme de serveurs qui héberge des outils
(tools.wmflabs.org) tels que GeoHack, KMLexport, Chemistral
Abstracts Service number links, etc.
Et Wikidata est massivement
utilisé avec plus de 3 millions de liens.
Je terminerai en présentant
les travaux des robots. Il y a tout d'abord les outils d'archivage.
Les pages internet peuvent avoir une durée de vie assez
courte. Afin de permettre l'accès à ces liens morts, la
Wikipédia Francophone utilise deux services :
La Wayback Machine d'Internet Archive : 210 916 liens
Et un service similaire (Wikiwix) proposé par la
société française Linterweb : archive.wikiwix.com 56
919
CodexBot
sert à mettre en forme les hyperliens laissés par les
rédacteurs bénévoles. La Wikipédia francophone
utilise principalement trois modèles afin d'harmoniser la
présentation des sources :
Ouvrage :
utilisé 1 064 113 de fois sur 305 392 pages
distinctes.
Article :
utilisé 808 734 de fois sur 238 253 pages distinctes.
Lien web :
utilisé 3 366 315 de fois sur 679 393 pages
distinctes.
Ce robot analyse quotidiennement
2500 citations de livres et en améliore 1500. Il traite
également 1000 articles de presse, articles académiques
et pages web. Enfin, il signale une trentaine de cas
nécessitant une vérification humaine.
[Mise à jour] Ajout de
requêtes SQL listant les liens par projet
Le Fort Delgrès (anciennement nommé Fort
Saint-Charles) se trouve dans la ville de Basse-Terre en
Guadeloupe. Édifié au XVIIème siècle, le fort
est classé Monument Historique en 1977. Au fl des années,
le fort a connu divers noms : Fort Saint-Charles, Fort Mathilde
(sous l’occupation Anglaise en 1794), Fort Richepanse puis
Fort Delgrès en l’honneur de l’officier Louis
Delgrès. Louis Delgrès est notamment connu pour avoir
résister contre le rétablissement de l’esclavage
par Richepanse.
Focus sur les patrimoines
d’Outre-mer
Ces territoires français font
partie de ces secteurs géographiques
sous-représentés de l’encyclopédie
Wikipédia. Cette situation est préjudiciable pour ces
régions dont la richesse n’est pas correctement
valorisée et est donc méconnue de beaucoup. En
participant au concours Wiki Loves Monuments, vous participez
à la mise en valeur d’un patrimoine d’exception et
à la promotion de la connaissance libre en ligne. Alors si
comme Filo gèn’ vous avez des clichés des monuments
de Guadeloupe ou de Saint-Martin par exemple, prenez part à notre
événement pour le bien commun !
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référence PA00105850. Vous pouvez retrouver cette photo sur Wikimédia
Commons.
Cette
photo a été soumise à notre concours Wiki Loves
Monuments 2020. Inscrivez-vous maintenant pour
soumettre vous aussi vos photos et tenter de gagner un prix
!
Église construite au XIIème siècle, le
bâtiment s’est vu agrandi au XVème siècle avec
des chapelles latérales. La nef et le portail orné, quant
eux, furent bâtis lors du XIIIème siècle. La
sculpture des chapiteaux et les ferrures forgées sont
restées intactes au fil des siècles. Vous trouverez au
sein de cette église plusieurs croix et statues de la Vierge
à l’Enfant, de Saint Barthélémy, du
Christ…
Cette photo met en scène le narthex, appelé parfois avant-nef, vestibule ou
antéglise. Ce portique interne fait la transition entre
l’extérieur et l’intérieur, le profane et le
sacré, c’est un espace intermédiaire avant
d’accéder à la nef proprement dite.
L’édifice est classé au titre des monuments
historiques en 1930.
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référencePA00099789.
Cette
photo a été soumise à notre concours Wiki Loves
Monuments 2020. Inscrivez-vous maintenant pour
soumettre vous aussi vos photos et tenter de gagner un prix
!
Situé sur le Tarn, le Moulin du Pont Vieux fait partie des
monuments phares de la ville de Millau. Inscrit sur la liste des
Monuments Historiques, le pont ainsi que le moulin ont subis de
violentes crues, ce qui a endommagé l’édifice. En
1758, une crue a détruit une partie du pont. Ce n’est
qu’en 1881 et 1882 qu’une restauration est
réalisée, donnant l’aspect actuel du Pont et du
Moulin Vieux. Une nouvelle crue en 2012 a fortement endommagé
le bâtiment, qui nécessite des travaux de restauration et
conservation en urgence. Plus d’informations sur le site de
la Fondation du patrimoine.
Un article Wikipédia dédié à ce morceau de
patrimoine existe mais sous forme d’ébauche seulement.
Avec les nouvelles images qui sont maintenant sous licences libres,
voilà une belle occasion d’étoffer la page.
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référencePA12000061.
Cette
photo a été soumise à notre concours Wiki Loves
Monuments 2020. Inscrivez-vous maintenant pour
soumettre vous aussi vos photos et tenter de gagner un prix
!
Qui contribue aux projets Wikimédia ? Qu’est-ce qui
aide les nouvelles personnes à se sentir plus autonomes pour
contribuer ? Qui est plus susceptible de subir du harcèlement
ou de l’inconfort dans l’univers Wikimédia ? Les
réponses à ces questions peuvent aider le mouvement dans
son ensemble à mieux soutenir une communauté
diversifiée, inclusive et […]
Datée du XVIe siècle, cette croix en pierre
possède une base octogonale, elle-même posée sur un
fût cylindrique en bas et octogonal en haut. Ornée de
fleurons, la croix présente sur une face le Christ
entouré d’anges, et sur l’autre la Vierge et un
tétramorphe. La croix seule a une hauteur de 80 cm.
La croix de cimetière de Collioure fait l’objet
d’un classement au titre des monuments historiques depuis le
.
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référence PA00103999.
Vue de la façade ouest du château de Sceaux et du
jardin (photo prise en mai 2020).
Le parc fut dessiné par André Le Nôtre à la
fin du XVIIe siècle à la demande de Colbert puis de son
fils le marquis de Seignelay. À la Révolution, par les
spéculations de la Bande Noire, le domaine est pillé, revendu à un
exploitant agricole, Jean François Hippolyte Lecomte, et le
château comme les cascades sont détruits. Un nouveau
château est érigé à partir de 1856 par sa
fille, Anne-Marie Lecomte-Stuart, mariée au duc de
Trévise.
Le château de Sceaux accueille depuis 1937 les collections
du musée de l’Île-de-France, renommé en 2013
musée du domaine départemental de Sceaux.
Du fait de la présence de nombreux cerisiers du Japon dans
la partie ouest du parc, celui-ci est devenu un lieu de rendez-vous
de la communauté japonaise d’Île-de-France pour la
fête du hanami durant les premières semaines de
floraison au printemps.
Vous trouverez plus d’informations sur le parc de Sceaux
directement sur Wikipédia.
Ce domaine est classé au titre des monuments historiques en
1925.
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référence PA00088146.
L’abbaye Notre-Dame du Bec est une abbaye
catholique bénédictine située au Bec-Hellouin,
près de Brionne, dans le département de l’Eure, en
Normandie. Elle a été fondée en 1034 par Herluin, ou
Helloin, d’où son nom, chevalier du comte Gilbert de
Brionne.
Avec l’arrivée des Italiens Lanfranc de Pavie, prieur
et maître de l’école monastique, puis
d’Anselme de Cantorbéry, originaire d’Aoste, le
Bec devient l’un des principaux foyers de la vie
intellectuelle du XIe siècle : le
futur pape Alexandre II y étudie vers 1050 ainsi que
nombre de futurs légats et évêques.
Vous trouverez plus d’informations sur cette église
directement sur Wikipédia.
L’église est classée au titre des monuments
historiques en 2008.
Cet édifice est
répertorié dans la base Mérimée, base de
données sur le patrimoine architectural français du
ministère de la Culture, sous la référence PA00099327 .
La basilique Notre-Dame-de-la-Joie de Pontivy conserve à
l’intérieur plusieurs retables, dont celui du
maître-autel. Cet autel, en marbre gris poli et pierre
polychrome, est exécuté en 1782 à Rennes tandis que
le retable architecturé en marbre et tuffeau, date de
1725.
C’est sur cet autel que les Fédérés
(Volontaires nationaux pendant la Révolution) ont signé
leur acte d’union le 19 janvier 1790.
Vous trouverez plus d’informations sur ce sujet
directement sur Wikipédia.
Cet objet mobilier est
classé monument historique dans la base Palissy, base de
données sur le patrimoine mobilier français du
ministère français de la Culture, sous la
référence PM56000872.
D’après le recensement de l’Insee, la commune de Paris comptait au 1er janvier 2010 plus de
2,2 millions d'habitants. L'agglomération de
Paris s’est largement développée au cours du
XXe siècle, rassemblant
10,5 millions d'habitants au 1er janvier 2010, et son aire urbaine
(l’agglomération et la couronne périurbaine)
comptait environ 12,2 millions d'habitants au 1er janvier 2010. Elle est
l'une des agglomérations
européennes les plus peuplées.
La position de Paris, à un carrefour entre les
itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux et au cœur
d’une riche région agricole, en fait une des principales
villes de France au cours du Xe siècle, avec des
palais royaux, de
riches abbayes et une
cathédrale ; au
cours du XIIe siècle, Paris devient un
des premiers foyers en Europe
pour l’enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant
dans cette ville, son importance économique et politique ne
cesse de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est la
ville la plus importante de tout le monde chrétien. Au XVIIe siècle, elle est la
capitale de la première puissance politique européenne,
au XVIIIe siècle le centre
culturel de l’Europe et au XIXe siècle la capitale des
arts et des plaisirs. Paris joue donc un rôle politique et
économique majeur dans l’histoire de l'Europe au cours du
IIe millénaire. Symbole
de la culture française, abritant de
nombreux monuments, la ville attire dans les années 2000
près de trente millions de visiteurs par an. Paris occupe
également une place prépondérante dans le milieu de
la mode et du luxe ;
c'est aussi la capitale la plus visitée au monde.
La ville est, avec sa banlieue, la capitale économique et
commerciale de la France, ainsi que sa première place
financière et boursière. La région parisienne, avec un produit intérieur brut (PIB)
de 607 milliards d'euros (845 milliards de dollars) en 2011, est un acteur
économique européen majeur. Elle est la 1re région
européenne en termes de PIB régional et 6e en termes de
PIB par habitantPPA. La densité de
son réseau ferroviaire, autoroutier et sa structure
aéroportuaire, plaque tournante du réseau aérien
français et européen, en font un point de convergence
pour les transports internationaux. Cette situation résulte
d’une longue évolution, en particulier des conceptions
centralisatrices des monarchies et des
républiques, qui donnent un rôle considérable à
la capitale dans le pays et tendent à y concentrer les
institutions. Depuis les années 1960, les politiques
gouvernementales oscillent toutefois entre déconcentration et décentralisation.
