Carabin
Un carabin était à l'origine un soldat armé d'une carabine, mais le terme désigne désormais un étudiant en médecine[1],[2].
Historique
[modifier | modifier le code]Une compagnie de carabins (cavalerie légère escortant le roi et munie de carabines à canon court, ce qui permet de tirer tout en restant à cheval) créée par Henri III fut dotée de mousquets par Louis XIII en 1622, établissant ainsi le corps des mousquetaires de la maison du roi de France.
Le mot « carabin », terme ironique, viendrait de « escarabin », qui en ancien français désignait un scarabée fouisseur, par extension un croque-mort, ensevelisseur de cadavres. Comme c'est souvent aux étudiants en médecine qu'incombait cette tâche pendant les épidémies de peste, on les a affecté de ce sobriquet, qui leur est resté.
Sous Louis XIII, ce sont les chirurgiens que l'on appelle « carabins de saint Côme » car leur saint patron est saint Côme et ils sont alors réputés faire passer leurs patients de vie à trépas.
Sens contemporain
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Aujourd'hui, le terme « carabin » est souvent utilisé pour désigner un étudiant en médecine. Depuis la Restauration, le mot carabin désigne un étudiant en médecine[1], et ce terme a une petite connotation ironique (bien éloignée des basses besognes d'enfouissement de cadavres) et qui a peut-être pour base les blagues que les étudiants ont l'habitude de faire pendant leurs études[2].
Dans Fresques de Salles de garde[3], Jacques Le Pesteur propose une origine au sens contemporain : « Carabins, mot créé au XIXe siècle : « Car les médecins tuaient plus vite qu'une carabine. » ».
Dans « Dans un amphithéâtre... »[4], Emmanuelle Godeau présente plusieurs hypothèses : « Si les dictionnaires s'accordent sur les divers usages de ce mot, l'étymologie en demeure obscure. Le Littré (1877) en propose deux, soit Calabre, machine de guerre en provençal, soit Calabrinus, qui est de Calabre (pays des carabiniers), le passage du soldat à l'étudiant se faisant par dénigrement. Le Trésor de la langue française (Imbs 1977), quant à lui, suggère une altération d'(e)scarrabin, ensevelisseur de pestiférés au XVIe siècle, venant lui-même d'escarbot, insecte fouillant la terre et le fumier. La réputation d'efficacité des soldats carabins pour liquider leurs ennemis, attribuée par dérision aux aides chirurgiens inexpérimentés, rendrait compte de l'évolution sémantique. ».
Ce terme, appliqué aux médecins, provient de la carabine de voltigeur dont étaient dotés, au XVIIIe siècle, les élèves médecins de l'Hôpital Militaire d'Instruction de Strasbourg. Ceci vaudra à ces élèves, puis à ceux de l'École impériale du service de santé militaire, implantée dans cette même ville, le nom de « carabins rouges et verts » (rouge pour les médecins, vert pour les pharmaciens, selon la couleur des attributs de ces deux spécialités).
Il est dit aussi que l'uniforme des étudiants du futur Service de santé des armées ressemblait à celui des carabiniers italiens. On aurait appelé « carabins » d'abord les étudiants en médecine militaire, puis, par extension, les étudiants en médecine en général.
Par extension, l'expression « chansons de carabins » désigne des chansons paillardes chantées par des étudiants en médecine. On parle aussi de « blagues de carabin » pour désigner des canulars et des farces, souvent à caractère morbide, sexuel ou les deux. Le terme carabin est aussi utilisé de nos jours pour désigner un étudiant universitaire en général[5].
En 2013, un étudiant en médecine anonyme, connu sous le nom de Védécé, crée sur les réseaux sociaux une page de bande dessinée appelée Vie de Carabin, racontant ses années d'étude de l'externat à l'internat jusqu'à ses débuts en tant que praticien[6],[7]. Les quatre volumes de sa bande dessinée sont publiés chez S.Editions.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 « Le Dictionnaire - Définition carabin et traduction », sur www.le-dictionnaire.com (consulté le )
- 1 2 « CARABIN : Définition de CARABIN », sur www.cnrtl.fr (consulté le )
- ↑ Jacques Le Pesteur, Fresques de Salles de garde, Paris, Ramsay, , 163 p. (lire en ligne), p.37
- ↑ Emmanuelle Godeau, « Dans un amphithéâtre... La fréquentation des morts dans la formation des médecins », Terrain, vol. 20, , p. 82-96 (lire en ligne
) - ↑ Esprit Carabins sur le site de l'Université de Montréal
- ↑ https://www.lepoint.fr/livres/vie-de-carabin-un-phenomene-caustique-de-la-bd-19-09-2023-2536062_37.php
- ↑ https://m.bedetheque.com/serie-41427-BD-Vie-de-Carabin.html
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Emmanuelle Godeau, L'esprit de corps : sexe et mort dans la formation des internes en médecine, Paris, Edition de la Maison des sciences de l'homme, (lire en ligne).
- Jacques Le Pesteur, Fresques de Salles de garde, Paris, Ramsay, .
- Patrice Josset, La salle de garde : histoire et signification des rituels des salles de garde de médecine, chirurgie et pharmacie du moyen-âge à nos jours, Paris, Le Léopard d'or,
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Études de médecine en France : description des études des carabins
- Cercle de médecine de l'ULB : association des carabins de l'Université libre de Bruxelles
- Faluche : couvre-chef estudiantin porté (entre autres) par des carabins
Lien externe
[modifier | modifier le code]- ANEMF : Association nationale des étudiants en médecine de France
