Louis Dreyfus (homme de médias)
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Françoise Fabre-Luce (d) |
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French-American Foundation HEC Alumni (d) Terra Nova |
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Louis Dreyfus, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est le président du directoire du Groupe Le Monde.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Il est le fils de l’avocat et homme politique rocardien Tony Dreyfus et, par sa mère, l’avocate Françoise Fabre-Luce[1], petit-fils du journaliste et écrivain Alfred Fabre-Luce .
Formation
[modifier | modifier le code]Après des études secondaires au lycée Henri-IV (1988), il intègre HEC (École des hautes études commerciales) de Paris (1993)[2]. Il est ancien élève de la London School of Economics (année 1993)[3].
Carrière
[modifier | modifier le code]Hachette Filipacchi (1993-1999)
[modifier | modifier le code]Il commence sa vie professionnelle au sein de la branche américaine d’Hachette Filipacchi, à New-York. Il participe notamment au lancement de George, le magazine de John Kennedy Jr, à l’acquisition du magazine Mirabella et à la reprise de l’édition américaine de la revue de cinéma Première[4]. De 1995 à 1999, il est correspondant à New York de l’édition française de Première pour laquelle il écrit des portraits et des reportages[5].
Le Groupe La Provence (1999-2001)
[modifier | modifier le code]Louis Dreyfus est directeur financier du groupe La Provence de 1999 à 2001. Sous son égide, est créé l’hebdomadaire régional Marseille l’Hebdo. En 2000, l’édition corse de La Provence, La Corse, et le quotidien Corse-Matin fusionnent[4].
Libération (2001-2006)
[modifier | modifier le code]En 2001, il rejoint le quotidien national Libération dont il est d’abord directeur financier et du développement, puis directeur général et co-gérant aux côtés du fondateur du journal, Serge July. Après l’arrivée d’Édouard de Rothschild dans le capital du quotidien, Louis Dreyfus quitte Libération en 2006.
Nouvel Obs (2006-2008)
[modifier | modifier le code]En 2006, Louis Dreyfus est directeur général adjoint puis directeur général de l’hebdomadaire le Nouvel Obs (filiale du groupe Le Monde depuis 2014). Il soutient et lance des initiatives de diversification. Ainsi, le site internet nouvelobs.com, fondé par le journaliste Patrick Fiole, devient en 2007, l'un des principaux sites d'information généraliste français[6]. Il démissionne en 2008, à l’arrivée de Denis Olivennes, nommé à la tête de l’hebdomadaire par son fondateur et propriétaire Claude Perdriel[7].
Les Inrocks (2009-2010)
[modifier | modifier le code]En , Louis Dreyfus organise l’acquisition du magazine Les Inrocks pour le compte du banquier Matthieu Pigasse. En tant qu’administrateur, puis directeur général, il élabore la mise en place d’une nouvelle formule, et la bascule – sous l’impulsion de Bernard Zekri – de ce titre culturel et rock vers un magazine plus généraliste[8],[9]. En 2010, Louis Dreyfus quitte la direction des Inrocks pour prendre la présidence du directoire du Monde.
Groupe Le Monde (depuis 2010)
[modifier | modifier le code]Bras droit de Matthieu Pigasse, il devient président du directoire du journal Le Monde en [10]. Il gagne 225 000 euros dans ses fonctions, selon la journaliste Odile Benyahia-Kouider[11] ; elle explique que l'une de ses premières décisions a été de « séparer les fonctions managériales et éditoriales » à la tête du quotidien.
Louis Dreyfus annonce son plan de transformation : le groupe, doté d’un actionnariat majoritaire, sera adossé à un pôle d’indépendance qui regroupera lecteurs et salariés, et à un comité d’éthique et de déontologie indépendant[12].
Le 23 avril 2024, Xavier Niel cède sa holding NJJ Presse, qui détenait la majorité du capital du groupe, au Fonds pour l'indépendance de la presse, une structure à but non lucratif créée en 2021, destinée à rendre le capital d'un groupe de presse incessible afin d'en garant l'indépendance capitalistique et éditoriale. Cette cession, effectuée pour la somme symbolique d'un euro, fait du Fonds le premier actionnaire du groupe, devant le Pôle d'indépendance du Groupe Le Monde[13].
Sous sa direction, le groupe signe un accord pluriannuel avec OpenAI en mars 2024, une première pour un média français, suivi d'un partenariat avec Perplexity AI en mai 2025, puis un troisième avec Meta. Le groupe reverse 25% des revenus tirés de ces licences à ses journalistes[14].
Début 2026, le groupe revendique 680 000 abonnés, dont 580 000 en numérique, en hausse de 3% sur un an[15].
Achat de l’Obs
[modifier | modifier le code]Le trio actionnaire du Monde, Bergé-Niel-Pigasse, rachète le Nouvel Obs, en 2014. Louis Dreyfus revient à la tête de l’hebdomadaire[16],[17].
À l'été 2019, un conflit actionnarial[18] oppose Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky à Louis Dreyfus et Xavier Niel. Selon Libération, Pigasse refuse de verser 2,5 millions à l'Obs ; Louis Dreyfus aurait alors menacé de placer l'hebdomadaire en cessation de paiements[19]. En , La Lettre A révèle que Louis Dreyfus n'est pas parvenu à redresser l'Obs, dont il est vice-président ; sa dette a nettement augmenté. L'hebdomadaire est « un caillou dans sa chaussure », précise la publication[20].
