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John Sharp (dirigeant de football)

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Jack Sharp
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Biographie
Décès
Nom de naissance
John C. Sharp
Nationalité
britannique
Activité
homme d'affaires, dirigeant de football

John C. Sharp, couramment appelé Jack Sharp ou Jack Sharp Jr., mort au printemps 1979, est un homme d'affaires et dirigeant de football britannique. Fils du footballeur et joueur de cricket international anglais Jack Sharp, il poursuit l'activité familiale dans le commerce d'articles de sport à Liverpool et siège pendant plus de trente ans au conseil d'administration de l'Everton Football Club.

Élu administrateur en juillet 1946, Sharp devient vice-président du club en 1959, puis de nouveau en 1965. Il succède à E. Holland Hughes à la présidence du conseil d'administration en mai 1967 et conserve cette fonction jusqu'en août 1970. Son mandat couvre notamment la finale de Coupe d'Angleterre 1968, la reconstruction de la tribune de Goodison Road et surtout le titre de champion d'Angleterre 1969-1970 remporté par l'équipe de Harry Catterick. Après avoir cédé la présidence à George Watts, il reste administrateur d'Everton jusqu'à sa mort en 1979.

Famille Sharp et commerce d'articles de sport

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John C. Sharp est le fils aîné de Jack Sharp, l'une des grandes figures sportives d'Everton au début du XXe siècle. Son père est à la fois international anglais de football, joueur de cricket international avec l'Angleterre, capitaine du Lancashire County Cricket Club et joueur emblématique d'Everton. Après sa carrière de footballeur, Jack Sharp père devient également administrateur du club en 1922[1].

Le futur dirigeant est régulièrement appelé Jack Jr. dans les sources afin de le distinguer de son père. Les documents contemporains du club utilisent également la forme John C. Sharp[2]. Le développement du second prénom correspondant à l'initiale « C. » n'est pas établi par les sources consultées.

La famille est étroitement associée au commerce sportif de Liverpool. En 1903, Jack Sharp père fonde un magasin d'articles de sport à Whitechapel, qui devient Jack Sharp Ltd. L'entreprise fournit pendant plusieurs décennies du matériel aux clubs et aux établissements scolaires de la région. Des programmes d'Everton des années 1950 présentent Jack Sharp Ltd., installé aux 36 et 38 Whitechapel, comme fournisseur officiel de l'Everton Football Club et rappellent que la société fournit notamment les ballons utilisés par le club depuis plusieurs décennies[3].

À la mort de Jack Sharp père en janvier 1938, ses trois enfants deviennent administrateurs de l'entreprise familiale. Jack Jr. prend en charge le fonctionnement quotidien du magasin de Whitechapel[1]. Le commerce demeure un lieu familier du milieu sportif de Liverpool. Dans les années 1960, des joueurs d'Everton comme Roy Vernon ou Alex Young fréquentent encore le magasin[1].

Comme son père, Sharp pratique plusieurs sports. Dans sa jeunesse, il joue au cricket et au rugby, puis devient un golfeur régulier. Il est capitaine du Woolton Golf Club dans les années 1950[1]. En 1965, la presse rappelle cette ancienne fonction et indique qu'il vient de remporter une compétition de golf réservée aux dirigeants de clubs de football sur le parcours de Woolton[4].

Seconde Guerre mondiale et recrutement de Wally Fielding

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sharp sert dans l'armée britannique. Les documents du conseil d'Everton le désignent plus tard comme Major J. C. Sharp et mentionnent son appartenance au Royal Army Ordnance Corps[5].

Son service militaire joue indirectement un rôle dans l'histoire sportive d'Everton. Alors qu'il est affecté en Italie, à Bari, Sharp remarque le jeune attaquant londonien Wally Fielding. Il le recommande à Everton et à l'entraîneur-secrétaire Theo Kelly. Fielding, qui avait appartenu aux équipes de jeunes de Charlton Athletic avant la guerre, est finalement recruté par Everton malgré un différend entre les deux clubs sur ses droits d'enregistrement[6].

Un article du Liverpool Echo de 1948 rappelle que les rapports envoyés par Sharp depuis l'Italie avaient ensuite été confirmés par l'ancien joueur d'Everton Cliff Britton, lui aussi mobilisé dans la péninsule[7].