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
À cette classification, l'on peut
ajouter une typologie des impôts : impôt direct,
impôt indirect, impôt local, impôt personnel,
impôt réel, impôt ad valorem, impôt
spécifique, impôt fixe, impôt proportionnel,
fiscalité immobilière, fiscalité des personnes
physiques, fiscalité des entreprises fiscalité
écologique...
Pour compliquer le tout, la classification
est indépendante de la dénomination du
prélèvement. La TVA n'est pas une taxe mais un
impôt. La CSG est un impôt et non une cotisation. De
plus, impôts et taxes sont des termes généralement
synonymes.
taxe
(Q11765) : prélèvement
obligatoire dont le montant du prélèvement est fixé
par la loi. Lié à une prestation de service. Mais
même si un contribuable ne bénéficie pas du service,
il doit s'acquitter de cette taxe fiscale (ex. TEOM).
Wikidata est un des projets du
mouvement Wikimedia. Cette base de connaissances sert à
proposer des données structurées aux internautes mais
aussi aux outils automatisés qui récupèrent les
données. En interne, Wikidata sert de plus en plus
Wikipédia en permettant de gérer de manière
centralisée les informations qui s'affichent dans les
infoboîtes situées en haut à droit des articles.
Avant cela, il fallait mettre à jour chaque version
linguistique de Wikipédia lors du décès d'une
personnalité, de l'élection d'un maire ou d'un
résultat sportif. En dehors du mouvement Wikimedia, les
données sont réutilisées par les moteurs de
recherche, les bases de données du secteur culturel,
etc.
Dans Wikidata, j'ai décidé
d'utiliser les propriétés suivantes en me basant sur
WikiProject France/Législation et les propriétés
existantes (afin d'éviter d'en créer de nouvelles, mais
certains choix sont discutables.À voir s'il
faut élargir la propriété Chiffres d'affaires ou en
créer une nouvelle) :
Sous-classe
(P279) indiquant s'il s'agit d'un impôt (direct, indirect ou
local), d'une taxe (taxe affectée, taxe parafiscale), d'une
redevance ou d'une cotisation sociale. Le classement n'étant
pas facile, il ne suffit pas de se baser sur le nom de la taxe. Par
exemple, la Taxe sur la valeur ajoutée est un impôt
indirect et le Redevance audiovisuelle est une taxe. Par
défaut, impôt a été indiqué en attendant
de faire des recherches.
Chiffres
d'affaires (P2139) : produit de la taxe. La plupart des
données se réfèrent à l'année
2012.
Dédicataire
(P825) : bénéficiaire du produit de la taxe. En principe,
tout revient au budget général de l'État, mais la
règle de non-affectation des recettes comporte de nombreuse
exceptions. Il y a évidemment les impôts dont le produit
est destiné aux collectivités territoriales ou aux
administrations de sécurité sociale. Il y a
également un très grand nombre de taxes affectées
à des tiers (agences de l'État, chambres consulaires,
organismes professionnels, dispositifs de solidarité
nationale, etc.).
Remplacé
par (P1366) : indique la taxe qui succède,
À ne pas
confondre (P1889) : pour s'y repérer entre les taxes qui
ont des noms proches ou similaires (ex. la taxe civique de 1926 qui
est une contribution volontaire contrairement à la taxe
civique de 1959 qui est un prélèvement
obligatoire).
Il manque une propriété pour
indiquer le nombre de redevables et une autre lorsqu'on connait le
nom des redevables (généralement une ou quelques
entreprises).
Données
Wikipédia a des articles sur
l'imposition française mais bien souvent ces articles
décrivent le prélèvement dans plusieurs pays et ne
comportent pas beaucoup de données structurées. Et
data.gouv.fr est quasiment vide
sur ce sujet. Tout ceci explique pourquoi Wikidata n'a rien sur ce
sujet. Tout reste à faire.
La France ne dispose pas
d’une base de données exhaustive en matière de
fiscalité
Cela peut surprendre car la France consacre
de nombreux moyens au maintien de nombreuses bases de données,
mais en matière fiscale, cela n'existe pas. Les rapports
soulignent régulièrement l'incomplétude des
documents budgétaires ou bien ils comportent une ligne
divers/autres qui agrègent des impôts.
La mission
a dû compléter ces informations par de nombreuses
requêtes – qui n’ont pas toujours été
honorées du fait de l’absence de certaines données
dans les systèmes d’informations – auprès des
services de la DGFiP, de la DGDDI, de la DSS, de l’ACOSS, de
nombreuses administrations prescriptrices de ces taxes ou de
certains opérateurs collecteurs ou affectataires. Ces
requêtes ont parfois été l’occasion de prendre
connaissance de l’existence de taxes qui n’avaient pas
été identifiées dans un premier temps, à
l’instar des deux contributions prévues à
l’article 1609 quatervicies B du code
général des impôts, recouvrées par les URSSAF
auprès des auto-entrepreneurs et qui n’apparaissent dans
aucun document budgétaire (Inspection général des
finances,
Les taxes à faible rendement,
2014)
La Cour des comptes rappela en 2019
:
Les
impôts et taxes en vigueur trouvent leur fondement légal
dans des dispositions législatives très diverses : le
code général des impôts en rassemble un nombre
important mais d’autres sont régis par d’autres
codes ou par des dispositions non codifiées de lois de
finances ou de lois ordinaires [...] Au surplus, nombre de ces
taxes, le plus souvent de faible montant, sont collectées par
les organismes auxquels elles sont affectées, ce qui complique
leur inventaire(Cour des
comptes,
Les taxes à faible rendement, 2019)
Difficulté
méthodologique
Il faut également
garder à l'esprit que toute liste est
subjective.Un
décompte précis du nombre de prélèvement est
difficile et reste contestable, car il est fréquemment
possible de considérer qu'une contribution n'est qu'une
variante d'un autre impôt existant, ou inversement qu'un
même impôt recouvre en fait plusieurs contributions
différentes.
J'ai
également décidé de zapper les ex-TOM qui disposent
d'une autonomie fiscale :
Nouvelle
Calédonie
Polynésie
française,
Saint-Pierre et
Miquelon,
Saint-Barthélemy,
Saint-Martin,
Walis et
Futuna
La Corse et les DOM disposent également
d'une fiscalité particulière qui est certainement
imparfaitement retranscrite dans ce jeu de
données.
Sources utilisées
Les wikimédiens ne peuvent
évidemment pas concevoir cette fameuse liste exhaustive qui
est du ressort des spécialistes de l'administration
française. Par contre nous pouvons mettre en avant le travail
réalisé par l'administration. Certains rapports sont
réutilisables dans les projets Wikimedia afin de permettre
à ces contenus de qualité de toucher un nouveau public
qui ne consulte pas la documentation des PLF ou les rapports de la
Cour des comptes et de l'IGF.
Chaque année la loi de finances est
extrêmement documentée. Il y a également des
rapports publiés de temps à autre sur le sujet. La
référence en la matière me semble être le
rapport intitulé Les taxes à faible rendement qui comporte notamment
:
Annexe 2. Liste des taxes analysées par la
mission
Tome 2. Fiches
Le millier de pages liste
plusieurs dizaines de taxes dont le rendement est inférieur
à un seuil subjectif de 150 millions d'euros. Les rapporteurs
consacrent une fiche par taxe étudiée en rappelant
l'historique, la base légale, les bénéficiaires, le
rendement et le nombre de personnes redevables, etc.
Il est également
possible de mettre en forme les résultats. Les graphiques
produits automatiquement par Wikidata Query Service ont
évidemment un tas de défauts. Ils ont le mérite de
permettre une analyse graphique rapide des données. Mais un
travail soigné nécessite d'extraire les données et
de réaliser soi-même les graphiques.
Répartition
des taxes dans les principaux codes et lois
Et voilà une requête pour
afficher quasiment l'intégralité des données
https://w.wiki/arU
Ce jeu de données est encore au stade bêta. Il reste
encore beaucoup à faire : vérifier le contenu des fiches,
les compléter, revoir la classification et le choix des
propriétés.
Je publie cette infolettre deux jours avant la date officielle
de publication parce qu'un test de maintenance va toucher tous les
wikis de l'écosystème. Pour en savoir plus, prière
de lire la première brève.
« La Fondation Wikimedia va tester son centre de
données secondaire. Cela permettra de s’assurer que
Wikipédia et les autres wikis de Wikimedia peuvent rester en
ligne même après une catastrophe. Pour être certain
que tout fonctionne, le département Technologie de Wikimedia
doit réaliser un test planifié. Ce test permettra de
prouver qu’il est possible de basculer d’un centre de
données à un autre. Cela demande à ce que toutes les
équipes soient prêtes à tester et à
réparer tout problème imprévu.
Le trafic sera basculé sur le centre de données
secondaire le mardi 1er septembre 2020.
Malheureusement, à cause de quelques limitations dans
MediaWiki, toutes les
modifications de pages devront être arrêtées durant
ce basculement. Nous nous excusons pour ce dérangement et nous
travaillons à le minimiser dans le futur.
Pendant une courte période, vous pourrez lire les wikis
mais pas les modifier.
Vous ne pourrez pas effectuer de modification pendant une
durée pouvant aller jusqu’à une heure, le mardi
1er septembre. Le test débutera à 14:00 UTC (07:00 PDT, 10:00 EDT, 15:00 BST,
16:00 CEST, 17:00 MSK, 19:30 IST, 23:00 JST, 23:30 ACST, et en
Nouvelle-Zélande à 02:00 NZST le mercredi 2
septembre).
Si vous essayez de faire une modification ou de sauvegarder
pendant ces périodes, vous verrez un message d’erreur.
Nous espérons qu’aucune modification ne sera perdue
durant ce temps, mais nous ne pouvons le garantir. Si vous voyez un
message d’erreur, merci de patienter jusqu’au retour
à la normale. Vous pourrez alors enregistrer votre
modification. Mais nous vous conseillons de faire une copie de
votre modification avant, au cas où.
Autres effets :
Les tâches de fond seront ralenties et certaines
pourraient être stoppées. Les liens rouges ne seront pas
mis à jour aussi vite que d’habitude. Si vous créez
un article qui est déjà lié depuis une autre page,
le lien rouge pourrait rester rouge plus longtemps que
d’habitude. Certains scripts ayant un long temps
d’exécution devront être stoppés.
Le code sera figé durant la semaine du 1er
septembre 2020. Il n’y aura aucun déploiement de code
non essentiel.
Ce projet peut être remis à plus tard en cas de
nécessité. Vous pouvez consulter le calendrier sur
wikitech.wikimedia.org. Tout changement sera annoncé dans
le calendrier. Il y aura d’autres annonces à propos de
cet événement. Merci de partager ces informations avec
votre communauté. »
▲Textes synthétiques — Toujours créés
par une IA, voici les textes
synthétiques. Téléversés sur Twitter, Facebook,
Reddit ou encore Wikipédia, ils seront si
« vrais » qu'aucun être humain ne sera
capable de juger si l'auteur est une personne humaine ou un
logiciel. Les IA seront à même de créer des rumeurs,
de simuler un mouvement social, de mener une campagne de
désinformation ou même de « parler »
comme des candidats politiques. Puisque les IA pourront créer
textes, vidéos, photos et audios, les humains seront
hypothétiquement amenés à douter de tout ce qu'ils
voient en ligne. [2]
Mamsell Lina ägde bara sin kissa, chanson de la
région de Nagu en Finlande, sur une femme et son chat (voix de
Xenia Rönnblom).
