Jacqueline Bernard
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Jacqueline Douce Huguette Bernard |
| Pseudonyme |
Augé |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Fernand Bernard |
| Mère |
Marguerite Ettlinger |
| Fratrie | |
| Parentèle |
Bernard Lazare (oncle) Yvette Farnoux (belle-sœur) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de | |
| Conflit | |
| Lieu de détention |
Gestapo de la rue de la Pompe, Gestapo de la rue des Saussaies, Fresnes, Romainville, Ravensbrück, Torgau, Königsberg, Leitmeritz |
| Distinctions |
Jacqueline Bernard, née le dans le 8e arrondissement de Paris et morte le dans le 7e arrondissement de Paris[1], est une journaliste, traductrice et résistante française de la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance et formation
[modifier | modifier le code]Jacqueline Douce Huguette Bernard naît le dans le 8e arrondissement de Paris.
Issue d'une famille française d'origine juive[2],[3], elle est la fille de Fernand Bernard (1866-1961), polytechnicien et officier d'artillerie coloniale, et de Marguerite Ettlinger (1880-1978)[4].
Par ailleurs, elle est la sœur de Jean-Guy Bernard (1917-1944), également polytechnicien, aviateur et futur résistant[5] et la nièce de Bernard Lazare (1865-1903), écrivain dreyfusard[4].
Elle grandit au domicile familial situé au 101, avenue Henri-Martin dans le 16e arrondissement de Paris[3].
Diplômée de la Faculté de droit (Paris) et de l’École libre des sciences politiques, elle est journaliste avant la Seconde Guerre mondiale[5].
Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]À Lyon, en , Jacqueline Bernard fait la connaissance de Berty Albrecht[5]. Elle entre dans la Résistance et rejoint le mouvement Combat, tout comme son frère Jean-Guy[5],[6],[7],[8]. Elle est chargée de l’organisation, du recrutement et de la propagande[5].
En 1943, elle est responsable nationale de la rédaction de Combat[6],[9],[10],[11], et assure par intérim, de janvier à , sa diffusion en zone nord[5].
Le la Gestapo de la rue de la Pompe de Friedrich Berger l'arrête à Paris, par le biais d'un agent double infiltré dans le mouvement Voix du Nord[Note 1] qui lui a donné rendez-vous dans un café situé place de l'Odéon[12],[13]. Horriblement torturée en même temps qu'Yvonne Baratte[14],[12], une autre résistante, elle est ensuite transférée à la Gestapo de la rue des Saussaies[15].
Internée au centre pénitentiaire de Fresnes puis au fort de Romainville, elle est déportée vers l'Allemagne par le convoi parti de Pantin le , dit convoi des 57 000[16].
Arrivée au camp de Ravensbrück avec le matricule 57 774, elle est ensuite envoyée à Torgau, puis Königsberg, avant de revenir à Ravensbrück puis d'être transférée à Leitmeritz[16],[5].
Elle est libérée à Leitmeritz le et rentre en France le [5].
Son frère Jean-Guy Bernard, arrêté le [17], meurt en déportation le , pendant son transfert à Auschwitz[5],[18] ; il reçoit à titre posthume la médaille de la Résistance française avec rosette[19].
Après-guerre
[modifier | modifier le code]De retour en France, Jacqueline Bernard devient secrétaire générale et membre du comité de rédaction de Combat jusqu’en 1948[6],[5]. Elle fait ensuite partie du l’équipe du mensuel Réalités jusqu’en 1961[6],[5]. Puis elle est journaliste indépendante et traductrice ; elle traduit de l’anglais une trentaine d’ouvrages[6],[5].
Elle participe à la Fondation Jacques Monod en 1979[6],[5].
Elle décède le dans le 7e arrondissement de Paris, à l'âge de 85 ans.
Vie de famille
[modifier | modifier le code]Jacqueline Bernard épouse Hubert Ventre d’Auriol (1913-1980), compositeur de musique, le dans le 1er arrondissement de Paris[5],[20] ; le couple divorce le [5],[20].
Elle ne se remarie pas ensuite[20].