Fielding devient l'un des joueurs les plus durables de l'Everton de l'après-guerre, avec plus de quatre cents matches officiels sous le maillot du club. Cet épisode constitue l'une des premières contributions documentées de Sharp au recrutement d'Everton, avant même son entrée au conseil d'administration.

Entrée au conseil d'administration d'Everton

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La mort de son père en 1938 avait interrompu la présence directe de la famille Sharp au conseil d'administration. Cette continuité est rétablie après la guerre. Au printemps 1946, Major John Sharp se présente à l'élection des administrateurs. La presse le décrit alors explicitement comme le fils de l'ancien joueur et administrateur d'Everton[8]. Il est élu au conseil en juillet 1946[4].

Sharp devient rapidement un administrateur actif. Dès octobre 1946, les comptes rendus de la presse montrent que les membres du conseil se répartissent les rencontres à observer dans le cadre du recrutement. Sharp est alors l'un des rares administrateurs présents à Roker Park pour la rencontre contre Sunderland tandis que plusieurs de ses collègues prospectent ailleurs[9].

Son arrivée intervient dans une période difficile pour Everton. Le club doit reconstruire une équipe après six années sans championnat régulier et traverse ensuite une longue phase de déclin sportif qui aboutit à la relégation en deuxième division en 1951. Sharp demeure au conseil pendant cette période, puis lors du retour dans l'élite en 1954.

Les listes de dirigeants établies à partir des programmes et archives du club montrent sa présence continue au conseil pendant les décennies suivantes. Dans les documents des saisons de la fin des années 1940 et du début des années 1950, il apparaît sous les initiales J. C. Sharp, parfois accompagné de son grade militaire[5].

Premier passage à la vice-présidence

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À la fin des années 1950, Sharp est devenu l'un des membres expérimentés du conseil d'administration. Lorsque Fred Micklesfield accède à la présidence en 1959, Sharp est choisi comme vice-président[2]. Un portrait collectif des dirigeants publié par le Liverpool Echo en janvier 1960 le présente précisément comme John C. Sharp, vice-chairman, élu au conseil en juillet 1946[2].

Cette première vice-présidence est brève. En juin 1960, John Moores devient président d'Everton. Le conseil décide alors de ne pas pourvoir le poste de vice-président pour la saison suivante. La presse précise que le poste avait jusque-là été occupé par John Sharp[10].

Sharp reste néanmoins administrateur durant toute la présidence de Moores. Cette période correspond au début de la transformation sportive et économique d'Everton : l'arrivée d'Harry Catterick comme manager en 1961, d'importants investissements dans l'effectif et le titre de champion d'Angleterre en 1962-1963.

Vice-président d'E. Holland Hughes

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Le , John Moores annonce sa démission de la présidence tout en demeurant au conseil d'administration. Le lendemain, les administrateurs élisent E. Holland Hughes comme nouveau président et rétablissent la fonction de vice-président pour Jack Sharp[4].

Le choix de Sharp traduit son ancienneté au sein de la direction. Le Liverpool Echo le décrit alors comme le senior director d'Everton et rappelle qu'il siège depuis juillet 1946. Le Liverpool Daily Post souligne également qu'il avait déjà exercé la vice-présidence en 1959[4].

Sharp seconde ainsi Holland Hughes pendant les saisons 1965-1966 et 1966-1967. Everton remporte la FA Cup en 1966 et Goodison Park accueille cinq rencontres de la Coupe du monde de football 1966, mais la santé et la disponibilité de Holland Hughes deviennent progressivement plus fragiles. Les listes internes du club donnent encore Holland Hughes président et Sharp vice-président pour 1966-1967, avant d'inverser la situation à partir de la saison suivante[5].

Président d'Everton

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Accession à la présidence

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Les chronologies rétrospectives consacrées aux présidents d'Everton font parfois commencer la présidence de Sharp en juin 1968. La presse contemporaine et les documents du club établissent toutefois une succession antérieure.