▲Chansons folkloriques de Scandinavie — Dans les
années 1950 et 1960, le folkloriste Matts Arnberg a parcouru
la Suède et la Finlande pour enregistrer les chansons
folkloriques de ce coin de la Scandinavie. Les milliers
d'enregistrements recueillis font partie des collections de la
Swedish Performing Arts Agency, qui les publie depuis
l'été 2020 sous CC0. Plusieurs
centaines de ces enregistrements ont été
téléversés dans Wikimedia Commons, et cet effort se
poursuit.
[3]
▲Cookies WMF — Comme tous les sites Web qui permettent
de s'identifier pour obtenir plus de services ou d'interagir plus,
les sites de l'écosystème Wikimedia stockent sur votre
appareil la date de dernière consultation du wiki, le
pseudonyme, le mot de passe, etc. [NdE : C'est un abus de
langage courant d'indiquer que le mot de passe (mdp) est
stocké dans l'appareil. C'est plutôt l'empreinte numérique du mdp qui est
stockée. Alors qu'il est très difficile de connaître
le mdp en ne connaissant que l'empreinte, il est facile de calculer
l'empreinte numérique d'un mdp, ce qui explique l'usage
généralisé des empreintes numériques lorsqu'il
s'agit de rendre confidentielles des transactions dans le Web.]
Très souvent, les cookies, petits fichiers utilisés
par les navigateurs Web, contiennent ces informations. La Wikimedia
Foundation (WMF) applique une politique
de rétention de données qui tente de balancer vie
privée et données utiles à la navigation dans les
wikis. Elle décrit les catégories de cookies
utilisés : « fonctionnalité »,
« préférences » et
« performance et analyse ». La WMF, à
moins d'accord explicite de l'utilisateur, refuse de stocker sur
votre appareil les cookies de tierces parties ; si vous
détectez un tel cookie, vous pouvez transmettre vos
doléances à la WMF, tel qu'expliqué par la
politique. Le document indique également la durée de vie
des cookies, qui peut aller de 7 jours à 365 jours.
▲NYPD 2.0 — Un ou des salariés du NYPD ont sensiblement
modifié l'article en:New York City Police
Department dans le but d'améliorer l'image de
l'organisation, accusée entre autres de brutalité
policière. Antérieurement, le NYPD aurait
amélioré son image sur d'autres articles de la
Wikipédia en anglais.
[4]
Étal à Bomoko au Mali, 1972 (collection Fred van der
Kraaij).
▲Collection Fred van der Kraaij — Cet économiste
néerlandais a accepté de verser dans Wikimedia Commons sa
collection de centaines de photos prises en Afrique : Burkina
Faso, Liberia, Maroc, Mali et Sénégal.
[5]
▲Importance des bénévoles — Matt Asay, ancien
cadre de la société Canonical (qui distribue le système
d'exploitation Ubuntu), a publié un texte sur l'importance
des bénévoles pour le maintien des logiciels open source. Il cite Tobi Langel, un
développeur de logiciels : « En open source,
les mainteneurs qui travaillent sur le code source sont la
ressource rare qui doit être protégée et
entretenue. »[trad
1] [NdE : Selon
notre expérience, il en va de même des
bénévoles qui construisent Wikipédia.] Selon Langel,
les logiciels open source sont le fruit du travail de
passionnés, mais ces projets ont besoin d'argent pour
poursuivre les efforts d'adaptation à un environnement
toujours changeant (travail peu gratifiant, mais essentiel). Les
logiciels qui stagnent faute de soutien deviennent toxiques, parce
que des bogues apparaissent à cause des changements dans les
environnements où ils sont utilisés. Il rapporte que le
créateur de Drupal a écrit que les logiciels open
source sont le fruit de gens privilégiés, car il faut du
temps libre pour le faire. Asay met en garde contre les
consommateurs de ces logiciels qui ne cessent de critiquer, parce
que les développeurs maintiennent les logiciels sur leur temps
libre et non comme salariés. Comme chacun d'entre nous, ils
ont régulièrement besoin d'être encouragés,
d'être remerciés. « Dans un
écosystème aux ressources infinies, l'attention doit
porter sur les personnes qui prennent soin et entretiennent cette
ressource, car c'est là que se trouve le goulot
d'étranglement. »[trad
2][6], [7]
▲Millésimes du Wiktionnaire — Chaque année,
les sociétés éditrices du Petit Larousse et
du Petit Robert publient des communiqués de presse sur
la dernière version de ces dictionnaires, appelée
« millésimes ». Le Wiktionnaire se prête également à
cette pratique. Voici quelques termes ajoutés dans le
millésime 2019-2020 du Wiktionnaire en français
(fr)[8] :
bricodeur et bricodeuse : « Personne qui utilise et programme des
machines en amateur »
effet Matilda : « Déni ou minimisation de la contribution
des femmes dans la recherche scientifique »
rap conscient : « Sous-genre du hip-hop contenant des paroles
à fort contenu politique et social »
▲Wikipédia en (pas) scots — Sur Wikipédia en
scots, un utilisateur a créé la moitié
des articles. Problème : il ne parle pas scots.
Souhaitant bien faire, il a utilisé la grammaire anglaise, des
mots en anglais voire, semble-t-il, des mots inventés par des
personnes ne parlant pas scots non plus. Identifié sur Reddit, ce problème fait l'objet d'un
appel à commentaires sur Meta afin de trouver une
solution. Malheureusement, depuis cet épisode, l'utilisateur
responsable de ces articles en pseudo-scots est victime de
harcèlement.
▲Levée de fonds en Inde — La Wikimedia Foundation (WMF) a mené
une première levée de fonds en Inde, pays qui se classe
cinquième par le nombre de consultations de Wikipédia.
Plusieurs internautes ont discuté en ligne de cette levée
de fonds, et la WMF a publié un billet sur le fonctionnement
et le financement de l'écosystème Wikimedia. Elle affirme
que 98 % des lecteurs ne donnent rien. La WMF rappelle qu'elle
exploite une infrastructure Web de la taille des plus grandes
sociétés Web, qui échangent avec les internautes
dans 100 langues au maximum, alors que
les Wikipédias linguistiques sont rédigées en
300 langues. La WMF embauche
250 personnes, soit environ
1 salarié pour 4 millions d'internautes qui consultent
mensuellement le site. Elle indique avoir versé 2 millions US$ depuis 2010 pour soutenir
différents projets en Inde. Réaffirmant son soutien
envers la connaissance libre, la WMF explique que Wikipédia ne
pourrait poursuivre sa mission sans les dons qui affluent de
partout sur la planète. [9]
Une
encyclopédie d'actualités
Brian Keegan, professeur adjoint en science de l'information
à l'université du Colorado à Boulder, a
rédigé un long billet sur un aspect moins souvent
souligné de la Wikipédia en anglais : la publication
régulière d'articles d'actualités, que ce soit sur
le séisme
de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku ou les
mensonges proférés à répétition pour
justifier l'opération Iraqi
Freedom. [NdE : La Wikipédia en français publie
aussi des articles d'actualités, qui sont mis en lumière
sur sa page d'accueil.]
Keegan a observé un changement notable entre 2001,
année de naissance de la Wikipédia en anglais, pendant la
période où les médias corporatifs américains
publiaient gratuitement une abondance d'informations, et 2006,
où les Américains étaient traumatisés par
l'éclatement de la bulle Internet, les attentats du 11 septembre
2001 et la fraude d'un montant colossal de la
société Enron. Le magazine Time nomme You (« Vous »)
la personnalité de l'année 2006, parce que les
plateformes YouTube, Myspace
et Second Life sont les étendards de ce qui est
dorénavant appelé le Web
2.0, ensemble de technologies qui permet aux internautes
d'interagir avec les sites et de modifier leurs contenus.
Wikipédia, qui est l'une de ces plateformes participatives,
surfe sur l'engouement pour l'information et met en place des
stratégies pour faire connaître ses contenus grâce
aux articles d'actualité, pratique qui se poursuit
aujourd'hui.
Google, allié de Wikipédia.
Keegan mentionne avoir parcouru la première fois
Wikipédia en 2004, alors qu'il est étudiant
universitaire, grâce au moteur de recherche de Google. Il
explique que les pages fortement interreliées du site
mènent le moteur à donner une note supérieure aux
pages du wiki. Étant plus présente dans les pages de
résultats de Google, l'encyclopédie libre intéresse
beaucoup d'internautes à collaborer, quelques-uns devenant des
contributeurs réguliers. Wikipédia, pour sa part,
continue à produire du matériel de bonne qualité, ce
qui confirme le « jugement » du moteur qui
oriente régulièrement les internautes vers ce site au
détriment des autres sites Web. En ce qui concerne les
actualités, les journaux publient des informations de
façon incrémentale, ce qui maintient le lectorat en
haleine. Toutefois, beaucoup d'internautes préfèrent lire
des résumés de sujets chauds ou de courtes biographies
des personnalités, ce que produit depuis longtemps
Wikipédia.
L'encyclopédie entre dans l'imaginaire des étudiants
universitaires parce que le personnel universitaire met
régulièrement en garde contre ses contenus, invoquant son
manque de fiabilité. Les médias propagent également
une image de contenus quelconques rédigés, sans
supervision savante, par des étudiants et des amateurs. Elle
est régulièrement comparée, défavorablement,
à des encyclopédies traditionnelles, mieux
rédigées selon les journalistes qui critiquent
Wikipédia. Pourtant, selon Keegan, la force de
l'encyclopédie libre résulte surtout du réseau de
liens qui unit les articles.
« Plus qu'une synthèse des connaissances en tant que
source tertiaire comme les encyclopédies traditionnelles, le
réseau d'hyperliens de Wikipédia invitait les
utilisateurs à suivre leurs intérêts, à
approfondir les sujets, à introduire les liens manquants et
à créer de nouveaux articles là où il n'y en
avait pas. Là où le Web décentralisé a
créé une expérience utilisateur fragmentée
nécessitant des répertoires (par exemple, Yahoo !)
et des moteurs de recherche (par exemple, Google) pour la
navigation, les articles hyperliés de Wikipédia
préfigurent une ère de plateformes Web centralisées
qui soutiennent l'engagement des utilisateurs avec une
expérience cohérente et un contenu "sans fin" à
consommer et à engager.[trad
3] »
Keegan mentionne avoir commencé à contribuer en 2005
pour des raisons intrinsèques : il a rédigé sur
sa ville natale, puis sur son université. Plus tard, il a
rédigé pour des raisons extrinsèques : il a
voulu rédiger des articles de qualité, parce qu'ils sont
publiés sur la page d'accueil du site. Il a appris qu'il y
avait d'autres moyens d'être publié sur la page
d'accueil, entre autres dans la section « In The News » (ITN). Cette
section sert à publier des extraits d'articles sur des sujets
d'actualité. Il s'agit d'une innovation dont les
encyclopédies traditionnelles n'ont pu se prévaloir et
qui s'écarte de la mission encyclopédique per se.