Décorations
[modifier | modifier le code]
Officier de la Légion d'honneur (décret du 12 juillet 1996)[21] ; chevalier du 21 juin 1946[20],[5],[6],[21] ;
Croix de guerre -[5],[6] ;
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du )[22].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Il s’agit de Charles Fauvel (d), alias "Roy", Français de 48 ans en 1944, marié et père de 5 enfants, agent double de l’occupant allemand infiltré dans la Résistance. Il fait partie de la Gestapo de la rue de la Pompe à compter de juin 1944 jusqu'à son exécution par sa propre bande de la Gestapo le 21 juillet 1944. Il est responsable de nombreuses arrestations de résistants, principalement dans le Nord et à Paris.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ INSEE, « Fichier des personnes décédées depuis 1970 - Fiche Jacqueline » (consulté le )
- ↑ « Marie Fillet - Chap#13 -La déportation à Ravensbrück | Grands Entretiens Patrimoniaux - Ina.fr », sur Marie Fillet - Chap#13 -La déportation à Ravensbrück | Grands Entretiens Patrimoniaux - Ina.fr (consulté le )
- 1 2 « Jean Guy BERNARD », sur Convoi 77 (consulté le )
- 1 2 Jean-Denis Bredin, Dreyfus, un innocent, Fayard, (ISBN 978-2-213-62877-6, lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Marie-Cécile Bouju, « BERNARD Jacqueline [BERNARD Jacqueline, Douc », dans BERNARD Jacqueline, Douce, Huguette, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jacqueline (1913-1998) Bernard, « Fonds Jacqueline Bernard (1913-1998) », sur rhpst.huma-num.fr (consulté le )
- ↑ Marie Granet et Henri Michel, Combat: histoire d'un movement de résistance de Juillet 1940 à Juillet 1943, Presses Universitaires de France, (lire en ligne)
- ↑ Marie Granet, Ginette Gros et Claude Lévy, Les jeunes dans la Résistance, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-24936-2, lire en ligne)
- ↑ Collectif, Écrire sous l'Occupation: Du non-consentement à la Résistance, France-Belgique-Pologne, 1940-1945, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-6829-7, lire en ligne)
- ↑ Maurice Kriegel-Valrimont et Olivier Biffaud, Mémoires rebelles, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-4069-2, lire en ligne)
- ↑ [vidéo] « Jacqueline Bernard, Albert Camus et la Résistance | INA » (consulté le )
- 1 2 Bonnet 2013, p. 86-87.
- ↑ Gilbert Joseph, Une si douce Occupation: Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre 1940-1944, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-37980-1, lire en ligne)
- ↑ Justine Picardie, Miss Dior. Le destin insoupçonné de Catherine Dior, Flammarion, (ISBN 978-2-08-044353-3, lire en ligne), p. 108
- ↑ Bonnet 2013, p. 98-99.
- 1 2 Fondation pour la mémoire de la déportation, « Liste du convoi I.264 parti de Pantin le 15 août 1944 » (consulté le )
- ↑ Ania Francos, Il était des femmes dans la Résistance..., Stock (réédition numérique FeniXX), (ISBN 978-2-7062-8267-6, lire en ligne)
- ↑ « FRAN_IR_053870 - Salle de lecture virtuelle », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Ordre de la Libération, « Base Médaillés de la Résistance française - fiche Jean Guy BERNARD » (consulté le )
- 1 2 3 4 « Généalogie de Jacqueline BERNARD (5) », sur Geneanet (consulté le )
- 1 2 Grande chancellerie de la Légion d'honneur, « Liste unique des décorés - Fiche Jacqueline Huguette Bernard », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
- ↑ Ordre de la Libération - Base Médaillés de la Résistance française, « Fiche Jacqueline Bernard, alias Augé » (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos : La bande de la rue de la Pompe, 1944, Rennes, Éditions Ouest-France, , 189 p. (ISBN 9782737360428)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense (GR 16 P 51215, AC 21 P 707479, bases_nominatives_detail_fiche.php?fonds_cle=24&ref=2684144&debut=0)
- Institut Pasteur (FR‑AIP‑BEJ, 657)
- Archives nationales (72AJ/46 Dossier n° 1 - pièce n° 4, 72AJ/48 Dossier n° 1 - pièce n° 8, 72AJ/48 Dossier n° 1 - pièce n° 9)
- Ressource relative aux militaires :
- Ressource relative à la vie publique :
- Résistante française
- Membre du mouvement Combat
- Résistance à Lyon
- Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale
- Prisonnier au centre pénitentiaire de Fresnes
- Prisonnier au fort de Romainville
- Déporté résistant
- Déporté par le convoi du 15 août 1944
- Survivant de Ravensbrück
- Survivant de Buchenwald
- Journaliste française du XXe siècle
- Traducteur français du XXe siècle
- Traducteur depuis l'anglais vers le français
- Officier de la Légion d'honneur promu en 1996
- Titulaire de la croix de guerre 1939-1945
- Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette
- Naissance en juin 1913
- Naissance dans le 8e arrondissement de Paris
- Décès en décembre 1998
- Décès à 85 ans
- Décès dans le 7e arrondissement de Paris