En août 1970, lors de l'élection de George Watts comme nouveau président, le Liverpool Echo rappelle que Watts avait été coopté au conseil en mai 1967, précisément au moment où Jack Sharp était devenu président après la démission d'E. Holland Hughes[11]. Les documents historiques d'Everton confirment cette chronologie en donnant J. C. Sharp comme président dès la saison 1967-1968[5]. Son mandat doit donc être situé de mai 1967 à août 1970, et non de juin 1968 à août 1970 comme l'indiquent certaines listes secondaires.

Finale de Coupe d'Angleterre en 1968

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La première saison complète de Sharp à la présidence conduit Everton à Wembley. L'équipe de Harry Catterick atteint la finale de la Coupe d'Angleterre 1967-1968, disputée le 18 mai contre West Bromwich Albion. Everton s'incline 1-0 après prolongation sur un but de Jeff Astle[12].

Un témoignage et des documents conservés par l'Everton FC Heritage Society sur le banquet organisé après la finale identifient clairement Jack Sharp junior comme président du club aux côtés de John Moores, Harry Catterick et des autres dirigeants d'Everton[13].

Goodison Park et développement économique

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La présidence de Sharp se déroule également pendant une importante phase de modernisation de Goodison Park. Le projet le plus visible est la reconstruction de la tribune de Goodison Road. Au printemps 1970, les travaux prévus dépassent un coût estimé à 500 000 livres et doivent fortement augmenter le nombre de places assises du stade[14].

Le rapport financier présenté sous la présidence de Sharp en juillet 1970 montre qu'Everton conserve une situation économique solide malgré la hausse des dépenses. Le club provisionne 230 000 livres pour la reconstruction de la tribune de Goodison Road, tout en maintenant des réserves destinées aux transferts. Sharp explique aux actionnaires que la direction ne cherche pas à dégager un profit pour lui-même, mais à adapter les installations aux moyens et aux ambitions du club[15].

Cette politique s'inscrit dans la continuité de la modernisation menée depuis l'arrivée de John Moores. La nouvelle tribune, dont le coût final dépasse les premières estimations, permet de porter considérablement la capacité assise de Goodison Park[11].

Champion d'Angleterre en 1970

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La saison 1969-1970 constitue le sommet sportif de la présidence de Sharp. L'équipe de Harry Catterick, articulée notamment autour de Alan Ball, Howard Kendall et Colin Harvey, remporte le championnat d'Angleterre et termine nettement devant ses poursuivants.

L'Everton FC Heritage Society identifie explicitement Jack Sharp comme président lors de ce titre[1]. Dans son rapport annuel publié en juillet 1970, Sharp rend hommage à Catterick, dont il souligne la capacité à maintenir l'équipe en tête malgré les absences successives de plusieurs joueurs importants. Il attribue le succès final à la qualité et à la détermination de l'équipe plutôt qu'aux défaillances de ses concurrents[15].

Le même rapport montre que le titre a des conséquences économiques positives : les recettes provenant des matches de championnat progressent malgré une saison moins lucrative en Coupe d'Angleterre. Sharp souligne parallèlement le maintien d'une politique ambitieuse en matière d'infrastructures et de recrutement[15].

En février 1970, il intervient également publiquement dans le débat sur la retransmission télévisée des rencontres. Everton refuse la diffusion programmée d'un match à domicile contre Arsenal, estimant avoir déjà été trop exposé à la télévision pendant la saison. Sharp précise cependant qu'il ne s'agit ni d'une interdiction générale des caméras à Goodison Park ni d'une opposition de principe à la télévision, mais d'une volonté de répartir plus équitablement les retransmissions entre les clubs[16].

Retour au rôle d'administrateur

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Après le titre de champion, Everton réorganise une nouvelle fois son conseil. L'assemblée générale annuelle se tient le 3 août 1970. Le lendemain, la presse annonce l'élection de George Watts comme président en remplacement de Sharp, lequel occupait la fonction depuis trois ans[11].

Sharp ne quitte pas pour autant la direction du club. Réélu comme administrateur, il continue à siéger au conseil pendant les présidences successives de George Watts, John Moores, Alan Waterworth, Bill Scott puis Philip Carter. Les listes annuelles du conseil le montrent présent de manière continue durant toute la décennie 1970[5].