Keegan juge néanmoins que l'ITN est une idée astucieuse,
parce qu'elle montre que Wikipédia s'adapte et suit
l'actualité, qu'elle est encore en construction. De plus,
l'ITN est une invitation à parcourir les articles mis en
valeur, à les améliorer et même à rédiger
de nouveaux articles.
9/11 et Wikipédia
La première photo a fait le tour du monde.
Par la suite, il retourne dans le passé, au 11 septembre
2001 (« 9/11 » en abrégé). À ce
moment, la Wikipédia en anglais est âgée de 10 mois.
Même si elle a dépassé son prédécesseur
Nupedia par le nombre d'articles, son succès est
encore incertain. À cause d'un bogue lors de la migration des
données d'un serveur à un autre, il est impossible de
reconstruire exactement ce qui s'est passé à cette
époque. Toutefois, Keegan a exploité la Wayback Machine et des documents
gérés par LISTSERV. Il raconte que la communauté de la
Wikipédia en anglais a passé en vitesse supérieure
à la suite des attentats. « Loin d'être un cas
particulier de collaboration en ligne, les décisions prises
par les contributeurs à l'époque d'utiliser les
capacités de collaboration uniques de Wikipédia pour
couvrir en profondeur les attentats du 11
septembre ont changé fondamentalement la direction, la
portée et la culture de Wikipédia en tant que projet
jusqu'à aujourd'hui. »[trad
4]
Il détaille le contenu de la version du de l'article
« September 11, 2001 terrorist attack ».
Il mentionne des chronologies, du texte sur les annulations de
vols, des listes de victimes, des liens vers des organismes
caritatifs, des articles sur les impacts politiques et
économiques, ainsi que plusieurs nouveaux articles sur les
immeubles, les villes et les attaquants, ainsi que sur le
terrorisme box-cutter knife et le
traumatisme collectif. À ce moment, environ 100 articles liés à 9/11 ont
été créés, alors que la Wikipédia en
anglais compte à peu près 13 000 articles.
Cette profusion de nouveautés attirent l'attention de
passerelles Web, comme Yahoo !, qui dirigent les internautes
vers Wikipédia, projet désespéramment en manque de
bras.
Les listes des victimes (qu'elles soient des civils ou des
intervenants) avec leur nom et leur adresse deviennent une source
de tension dans la communauté de la Wikipédia en anglais.
Pour les uns, c'était trop de détails pour un site Web
émulant une encyclopédie. Pour les autres, c'était
un devoir de mémoire : puisque Wikipédia
n'était pas contrainte par le nombre de pages, elle pouvait
accueillir autant de biographies que de victimes. Après maints
remous et le traumatisme collectif étant de plus en plus
usé par le temps, la communauté décide de
transférer, en , ces listes et d'autres articles ne
satisfaisant pas les critères encyclopédiques dans un
Memorial Wiki. Un débat s'ensuit sur ce qui doit
être retenu par Wikipédia et être
transféré sur Memorial Wiki. Faute d'une
communauté active et victime de vandalismes, ce wiki a
été fermé en . Du sort du Memorial Wiki,
on peut tirer deux leçons : les wikis trop
spécialisés disparaissent faute d'une communauté
suffisamment grande et Wikipédia est un exemple qui confirme
l'opinion que les riches deviennent plus riches.
La Wikipédia en anglais avait déjà plusieurs
politiques sur ce que n'est pas Wikipédia. Pendant les
débats sur les articles de 9/11, l'interdiction de
rédiger des actualités a été ajouté. Cette
politique a été révisée pour trouver un
équilibre entre la canalisation des énergies
collaboratives à la suite d'évènements courants et
la dilution de la mission encyclopédique. Cette
communauté a donc autorisé la création d'articles
sur des sujets d'actualité, à la condition qu'ils soient
documentés dans les médias. L'une des conséquences
des débats sur 9/11 a été l'ajout d'une interdiction
de rédiger sur les décès d'amis, de membres de sa
famille, de connaissances ou de toute autre personne qui n'atteint
pas le seuil de notoriété de cette Wikipédia.
Wikinews
L'écosystème Wikinews en 2008.
Le succès de la formule wikipédienne a inspiré la
création de Wikinews, un wiki dédié à
l'actualité. Le projet a été proposé en janvier
2003. En décembre 2004, on compte 20 Wikinews linguistiques.
Dans ces wikis, le style journalistique est
privilégié : témoignages de première main,
entrevues et autres recherches originales sont encouragés. La
neutralité façon Wikipédia s'applique encore. Les
premiers mois laissent entrevoir un futur radieux pour cette
nouvelle forme de journalisme. Des wikipédiens critiquent
toutefois le projet, parce que la communauté wikipédienne
est en sous-effectif. Selon Keegan, Wikinews n'a pas connu le
succès espéré parce que la publication de chaque
article devait être autorisée par un administrateur. Les
contributeurs, au lieu de collaborer sur quelques articles,
créaient plusieurs articles sur le même sujet. Une fois
un article mis en lumière sur la page d'accueil, il ne pouvait
plus être modifié. Si un sujet voyait de nouveaux
développements, un contributeur devait créer un nouvel
article qui devait suivre le même processus de validation. La
majorité des contributeurs, condamnés à créer
de nouveaux articles et incapables d'ajouter/améliorer les
articles déjà publiés, a abandonné ce wiki. Par
ailleurs, Wikinews renvoyait régulièrement à des
articles de Wikipédia, ce qui a augmenté la
popularité du second au détriment du premier. En 2005, la
Wikinews en anglais publiait 15 articles par jour ; en 2011,
c'était plutôt 5 articles par jour. En 2019, elle
continue de publier, maintenue par quelques inconditionnels, mais
son contenu porte sur des sujets marginaux.
Wikipédia n'a pas renouvelé le journalisme, mais le
sort de Wikinews est une autre leçon à tirer de la
publication Web : alors que la publication sur papier interdit
de modifier ce qui a déjà été écrit, le
Web s'y prête bien. Wikipédia et Wikinews ont publié
sur le séisme
et tsunami de 2004 dans l'océan Indien, mais le premier a
obtenu une plus large audience parce que l'article central sur cet
évènement a été régulièrement mis
à jour et augmenté. Wikinews, à cause de son
modèle de publication, a publié plusieurs articles sur le
sujet, tous validés par des administrateurs à la
façon de Nupedia. Cette moins grande réactivité a
desservi la mission de Wikinews. « Au final, le
modèle Wikipédia d'un compte-rendu centralisé
était beaucoup plus lisible pour les moteurs de recherche
comme Google, ce qui a renforcé l'autorité de ces
articles et entraîné les boucles de rétroaction
vertueuses que sont l'augmentation du trafic, le nombre de
contributeurs, les mises à jour et l'amélioration du
contenu. »[trad
5] En 2009, Marissa Mayer, alors vice-présidente de
Google, demande si le journalisme sur le Web ne devrait pas
plutôt produire des articles dont les adresses sont fixes et
les contenus régulièrement mis à jour. Il est
tentant de croire que sa réflexion a été
alimentée par l'énorme succès de Wikipédia.
Caractéristiques de la collaboration sur les articles
d'actualité
Keegan exprime son désarroi de n'avoir jamais pu être
le premier à ajouter une ligne sur le développement d'un
sujet d'actualité. Ce sentiment s'est mué en
curiosité : comment les internautes collaborent-ils
à la rédaction d'articles, alors qu'ils sont d'origines
et de formations diverses ? Même après dix ans de
recherche sur la production wikipédienne d'articles
d'actualités, il avoue éprouver de la joie lorsqu'un
nouvel évènement fait manchette. Il sait qu'il aura
encore des matériaux pour prolonger sa réflexion.
Pays touchés par le Printemps arabe (seuls ceux en couleur ont
été le siège d'évènements notables).
L'auteur mentionne que les articles créés dans la
foulée d'évènements d'actualité sont
créés par des wikipédiens de tout horizon, et non
pas par un groupe de wikipédiens qui surveillent
continuellement l'actualité. Il conclut que l'expérience
de rédaction d'articles d'actualités est largement
partagée dans la communauté de la Wikipédia en
anglais. Il juge que cette caractéristique a permis la
rédaction d'articles d'assez bonne qualité sur le
Printemps arabe en 2011 (où les
wikipédiens ont rédigé avec efficacité sur les
évènements survenus en Tunisie, Égypte, Libye et
Syrie) tout en documentant en parallèle le séisme
de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku (qui a
tué plus de 20 000 personnes et provoqué la
pire catastrophe nucléaire depuis l'accident de Tchernobyl).
Des contributeurs ont délaissé leur domaine de
prédilection pour se concentrer sur ces articles. Plusieurs
autres sites en ligne ont également produit des contenus
valables sur ces évènements mais, selon Keegan, seule la
communauté de la Wikipédia en anglais est parvenue à
rédiger des ensembles d'articles persistants qui couvrent bien
ces évènements.
Par ailleurs, la Wikipédia en anglais ne se cantonne pas
à quelques types d'actualités tels que biographies,
désastres naturels, accidents, élections, controverses,
évènements sportifs ou culture populaire. Malgré ce
large éventail, les critères de notoriété
s'appliquent, ce qui explique qu'elle ne documente pas tous les
meurtres ou scandales politiques, même si elle accepte un
article sur n'importe quel écrasement d'avion et n'importe
quelle tempête tropicale. Sa couverture des
évènements n'est pas proportionnelle à leurs impacts
[humains] : un tremblement
de terre survenu en Virginie, qui n'a fait aucun mort, est
mieux documenté qu'un tremblement
en Birmanie, qui a fait 150 morts. Pour les contributeurs, il
est tentant de recopier les textes tels qu'ils sont publiés,
mais Wikipédia décourage fortement une telle pratique,
recommandant le style encyclopédique neutre.
Keegan relève également que les articles
d'actualités servent d'aimants : des contributeurs qui ne
collaborent pas ou peu sur des sujets communs participent à la
rédaction de ces articles. Ils peuvent être des centaines
à modifier le même article dans une seule journée.
Ces multiples modifications peuvent dégrader le contenu de cet
article, ce qui rend le travail plus difficile. Par ailleurs, le
moteur de Wikipédia n'est pas conçu pour
soutenir un tel rythme de modifications. Les contributeurs
utilisent donc des techniques d'allègement dans ces
cas-là (exemple : interdiction temporaire de
modifications, sauf pour un groupe de contributeurs). Souvent,
lorsqu'un contributeur cesse de collaborer sur un article
d'actualités, il ne reprend plus contact avec les autres
collègues. Comment lui est-il alors possible de collaborer
efficacement sur un article s'il ne partage pas avec les autres
contributeurs ? En adhérant à un ensemble de valeurs
communes tout en étant intéressé par le projet
encyclopédique. La rédaction d'articles d'actualités
permet aux contributeurs d'observer les meilleures pratiques des
autres et de (mieux) se réapproprier les normes de
rédaction, ce qu'ils peuvent appliquer dans leur pratique
habituelle. Cette collaboration les met également au défi
de faire mieux.