Critiques
[modifier | modifier le code]En 2013, il est critiqué pour avoir joué les « hommes sandwich »[21] dans une publicité, sur le site de mode Milk, pour une marque de chaussures[22]. Pour Daniel Schneidermann, « la pathétique transformation du directeur du Monde en homme-sandwich ne serait qu’anecdotique si elle ne marquait pas une étape symbolique dans l’asservissement accéléré aux exigences de la pub d’une presse en panique[23] ». La Société des rédacteurs du Monde, dans un communiqué interne de , déplore cette entorse aux convenances du Monde, regrettant « l’épisode Berluti qui a porté atteinte à l’image du journal » : « Louis Dreyfus s’était laissé aller à jouer les mannequins avec son jeune fils dans une publicité pour la fameuse marque de chaussures »[24],[22].
En 2018, il est accusé d'un mélange des genres : Le Monde consacre un article élogieux à Sciences-Po Lille, sans préciser que le président du conseil d'administration de l'école n'était autre que Louis Dreyfus, président du directoire du Monde[25].
Dans son livre Le Monde libre, l'ancienne directrice adjointe de L’Obs, Aude Lancelin, brosse le portrait de Louis Dreyfus sous le sobriquet de « factotum »[26]. Elle le décrit comme « un personnage brutal qui était l'épouvantail des actionnaires[27] ». Dans son pamphlet Crépuscule, l'avocat Juan Branco brosse le portrait de Louis Dreyfus : il le décrit comme « l'homme de main de Xavier Niel, chargé non pas de censurer ou de faire dire directement, mais de recruter et de licencier, promouvoir et sanctionner » les journalistes « des plus prestigieuses rédactions de Paris »[28].
Vie personnelle
[modifier | modifier le code]Il est l'ex-compagnon de Camille Kouchner[29]. Sa sœur est l'écrivaine Pauline Dreyfus[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 « Biographie Louis Dreyfus », sur gala.fr.
- ↑ « HEC Alumni », sur hecalumni.fr (consulté le ).
- ↑ « Le CV de Louis Dreyfus », sur Challenges, (consulté le )
- 1 2 « Actualités. Portraits. À la barre des médias », Hommes et Commerce, , p. 24
- ↑ « « Louis Dreyfus, directeur du quotidien le Monde : « Un journal indépendant, c’est d’abord un journal rentable » », L'Echo (Entreprises), , p. 22
- ↑ « titre à venir », Union Presse, no 307, , p. 18-19
- ↑ « “Le risque de L'Obs, c'est la somnolence” », sur L'Obs (consulté le ).
- ↑ « LES INROCKS – INTERVIEW DE LOUIS DREYFUS DG DE LA PUBLICATION », sur L'ADN, (consulté le ).
- ↑ « titre à venir », Union Presse, no 339,
- ↑ « Louis Dreyfus à la tête du Monde », sur Electron Libre, (version du sur archive.org).
- ↑ Odile Benyahia-Kouider, Un si petit Monde, Paris, Fayard, , 288 p. (ISBN 2213662258, lire en ligne), chapitre 15
- ↑ « Table ronde des éditeurs de journaux, "L'éditeur face à ses responsabilités et défis" », Tageblatt, 29-30 juin 2013, p. 11-18
- ↑ The Media Leader avec AFP, « Groupe Le Monde : Xavier Niel finalise la cession de ses parts à un fonds indépendant - The Media Leader FR », (consulté le )
- ↑ Louis Dreyfus et Jérôme Fenoglio, « Intelligence artificielle : un nouvel accord de partenariat, entre « Le Monde » et Perplexity », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le rapport institutionnel 2026 du groupe Le Monde », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Claude Perdriel : « Je transmets l'œuvre de ma vie à des gens qui vont la défendre, c'est ma consolation » », sur Les Echos, (consulté le ).
- ↑ « « Nouvel Obs » : les coulisses d’une vente », sur Les Echos, (consulté le ).
- ↑ « Louis Dreyfus: «Le Monde» traverse une crise d'actionnaires» », sur letemps.ch, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Lefilliâtre, « «L’Obs» : entre eux, Niel, Pigasse et Kretinsky y vont cash », sur Libération, (version du sur archive.org).
- ↑ « L'Obs, éternel caillou dans la chaussure de Louis Dreyfus », sur lettrea.fr, .
- ↑ Daniel Schneidermann, « Louis Dreyfus, patron-sandwich du Monde », Le Nouvel Obs, (version du sur archive.org).
- 1 2 Gilles Klein, « Le patron du Monde et son fils, mannequins de luxe »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ). - ↑ Daniel Schneidermann, « Louis Dreyfus, patron-sandwich du Monde »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ). - ↑ Alain Louyot, « Le Monde tourne toujours », The Good Life, , p. 12
- ↑ Manuel Vicuña, « Le cri d'amour du Monde pour Sciences-Po Lille, où siège le boss... du Monde »
, sur Arrêt sur images (consulté le ). - ↑ Jérôme Lefilliâtre —, « «Le Monde libre», direct du gauche »
, Libération, . - ↑ Aude Lancelin, Le Monde Libre, Paris, Éditions Les Liens qui libèrent, , 240 p. (ISBN 979-10-209-0460-7, lire en ligne)
- ↑ Juan Branco, Crépuscule, Paris, Au Diable Vauvert, , 312 pages (ISBN 979-1030702606, lire en ligne), pages 10 et 41
- ↑ « Affaires de (grande) famille - Par Daniel Schneidermann | Arrêt sur images », sur arretsurimages.net (consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Naissance en décembre 1970
- Naissance à Boulogne-Billancourt
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