Cette longévité lui permet de traverser plusieurs changements majeurs dans l'administration d'Everton sans rechercher de nouveau la présidence. Elle prolonge aussi une continuité familiale commencée lorsque son père avait rejoint le conseil en 1922.

Mort et héritage

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Jack Sharp meurt au printemps 1979. L'Everton FC Heritage Society donne cette période sans préciser le jour exact[1]. Les relevés du conseil d'administration apportent une borne supplémentaire : il figure encore parmi les administrateurs jusqu'en mars 1979, tandis que David Newton apparaît à sa place à partir d'avril[5]. Faute de nécrologie ou d'acte de décès identifié dans les sources consultées, une date plus précise n'est pas retenue.

Sa mort met fin à plus d'un demi-siècle d'association presque continue entre la famille Sharp et la direction d'Everton. Son père avait siégé de 1922 à sa mort en 1938, puis Jack Jr. de 1946 à 1979. L'Everton FC Heritage Society évalue cette continuité familiale à près de soixante années de service au club[1].

Après le décès de Sharp, le président Philip Carter approche David Dunkley, petit-fils de Jack Sharp père, afin d'envisager une nouvelle présence familiale au conseil. Dunkley décline cependant la proposition en raison de ses responsabilités administratives au Lancashire County Cricket Club[1].

L'entreprise Jack Sharp Ltd. reste quant à elle contrôlée par la famille après la mort de Jack Jr. Elle poursuit son activité à Liverpool jusqu'à son rachat par JJB Sports en 1988, après quoi l'enseigne historique disparaît progressivement[1].

Place dans l'histoire d'Everton

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La carrière de Jack Sharp se distingue par sa durée davantage que par une présidence prolongée. Il siège au conseil pendant environ trente-trois ans, de 1946 à 1979, et connaît successivement la difficile reconstruction d'après-guerre, la relégation de 1951, le retour dans l'élite, la transformation financière conduite par John Moores et l'une des périodes sportives les plus brillantes du club sous Harry Catterick.

Son parcours présente aussi une continuité particulière avec celui de son père. Jack Sharp père avait été joueur, capitaine, international et administrateur d'Everton ; son fils n'est pas footballeur professionnel, mais prolonge cette présence par le commerce sportif, le recrutement, l'administration et enfin la présidence. L'entreprise familiale fournit en outre directement le club en équipements pendant une partie de cette période[3].

Sa présidence de 1967 à 1970 coïncide avec la dernière phase de l'Everton de Catterick à son sommet : finaliste de la FA Cup en 1968 puis champion d'Angleterre en 1970. Elle accompagne en parallèle la transformation matérielle de Goodison Park avec la reconstruction de la tribune de Goodison Road.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Rob Sawyer, « Jack O' Both Sides – The Life and Times of Jack Sharp (1878-1938) », sur Everton FC Heritage Society, (consulté le )
  2. 1 2 3 (en) « A director of Everton directors », Liverpool Echo and Evening Express,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 (en) « Everton v Liverpool programme » [PDF] (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) « Directors make their choice », Liverpool Daily Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 (en) « Chairmen and Board Members of Everton Football Club » [PDF], sur Everton FC Heritage Society (consulté le )
  6. ↑ (en) « Fielding, Alfred 'Wally' », sur Everton Encyclopedia (consulté le )
  7. ↑ (en) « September 1948 », sur Blue Correspondent (consulté le )
  8. ↑ (en) « May 1946 », sur Blue Correspondent (consulté le )
  9. ↑ (en) « October 1946 », sur Blue Correspondent (consulté le )
  10. ↑ (en) « Everton directors held a board meeting », Liverpool Echo and Evening Express,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 3 (en) « Everton new chairman », Liverpool Echo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ (en) « 1968 FA Cup Final: West Brom vs Everton » (consulté le )
  13. ↑ (en) « From Kirkby Boys to Colwyn Bay; via Catterick's Everton and a trip to Keflavik! », sur Everton FC Heritage Society (consulté le )
  14. ↑ (en) « March 1970 », sur Blue Correspondent (consulté le )
  15. 1 2 3 (en) Mike Charters, « Early F.A. Cup exit cuts Everton's profit », Liverpool Echo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ (en) Mike Charters, « Everton ban cameras », Liverpool Echo,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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Articles connexes

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