Toujours selon Keegan, les articles d'actualités sont
meilleurs que les autres articles à plusieurs
égards : plus longs, plus de liens, plus de sources, plus
de médias (photos, dessins, vidéos...). C'est possible
grâce à la couverture médiatique hors
Wikipédia, au contraire des articles historiques par exemple
qui exigent de parcourir des documents en papier. Ces articles
d'actualités, lus par des milliers d'internautes,
démontrent qu'un grand groupe d'amateurs peut accomplir le
même travail qu'un petit groupe d'experts. Ces articles
passent aussi par plusieurs cycles. Par exemple, la biographie
d'une célébrité récemment
décédée peut être refondue après de
multiples ajouts. Plus tard, la structure de l'article peut
être modifiée pour mieux cadrer avec les meilleures
pratiques. Les articles d'actualités sur des
évènements traumatisants peuvent servir de point central
à une communauté voulant mieux situer le contexte de
l'évènement et mieux situer les forces en jeu, ce qui
permettrait à ses membres de réduire l'impact des
traumatismes antérieurs.
« Tous ces schémas renforcent l'idée que
"Wikipédia fonctionne en pratique et non en théorie". Qui
sont ces contributeurs qui se sélectionnent et s'organisent
rapidement en l'absence de toute coordination ou
délégation formelle ? Pourquoi les collaborations en
matière de nouvelles de dernière heure ont-elles
continué à employer des généralistes
plutôt que de développer une classe de
spécialistes ? Comment des dizaines de contributeurs
ont-ils pu modifier de manière synchrone un document
partagé en utilisant un outil asynchrone sans aucune des
fonctionnalités que nous considérons comme allant de soi
dans quelque chose comme Google Docs ?[trad
6] »
Wikipédia à l'ère de la désinformation
La femme politique et diplomate américaine Eleanor Roosevelt tient une copie de
l'Universal Declaration of Human Rights
(1948). L'article 19 déclare : « Tout individu a droit à la liberté
d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas
être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations
de frontières, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit[1]. »
Même si Wikipédia est « L'encyclopédie libre que chacun peut
améliorer » et qu'elle jouisse d'un fort
trafic, elle était moins susceptible en 2016 de faiblir face
aux attaques de désinformations organisées, au contraire
de Facebook, YouTube et Twitter. [NdE : année
d'élection présidentielle aux États-Unis.] Même
si ces plateformes ont massivement investi dans des outils pour
modérer les propos, contrer les publicités
mensongères, répondre aux exigences de conduite
éthique exigée par le gouvernement fédéral
américain, lutter contre la désinformation et le
harcèlement, elles sont toujours aux prises avec un ensemble
de problèmes sociotechniques. Les provocateurs, les
créateurs d'outrages et les fascistes ont investi ces
plateformes, et détournent leurs outils pour créer des
messages viraux exposant des théories marginales (ou fausses)
qui récompensent leurs créateurs. Si ces plateformes
interviennent pour bloquer ces messages ou empêcher la
rétribution, elles sont accusées de nuire à la
liberté d'expression ou
de montrer un biais de conservatisme.
Comment la Wikipédia se démarque-t-elle ? Ses
revenus, très modestes comparativement aux plus grandes
plateformes participatives, ne sont pas arrimés aux
publicités. Les autres plateformes gagnent des milliards de
dollars en rendant leurs publicités virales, tout en publiant
sans fin des informations qui maintiennent l'attention de leurs
utilisateurs. L'expérience Facebook est personnalisée
pour chaque utilisateur selon ses relations, ses intérêts
et son comportement. Puisque la nouveauté, l'humour et
l'outrage retiennent l'attention des utilisateurs, les
publicitaires cherchent encore et encore à forger des
publicités qui engagent encore plus les utilisateurs.
Wikipédia, elle, n'a aucun mécanisme de personnalisation
de l'expérience wikipédienne[note
1]. Peu importe votre
pays, votre genre, votre historique de navigation Web ou encore
votre réseau personnel, vous lisez le même article que
les autres internautes. « Cette expérience commune
concentre l'examen collectif et la capacité de
délibération plutôt que de diffuser ces
mécanismes de responsabilité à travers des flux
d'informations personnalisés impénétrables et
incommensurables. »[trad
7]
Une autre raison qui explique la résilience de
Wikipédia face aux boues sociotechniques est sa forte
identité éditoriale. Plusieurs plateformes participatives
refusent d'appliquer une politique éditoriale, mettant de
l'avant leur neutralité. Elles peuvent donc affirmer qu'elles
respectent la section 230 de la
Communications Decency Act.
Pour cette raison, elles sont à l'abri de toute poursuite pour
diffamation. Elles ont investi d'énormes montants pour
réduire les critiques des utilisateurs, des producteurs de
contenus et des publicitaires, partenaires qui n'ont aucun mot
à dire sur les politiques de modération. De plus, les
politiques sont appliquées de façon inégale :
des parodies sont bloquées, alors que des suprémacistes ne sont pas
inquiétés outre mesure. Wikipédia a
développé avec les années un ensemble de politiques
et de règlements, souvent sclérosés, qui
s'appliquent aux contenus, au style et aux procédures de
rédaction des articles. Dans cet ensemble, une
caractéristique se démarque : la neutralité,
qui sert à vérifier les faits et à éviter les
points de vue. Cette neutralité active contraste fortement
avec la neutralité passive des autres plateformes
participatives (qui craignent de ne plus respecter la section 230).
L'encyclopédie libre a aussi développé une
jurisprudence interne, ce qui lui permet de justifier le blocage
d'internautes qui veulent détourner sa mission.
Une troisième raison qui pourrait expliquer la
résilience de Wikipédia est sa non-utilisation
d'algorithmes d'amplification. [NdE : technique qui vise
à rendre les contenus viraux.] À tout moment dans la
rédaction d'un article, des humains surveillent. Ils peuvent
être trompés, mais moins souvent que des algorithmes
(selon Keegan, des logiciels propriétaires qui n'ont jamais
été analysés/validés par des experts
extérieurs aux sociétés). Les seuls mécanismes
d'amplification intrinsèques de Wikipédia se trouvent sur
sa page d'accueil. [NdE : Pour la Wikipédia en
français, il s'agit de « Article labellisé du
jour », « Actualités »,
« Le saviez-vous ? » et « Image
labellisée du jour ».] Les mécanismes
extrinsèques sont les moteurs de recherche et d'autres
ressources électroniques (via les hyperliens des pages Web,
des fichiers PDF, des courriels...).
Ces plateformes, ayant reconnu leurs difficultés à
modérer leurs utilisateurs, se tournent vers Wikipédia
pour améliorer l'expérience utilisateur. En octobre 2017,
Facebook annonce son intention de fournir des informations fiables
dans les messages présentés aux utilisateurs ; il
s'agit de liens vers Wikipédia. En mars 2018, pour combattre
la propagation de fausses informations, YouTube annonce vouloir
s'appuyer sur Wikipédia (à l'étonnement de
l'écosystème Wikimedia, ignorant de ce projet).
Wikipédia devient, potentiellement, un nouveau champ de
bataille de l'information. La décision de YouTube est
jugée irresponsable, car Wikipédia n'a pas les ressources
pour modérer cette vague de désinformation. En
théorie économique, il s'agit de gérer les biens
communs et la tragédie des biens
communs. Tout le monde peut utiliser et abuser de
Wikipédia, puisque cette dernière est de consultation
libre, peu importe que vous ayez contribué ou pas. Chaque
consommateur de ce bien commun est en compétition pour
l'utiliser, pouvant excéder sa capacité à produire
et donc réduire sa valeur pour l'ensemble des consommateurs.
YouTube ne contribue pas aux contenus de Wikipédia, mais
bénéficie de ceux-ci. De façon imagée, Keegan
affirme que YouTube fait de la
« surpêche » : la société
demande à la communauté d'éliminer les boues
sociotechniques qu'elle refuse de traiter avec ses propres
ressources. Face à cette menace, la communauté peut
réguler cet excès de demande en appliquant les
méthodes exposées par l'économiste Elinor Ostrom dans le livre Knowledge as a
Commons (2006).
Cet exemple d'abus de la ressource Wikipédia sert de mise
en garde contre les risques d'une connectivité
débridée : les exploitants de plateformes en ligne
peuvent « déléguer » des
responsabilités à d'autres plateformes tout en étant
rétribuées pour des services qu'elles ne maintiennent
pas. La réutilisation des contenus de Wikipédia peut
être visible (exemples : recherche Google, lutte à
la désinformation par Facebook et YouTube) et invisible
(exemples : entraînement de logiciels d'intelligence
artificielle à la traduction de textes et à la
reconnaissance faciale). Ces activités rendent Wikipédia
plus visible, ce qui peut inciter des internautes à rejoindre
la communauté et à faire reconnaître l'importance de
ce bien commun. En contrepartie, plus de connections égale
plus de voies de compromission.
Pour Keegan, la résilience de Wikipédia lors de la
campagne de désinformation politique américaine en 2016
n'est pas le résultat d'une
« immunité » intrinsèque au projet.
Le Gamergate, en 2015, a
été mal géré par le collège des
administrateurs de la Wikipédia en anglais. Cinq
contributeurs, qui supprimaient des propos extrémistes, ont
été bloqués. Leurs adversaires ont obtenu une
victoire morale grâce à une campagne de
désinformation bien menée : les procédures
administratives ont été dévoyées pour punir les
contributeurs de bonne foi. Sur une note plus légère, le
système Siri d'Apple
répondait « Despacito » lorsqu'on lui demandait
l'hymne national de la Bulgarie (la bonne réponse est
« Mila Rodino ») ; la
fausse information était soit stockée dans Wikipédia
ou dans Wikidata, et elle n'était pas validée par des
humains.
Si Wikipédia et Wikidata peuvent se vanter d'offrir de
l'information souvent exacte, elles doivent remercier les
contributeurs humains qui veillent sur leurs contenus. Bien
sûr, les communautés ne peuvent garantir l'exactitude de
tous les contenus, mais ceux qui sont les plus souvent
consultés sont souvent exacts. Même si Wikipédia,
à cause de son modèle de contributions qui fait surtout
appel aux humains, démontre une bonne résilience face
à la désinformation et au harcèlement, elle n'est
pas totalement immunisée contre tous les types d'attaques.
Elle peut être manipulée ; le nombre d'exemples
augmente avec les années qui passent.
« Wikipédia est le fruit d'un moment historique
particulier du début des années 2000, non seulement en
raison de son interface adorablement datée, mais aussi de
l'absence de publicité et d'engagement, de flux d'informations
et de systèmes de recommandation, ainsi que de la
viralité et de la polarisation comme caractéristiques
centrales qui définissent une grande partie de
l'expérience utilisateur sur les autres plateformes sociales.
La résilience de Wikipédia face à la
désinformation qui a frappé Facebook, YouTube et Google
en 2016 laisse penser que cette expérience utilisateur
archaïque a constitué une défense importante contre
les acteurs qui ont utilisé à des fins malveillantes ces
mécanismes d'amplification de l'attention sur d'autres
plateformes. Mais cette histoire passe sous silence d'autres
explications de l'apparente résilience de Wikipédia. La
forte identité éditoriale de Wikipédia, qui met
l'accent sur la neutralité et la vérifiabilité,
constitue un rempart essentiel contre la marée de boues
sociotechniques qui polluent ces autres plateformes qui ne
modèrent qu'à contrecœur les contenus offensants et
faux. Mais surtout, l'attention des utilisateurs et des
rédacteurs de Wikipédia est partagée autour
d'articles communs plutôt que distribuée à travers
des flux d'informations personnalisés.[trad
8] »
— Brian
Keegan
Dans les coulisses de la
Wikimedia
▲WikiLoop DoubleCheck — Cet outil en ligne sert à
valider les modifications apportées à une Wikipédia
linguistique, dont celle en français.
[10] L'outil s'appuie sur Objective Revision Evaluation
Service (ORES), un système de prédiction de
fiabilité développé par la Wikimedia Foundation.
[11] WikiLoop DoubleCheck présente une interface chargée, qui peut dérouter
à première vue. La langue de l'interface est liée
à la langue de la Wikipédia. Les modifications
exposées peuvent être de la main de contributeurs
expérimentés. Avec certains navigateurs Web, l'outil peut
cesser de répondre proprement, ou ne plus réagir du tout.
Si vous souhaitez que vos contributions soient comptées, il
est préférable de vous identifier, puis d'autoriser des
services exécutés en votre nom via OAuth.
Toutefois, le site n'a pas recours au protocole HTTPS.
Remercier semble engendrer une réaction en chaîne de
remerciements, de WikiLove.<note de SV :
à quand une journée/semaine/mois du remerciement? du
genre remerciez une nouvelle et un nouveau>
▲Du remerciement — D'après une recherche rapportée par la
Wikimedia Research Newsletter de juillet, remercier les
contributrices et contributeurs n'augmente pas le temps de
contribution des remercié-e-s (du moins, sur une durée de
6 semaines). Cependant, cela augmenterait la rétention de
2 %.
Un effet significatif est que le remerciement engendre le
remerciement. Ainsi, les contributeurs remerciés remercient
à leur tour 1,6 fois plus par la suite.
▲Wikimap — Cette application maintenue par la Wikimedia
Foundation a été améliorée dans les
dernières semaines. Si vous regroupez des photos
géolocalisées dans une catégorie de Wikimedia
Commons, Wikimap pourra afficher sur une carte tous les lieux
où les photos ont été prises. Avant l'été
2020, l'application « posait » autant de points
que de photos géolocalisées. Si vous aviez
téléversé 1 200 photos
géolocalisées avant juin 2020 et que, parmi celles-ci,
250 avaient été prises exactement au même endroit
(lors d'un congrès par exemple), Wikimap affichait 250 points
au même endroit sur la carte. Ce n'est plus le cas
aujourd'hui.
L'application indique dorénavant le nombre de photos prises
à un même endroit et vous pouvez choisir la photo
d'intérêt en cliquant sur le disque numéroté.
Dans cet exemple, zoomez 4x sur Rome : le disque 55
va être divisé en deux disques (27 et 28). Si vous zoomez
une fois de plus, vous verrez apparaître trois disques (27, 23
et 4) et une cheville. Si vous survolez la cheville, vous verrez
une vignette de la photo géolocalisée. Si vous cliquez
sur le disque 4, Wikimap affichera une vignette et quatre chevilles
sur la carte, que vous pouvez survoler. Si vous cliquez sur le
disque 27, l'application affichera une vignette et 27 chevilles,
toutes géolocalisées au même endroit. Cliquez loin
de la spirale, les 27 chevilles seront remplacées par le
disque 27.
▲L'Observatoire des sources... — « est un index des sources qui ont fait
l'objet de discussions, au sein de la communauté
wikipédienne, quant à leur qualité [...] et leur
usage dans les articles encyclopédiques. Cet index,
organisé alphabétiquement, répertorie pour chaque
source la ou les discussions dont elle a fait l'objet et il en
fournit éventuellement un bref
résumé. » Dans Wikipédia:Observatoire
des sources (ODS), chaque source listée fait l'objet d'une
courte présentation et d'une succincte critique. À la fin
août 2020, l'index, qui n'a pas de valeur prescriptive,
comprend une quarantaine de sources, dont ArXiv,
Babelio, Courrier international, Doctissimo.fr, Gamekult.com et Herodote.net. [NdE : Dans la liste,
j'observe plusieurs absences notables : Les Échos, Le
Figaro, Le Monde, Le Monde diplomatique, Nature, Radio-Canada.ca, The Guardian et The New York Times. Par ailleurs, les
100+ sites les plus utilisés pourraient chacun faire
l'objet d'une entrée.]
Six régimes épistémiques sous-tendraient les
tensions éditoriales. <note de SV>Est-ce que
l'esprit des auteurs serait teinté par leurs origines ?
▲Tensions éditoriales — Une recherche publiée par deux maîtres de
conférences français, parue en juillet 2019,
affirment que les tensions éditoriales sur Wikipédia en
français sont « sous-tendues
par l’existence de « régimes
épistémiques » concurrents sur Wikipédia
[...] (encyclopédiste, scientifique, scientiste, wiki,
critique et doxique). » Pour ce faire, les auteurs
ont analysé les pages de discussion de sept articles à
fort potentiel polémique (organisme
génétiquement modifié, race humaine, mariage homosexuel en France,
Dominique Aubier, attentats du 11 septembre
2001, affaire Dominique
Strauss-Kahn et homéopathie). Les auteurs
précisent que, selon les circonstances, les contributeurs
peuvent se référer à l'un ou l'autre de ces
régimes dans les discussions. Ils ne correspondent donc pas
à un profil de contributeur, mais plutôt à une
"famille d'arguments". <on en parle au Bistro du 19
juillet>
▲Import-export de fichiers — Dès le 7 août
2020, tous les wikis sont dotés de la fonction d'import-export
de fichiers. « Ils sont
conçus pour vous aider à déplacer plus facilement
des fichiers de votre wiki local vers Wikimedia Commons tout en
conservant toutes les informations sur le fichier d’origine
(description, source, date, auteur, historique). De plus, le
déplacement est documenté dans la vue de
l’historique des fichiers. » (fr)[12],
[13] Le lien d'exportation se trouve dans le
haut de la page ou sous l'onglet « Plus ».
[NdE : Le nombre de fichiers stockés dans le wiki de la
Wikipédia en français se compte en dizaine de milliers,
en raison de politiques qui invitent avec fermeté, pour ne pas
dire avec rigueur, à téléverser dans Wikimedia Commons. Si l'image n'est pas
éligible pour Commons, elle peut l'être pour la
Wikipédia en français, toujours à la condition de
respecter les critères. Les photos de bâtiments,
les logos et les images de monnaie constituent l'essentiel des
médias présents dans la Wikipédia en
français.]
▲Incompatible — Des wikipédiens anglophones ont
rédigé un essai sur les facteurs qui rendent un
contributeur incompatible avec la mission du projet
[14] :
Refus d'entendre les commentaires constructifs
Incompétence
Tromperie volontaire
Irrespect des collègues wikipédiens
Agression des collègues wikipédiens
Conviction d'être le seul à pouvoir rectifier le
monde
Croyance dans la supériorité de son intelligence sur
les sources
Se comporter comme si sa voix est supérieure à celle
des autres
Menace d'utiliser la loi ou de faire intervenir des
autorités hors Wikipédia
Harcèlement
Questionnement continuel des interventions des autres
collègues
▲Constat d'échec — Deux universitaires
américains prédisent la fin de Wikipédia en citant
plusieurs études. Toutefois, leurs interprétations sont
critiquées et certaines études utilisées datent de
plusieurs années. Leur prédiction est donc sujette à
caution.
[15]
▲Plus de trafic via Google — Google a modifié ses
algorithmes de production de résultats de recherche. L'une des
conséquences est la réduction de l'importance relative
des sites qui ne versent aucun montant à la société
pour apparaître dans ses pages. Wikipédia n'échappe
pas à cette façon de faire. Néanmoins, la Wikimedia Foundation souhaite que Google
reconnaisse de façon plus visible l'importance de
Wikipédia dans les informations présentées par le
moteur de recherche.
[16]
Courrier du
lectorat
(Il nous fera plaisir de
lire les messages déposés ici et, si nécessaire, d'y
répondre dans les plus brefs délais.)
Le contributeur qui a tenté de rédiger en scots
aurait dû tourner ses doigts sept fois devant son clavier
avant d'écrire quoi que ce soit en scots. Wikipédia
existe depuis presque 20 ans, les façons de faire des grandes
Wikipédias linguistiques sont largement connues et les
processus de création d'articles de ces grandes
Wikipédias sont faciles à trouver. Je ne suis pas
particulièrement touché par son épreuve
(désolé de manquer d'empathie à son égard).
— Cantons-de-l'Estp|d|d [sysop] 26
août 2020 à 16:16 (CEST)
La rubrique ci-dessus "Dans les coulisses..." parle de
déception volontaire. Ne s'agit-il pas d'un contresens
(pour tromperie volontaire) ? --— J. F. Blanc (me´n parlar) 30
août 2020 à 16:47 (CEST)
Un « membre du lectorat » tient à
faire savoir qu'il est toujours impressionné par la
qualité des RAW. Merci aux rédacteurs. --Alcide Talon(blabla ?)
30 août 2020 à 17:30 (CEST)
Bonjour. Je plussoie et remercie (cf. ce qui est
écrit ci-dessus) bien volontiers les trois rédacteurs.
Bien cordialement. AntonyB (discuter) 30 août
2020 à 18:20 (CEST)
Bonjour,
Une précision, concernant le nouvel outil
d'import-export : il est effectivement pensé pour
transféré depuis SON wiki local, malheureusement pas
depuis un autre. En effet, j'ai eu besoin de transférer des
images qui étaient sur wp:ko, et je n'ai pas pu car j'avais
moins de 10 contributions sur ce wiki (c'est ce qui m'a
été officiellement expliqué sur méta).
Dommage, mais bon à savoir. — Daehan[p|d|d] 30 août
2020 à 22:33 (CEST)
Je pense que Brian Keegan a correctement analysé les
raisons du naufrage de Wikinews. Déjà, l'idée,
étrange, que le wiki qui a besoin du plus de
réactivité (car il traite de l'actualité) soit aussi
celui qui a les plus grosses barrières à la contribution
(supervision de qualité + relecture avant publication) est
incroyable. Ensuite, la multiplicité de liens externes au wiki
est ahurissante (à vue de nez, sur la version francophone, 1
lien sur 3 mène en dehors de Wikinews), ce qui n'est pas du
tout un avantage pour attirer des lecteurs et contributeurs.
Reste un mystère, comment en plus de 15 ans d'existence ce
wiki n'a pas vu le déclin et n'a pas su se renouveler. De mon
expérience personnelle, je peux apporter une hypothèse
à cette question. La communauté réduite des Wikinews
favorise un entre-soi qui rend aveugle ce qui ne pousse pas à
la réflexion. Dans ces communautés réduites, se
trouve aussi des contributeurs qui se sentent investis d'une
mission de « gardien du temple » et l'absence
de communauté élargie leur donnent une influence
déraisonnable sur le wiki. En rajoutant par dessus tout
ça un peu résistance au changement et hop le wiki est
coulé ! — Mattho69me
joindre 30 août 2020 à
23:32 (CEST)
En revanche, BK n'analyse pas bien la chose suivante. Les
articles d'actualité ne sont en général pas mauvais
- en effet - dans le sens où c'est à peu près le
mieux ou le moins mauvais que on puisse faire à peu de
distance de l'événement et sans rédaction en chef.
En revanche, quand l'événement est ancien, a
été analysé et synthétisé par les
historiens, alors l'article n'est pas conforme à l'état
de l'art, et souffre souvent des effets de "buzz",
indétectables à peu de distance de l'événement
mais souvent très visibles et évidents avec du recul. Le
"buzz" est aussi un phénomène qui aurait du être
intégré à la réflexion, et mériter un
paragraphe "Wikipédia à l'ère du Buzz", avec un
constat qui n'aurait pas été aussi bon, mais BK est
passé complètement à côté. Jean-Christophe
BENOIST (discuter) 31
août 2020 à 12:06 (CEST)
Jean-Christophe
BENOIST, Je pense que BK a préféré ne rien dire
sur le buzz car son billet est déjà long. On pourrait lui
demander de publier un billet sur l'incidence du buzz, ça
augmenterait son nombre de publications et lui donnerait un autre
aspect à étudier :-). — Cantons-de-l'Estp|d|d [sysop] 31
août 2020 à 15:10 (CEST)
Analyse des remerciements : Quelle conclusion ou
action doit-on tirer de l'analyse ? Remercier un contributeur
habitué est inutile pour le projet, c'est ça ? --
Irønie (discuter) 31
août 2020 à 13:53 (CEST)
Irønie, En effet,
remercier est marginalement bon pour la rétention et ça
n'augmente pas le plaisir de contribuer. Pour ma part,
j'apprécie savoir que quelqu'un a noté une modification
de ma main, me disant en quelque sorte que je ne suis pas le seul
à m'intéresser au sujet sur lequel j'ai travaillé.
C'est aussi une forme d'approbation de ce que j'ai fait, ce qui
renforce mon sentiment de compétence. — Cantons-de-l'Estp|d|d [sysop] 31
août 2020 à 15:00 (CEST)
Il faut toujours être prudents avec ce genre de recherche.
Par exemple, les auteurs disent qu'il n'y a pas d'effet mesurable
sur la production des "anciens" sur la période analysée,
soit 6 semaines avant et après. Perso, je me dis qu'un ancien
risque de claquer la porte moins rapidement s'il est remercié
régulièrement. Cependant, pour mesurer ça, il
faudrait étendre la période analysée sur des
années. - Simon
Villeneuve 31 août 2020 à 15:11 (CEST)
Je remercie Cantons-de-l'Est et
Simon Villeneuve *uniquement*
parce qu'ils resteront ainsi avec 2 % de motivation en plus
sur WP à écrire les RAW, selon l'étude ci-dessus (et
selon leurs réactions ici-même ). --Warp3 (discuter) 1 septembre 2020
à 02:35 (CEST).
Je ne suis pas allé regarder qui s'est tapé la lecture
et traduction du travail de Keegan, mais beau boulot, merci.
Popo le Chien (discuter) 31
août 2020 à 15:31 (CEST)
Popo le Chien, C'est moi. Merci
pour le message. Et je suis heureux de vous savoir à nouveau
parmi nous (il y a longtemps que je n'avais pas vu votre pseudo,
trop longtemps) . — Cantons-de-l'Estp|d|d [sysop] 3
septembre 2020 à 16:41 (CEST)
Le RAW est décidément d'une grande utilité et la
lecture régulière que j'en fais a eu amplement raison de
mon scepticisme initial. Un grand merci aux rédacteurs pour ce
beau travail de synthèse. --Codex (discuter) 31 août 2020
à 15:36 (CEST)
Merci pour ce numéro très intéressant. • Chaoborus 31
août 2020 à 21:20 (CEST)
Chaoborus, Venant d'un ancien
dont j'apprécie l'efficacité, c'est d'autant meilleur.
— Cantons-de-l'Estp|d|d [sysop] 3
septembre 2020 à 16:44 (CEST)
Abonné depuis peu à RAW. Intéressant et
très utile: avant de lire cette édition j'ignorais
l'existence de la page "Observatoire des sources". La rubrique
"Dans les coulisses de la Wikimedia" fourmille d'infos
intéressantes. RAW est un excellent complément du
Wikimag. Merci et re-merci.Contributeur2019 (discuter) 1
septembre 2020 à 12:21 (CEST)
Très bon numéro avec l'article de Keegan, mais
aussi plusieurs brèves. Concernant l'Observatoire des sources,
celui-ci ne répertorie que les sources qui ont fait l'objet
d'une controverse sur une page de discussion ou dans le Bistro. De
ce fait, l'absence de sources usuelles de référence comme
Le Monde n'est pas une anomalie. Chris93 (discuter) 6 septembre
2020 à 16:30 (CEST)
↑(en)
« In open source, the
maintainers working on the source code are the scarce resource that
needs to be protected and
nurtured. »
↑(en)
« In an ecosystem with
infinite resources, the attention needs to be on the people taking
care of and maintaining that resource, because that’s where
the bottleneck is. »
↑(en)
« More than
synthesizing knowledge as a tertiary source like traditional
encyclopedias, Wikipedia's hyperlink network invited users to
follow their interests, dive deeper on topics, introduce missing
connections, and create new articles where none existed. Where the
decentralized web created a fragmented user experience requiring
directories (e.g., Yahoo!) and search engines (e.g., Google) for
navigation, Wikipedia's hyperlinked articles foreshadowed an era of
centralized web platforms that sustain user engagement with a
consistent experience and "bottomless" content to consume and
engage. »
↑(en)
« Far from being an
idiosyncratic case of online collaboration, the decisions made by
editors at the time to use Wikipedia's unique collaborative
capacities to deeply cover the September 11 attacks would
fundamentally change the direction, scope, and culture of Wikipedia
as a project to the present day. »
↑(en)
« Finally, the
Wikipedia model of a centralized account was much more legible to
search engines like Google that boosted these articles’
authority and drove the virtuous feedback loops of more traffic,
more contributors, more updates, and better
content. »
↑(en)
« All of these
patterns reinforce the idiom that "Wikipedia works in practice, not
in theory." Who are these editors that rapidly self-select and
self-organize themselves in the absence of any formal coordination
or delegation? Why have breaking news collaborations continued to
employ generalists rather than developing a class of specialists?
How did dozens of users synchronously edit a shared document using
an asynchronous tool with none of features we take for granted in
something like Google Docs? »
↑(en)
« This common
experience concentrates collective scrutiny and deliberative
capacity rather than diffusing these accountability mechanisms
across inscrutable and incommensurable personalized news
feeds. »
↑(en)
« Wikipedia remains a
product of a particular historical moment from the early 2000s, not
only in terms of its adorably dated interface, but also the absence
of advertising and engagement, news feeds and recommendation
systems, and virality and polarization as central features that
define so much of the user experience on other social platforms.
Wikipedia’s resilience to the disinformation that plagued
Facebook, YouTube, and Google in 2016 would suggest this archaic
user experience provided an important defense against actors who
weaponized these attention amplification mechanisms on other
platforms to malicious ends. But this story overlooks other
explanations for Wikipedia’s apparent resilience.
Wikipedia’s strong editorial identity emphasizing neutrality
and verifiability provides a critical bulwark against the tide of
sociotechnical sludge polluting these other platforms who only
reluctantly moderate offensive and false content. But most
critically, Wikipedia users and editors’ attention is shared
around common articles rather than distributed across personalized
newsfeeds. »
↑<note de SV:En
fait, la nature ouverte du site permet une multitude de
personnalisations de l'expérience wikipédienne dès
lors que l'on possède un compte utilisateur. Cependant, ces
fonctionnalités sont beaucoup moins faciles d'accès pour
l'internaute moyen que sur les autres sites
participatifs.>
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Le Wiktionnaire évolue en permanence, contrairement aux
dictionnaires imprimés. Ceux-ci proposent chaque année
une petite mise à jour qu’ils nomment millésime. Le
Wiktionnaire ne fonctionne pas comme ça, mais se prête au
jeu cette année. Voici donc le millésime 2019-2020 du
Wiktionnaire ! Le Wiktionnaire Le Wiktionnaire francophone est
une œuvre collective qui a pour objectif […]
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
L’assemblée générale de Wikimédia
France se déroulera cette année le 28 novembre. Sans
certitude sur l’évolution des circonstances sanitaires
liées à l’épidémie de CoViD-19 dans les
prochains mois, aucun lieu – physique ou en ligne –
n’a pour l’instant été arrêté. Vous
pourrez par contre, quelque soit le format que prendra cet
événement, voter en […]
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Des bénévoles de l’encyclopédie
Wikipédia viennent de lancer l’Observatoire des sources
(ODS) destiné à aider les rédacteurs qui
s’interrogent sur un site, un média, un
éditeur… L’Observatoire en quelques mots
L’Observatoire des sources (ODS) est un index des sources qui
ont fait l’objet d’une évaluation ou de
discussions informelles, au sein de la communauté
wikipédienne, […]
Cela fait bizarre de se dire que son avenir Wikipédien peut
se jouer sur des calculs mathématiques à la
vérifiabilité complexe et à la méthodologie qui
dépend souvent d’un admin clôturant qui balance les
résultats et les autres qui valident sans trop
vérifier.
Dans les cas complexes, les administrateurs tentent souvent de
faciliter les calculs en transformant les avis textuels en de beaux
tableaux permettant des calculs (encore faut-il mettre à jour
et ne pas confondre moyenne et médiane).
Vu que les administrateurs ont décidé de classer sans
suite une affaire dont je suis partie prenante puisque ce beau
monde ne serait pas dans la « partie sanction », je me
suis amusé à revérifier le résultat par
curiosité, et aussi parce que je trouve que ça tourne
beaucoup autour du 50% alors que j’avais l’impression
d’un avis plus tranché.
Déjà, on peut remarquer la bizarrerie qui consiste
à inclure les avis neutres dans le pourcentage, ce qui a pour
conséquence de ramener mécaniquement les résultats
vers le 50%. Or il est d’usage d’exclure ces avis des
calculs (ou de mentionner les deux pourcentages) car cela est
souvent un moyen d’indiquer que l’on veut dire quelque
chose sans que l’on souhaite influencer sur le résultat
final.
On remarque déjà que ce simple changement de
référence suffit à faire rentrer beaucoup de monde
dans la zone sanction.
On peut également s’interroger sur la
méthodologie en elle-même : « Voici ce que je compte
dans
[1]. Je considère que les gens qui ont indiqué une
sanction dans le tableau de
[2] sont en faveur d’une sanction. S’ils
n’ont rien indiqué, alors je calcule neutre. Les
personnes qui ont voté deux fois (une dans le tableau, puis
une autre dans les sections) ne sont comptées qu’une
seule fois, et seul leur dernier vote est considéré dans
les calculs. Buisson, OT38 et Esprit Fugace désirent que les
cinq contributeurs soient tous sanctionnés ou aucun ; leurs
votes ne sont pas calculés dans le tableau qui suit.
»
Déjà, je trouve assez douteux et arbitraire
d’exclure des calculs les administrateurs qui ont une
position « tout ou rien », alors qu’il me semble
plus logique de les inclure dans le tableau puis regarder plus en
détail si un contributeur qui est borderline risque
de faire changer les résultats.
Le deuxième gros problème méthodologique est de
considérer tous les avis neutres de la même manière,
alors que des administrateurs ont explicitement écrit
être plutôt en faveur d’un résultat.
Je propose donc une méthodologie de calcul alternative qui
me semble plus respectueuse des avis des administrateurs et qui a
l’avantage d’être entièrement
vérifiable.
On récupère le tableau des sanctions proposées
et en remplace les valeurs par 1 si une sanction est proposée,
0 si l’administrateur n’a rien écrit ou est
explicitement neutre, -1 si l’administrateur est opposé
à un blocage (donc contre une sanction).
On écrase ces valeurs par les votes de la section de
confirmation, en rajoutant -0,5 (plutôt contre) et 0,5
(plutôt pour) pour englober les avis neutres tendance X ou les
avis plutôt X.
On ne compte QUE ces avis, depuis le temps que ces deux
sections existent, il n’est pas compliqué de les avoir
complétés, surtout que la mise en place de la restriction
thématique a pu s’occuper d’une partie du
problème. Ou alors on mentionne explicitement dans les
données brutes la position de l’admin afin
d’éviter la lecture de pavés, ce qui ruine
totalement l’intérêt de faire des tableaux.
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
La Contemporaine — Bibliothèque, archives, musée
des mondes contemporains — est une bibliothèque, un
musée et un centre d’archives français
spécialisé sur l’histoire des 20e et 21e
siècles. Elle a fait ses premiers pas dans la galaxie
Wikimedia ces derniers mois et vous allez retrouver dans cet
article rédigé par René PIGIER, chargé
d’archives à […]
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
On vient de me poser une question intéressante sur
Twitter :
Question pour les experts Wikidata qui
causent SPARQL : vous pourriez m'aider à faire une
requête du genre « villes des États-Unis entre 100
000 et 600 000 habitants situées dans un comté ayant
majoritairement voté pour Clinton en 2016 » ?
« Question pour les experts Wikidata qui causent SPARQL :
vous pourriez m’aider à faire une requête du genre
« villes des États-Unis entre 100 000 et 600 000
habitants situées dans un comté ayant majoritairement
voté pour Clinton en 2016 » ? »
Le problème ici est que les données électorales
détaillées ne sont pas sur Wikidata (et à mon avis
n’y ont pas leur place, elles seraient mieux sur Commons sous
forme de
données tabulaires).
En revanche, il est possible d’extraire via une
requête SPARQL la liste des villes des États-Unis entre
100 000 et 600 000 habitants, puis de la croiser par le biais
d’OpenRefine avec un tableau des résultats des
élections.
Données électorales
La première étape est de chercher un fichier open data
contenant les données de l’élection
présidentielle américaine de 2016 par comté,
idéalement sous la forme d’un CSV à
télécharger. Ça tombe bien,
il y en a un sur OpenDataSoft.
Plus qu’à l’importer dans OpenRefine. Si vous ne connaissez
pas, c’est un outil d’alignement et de croisement de
données, qui se définit lui-même comme un «
Excel sous stéroïdes ». Il était
développé à la base par Google pour Freebase, mais
il a depuis été libéré et le développeur
principal actuel est un contributeur à Wikidata. Il y a
de bons tutoriels pour l’utiliser pour
récupérer des données de Wikidata ou y importer de
nouvelles données après alignement avec les données
existantes, mais on ne va ici faire ni l’un ni
l’autre.
Dans OpenRefine, il faut faire CreateProject → from this
computer et choisir le CSV téléchargé, puis cliquer
sur Next.
La prévisualisation semble correcte, et le nom du projet
proposé (celui du fichier) également : je clique donc sur
Create project.
Les informations qui vont être importantes pour la suite
sont : le nom du projet, le nom de la colonne servant à
aligner les données (la colonne « County », qui est
du format « <County>, <State> ») et celui de
la ou des colonnes avec les données à récupérer
(ici, uniquement la colonne « Democrats 2016 ») Le jeu de
données est déjà bon pour ce que je veux en faire,
je n’ai pas de manipulations supplémentaires à
faire.
Liste des villes
La seconde étape est d’extraire la liste des villes
correspondant à la demande. Je ne vais pas détailler la
requête, mais en regardant quelques entrées de villes US
sur Wikidata, je vois qu’elles ont pour nature
« city aux États-Unis » (Q1093829),
qu’elles ont des chiffres de population pour 2010, le
comté entré comme « localisation administrative
» (je vais quand même vérifier qu’il a
s’agit bien d’un comté américain et pas
directement de l’état ou d’un autre type de
division administrative. Apparemment tous ont pour nature «
comté de <tel état> », qui sont eux-mêmes
des sous-classes de « comté des États-Unis
»)
Je vais aussi avoir besoin de l’état et, tant
qu’à faire, je récupère aussi les
coordonnées. Voici donc la requête :
#Cities of the United States between 100,000 and 600,000 inhabitants with the counties and states they are located in
SELECT DISTINCT ?city ?cityLabel ?county ?countyLabel ?state ?stateLabel ?pop ?coord
WHERE
{
?city wdt:P31 wd:Q1093829 .
?city wdt:P1082 ?pop .
FILTER (?pop >= 100000 && ?pop <= 600000)
?city wdt:P131 ?county .
?county wdt:P31/wdt:P279 wd:Q47168 .
?county wdt:P131 ?state .
?state wdt:P31 wd:Q35657 .
?city wdt:P625 ?coord .
SERVICE wikibase:label { bd:serviceParam wikibase:language "en". }
} ORDER BY ?stateLabel ?countyLabel ?cityLabel
La requête renvoie 247 résultats alors qu’il y a
213 villes correspondant à la requête, parce que
certaines villes s’étalent sur plusieurs comtés et
qu’il y a parfois plusieurs chiffres de population ou
plusieurs coordonnées géographiques entrés sur
certains éléments de ville.
Je télécharge donc le résultat de la requête
en CSV, que je vais également importer dans un projet
OpenRefine que je nomme « US Cities between 100000 and 600000
hab. that voted democrat in the 2016 Presidential election »
ce qui est… long.
Aligner les données
L’idée est d’enrichir ce nouveau projet avec
les informations électorales de celui créé plus
haut. On va donc créer une nouvelle colonne contenant le nom
des comtés sous le même format « <County>,
<State> »
Pour cela, je commence par dupliquer la colonne StateLabel en
cliquant sur la flèche à côté du nom de la
colonne, puis Edit column → Add column based on this column.
Je nomme la nouvelle colonne « county state » et je
vérifie que l’expression est simplement « value
» (ce qui va donc juste copier la valeur actuelle)
Sur la nouvelle colonne county state, je fais Edit column
→ Join columns avec les paramètres suivants :
Attention, il y a une espace après la virgule dans le champ
Separator. Une fois cela fait, on peut enfin aligner avec
l’autre projet et récupérer les résultats des
démocrates en 2016. Là encore, on crée une nouvelle
colonne « Democrats 2016 » basée sur la colonne
« county state », avec l’expression suivante :
toNumber(cell.cross("usa 2016 presidential election by county csv", "County").cells['Democrats 2016'].value[0])
Pour détailler : cell.cross("usa 2016 presidential
election by county csv", "County") indique le nom du projet
avec lequel on aligne et celui de la colonne pivot dans ce projet,
cells['Democrats 2016'].value[0] récupère la
valeur de la colonne Democrats 2016 et enfin la fonction
toNumber(...) transforme cette valeur en nombre (sinon
c’est une chaîne de caractères)
On peut maintenant filtrer les villes où les
démocrates étaient majoritaires en 2016 ! Dans
OpenRefine, cela se fait avec une facette. Sur la colonne Democrats
2016, Facet → Numeric Facet fait apparaître une
glissière très pratique. Il suffit de déplacer la
borne de gauche sur 50 et voilà, on a le résultat
qu’on cherchait au début.
Affichage dans uMap
On pourrait directement exporter ce résultat en CSV mais je
veux l’afficher dans uMap, il reste donc quelques
manips à faire pour correspondre au format attendu :
Renommer (ou dupliquer) la colonne cityLabel en name
Scinder la longitude et la latitude dans deux colonnes
séparées et nommées comme ça. Il faut pour cela
créer deux colonnes à partir de la colonne coord.
Pour la colonne longitude, l’expression (en jython) est
:
On peut donc ensuite exporter le projet en CSV (Export →
Comma separated values) puis l’importer dans une nouvelle
carte sur uMap, et voici le résultat :
Envoyez-nous vos remarques sur la rédaction du Wikimag, des
annonces de débat, des tribunes d’expression libre ou le
signalement de nouvelles pages d’intérêt commun sur
Wikipédia.
Début janvier, Wikimédia France via sa commission de
micro-financements a octroyé une bourse à Nassima
Chahboun, architecte et membre du groupe utilisateur Wikimedia
Maroc pour l’aider dans l’organisation d’un
edit-a-thon et d’un voyage photo dans le cadre de son projet
« WikiKsour ». L’objectif de ces deux
activités était d’enrichir le contenu relatif aux
Ksour […]
Les résultats de la 7e édition Le Wikiconcours
lycéen, organisé pour la septième année
consécutive, associe le CLEMI (Centre de liaison de
l’enseignement et des médias d’information) à
Wikimédia France pour proposer aux lycéens et
lycéennes de contribuer à Wikipédia (via la
création d’articles et l’enrichissement de
contenus existants). Le projet s’inscrit dans une
démarche […]
Du 1er juillet au 31 août 2020, Wikimédia France vous
invite à prendre part à #WPWP, le concours annuel qui
vise à illustrer les articles de Wikipédia. #WPWP, le but
du concours Les pages Wikipédia veulent des photos (de
l’anglais Wikipedia Pages Wanting Photos, abrévié
WPWP) est un concours annuel, commun à toutes les versions
[…]
Commentaires sur cette édition