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Standard (film, 1989)

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Standard
Réalisation Jorge Luis Acha
Scénario Jorge Luis Acha
Musique Guillermo Silveira
Acteurs principaux Libertad Leblanc
Juan Palomino
Jorge Diez
Miguel Oliveira
Amir Benroa
Pays de production Drapeau de l'Argentine Argentine
Genre Expérimental
Durée 85 minutes
Sortie 1989

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Standard est un film expérimental argentin réalisé par Jorge Luis Acha en 1989 sur son propre scénario, n'ayant jamais fait l'objet d'une distribution commerciale en salles.

Fiche technique

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Synopsis et analyse conceptuelle

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Standard est un film allégorique sur les mythologies politiques argentines et la crise idéologique déclenchée par la mort de Juan Domingo Perón en 1974[1]. Le point de départ du récit est le projet monumental conçu par le ministre du Bien-être social de l'époque, José López Rega : l'Altar de la Patria (Autel de la Patrie), un mausolée destiné à abriter les figures transcendantales de l'imaginaire collectif et à inculquer une « métaphysique » de l'identité argentine[1],[2].

Acha déconstruit ce mythe en représentant un groupe de maçons travaillant à la construction puis au délabrement du monument sur un terrain vague[3]. La narration met en tension le travail des ouvriers et le codage réactionnaire du projet : bien qu'ils soient représentés de manière allégorique sous forme de fourmis destinées à bâtir anonymement la grandeur de la nation, leurs actions quotidiennes désarticulent cette mission architecturale, suggérant l'impossibilité historique d'un projet national autoritaire qui ne laisse aucune place à la dissidence[1].

Le critique Roger Koza souligne que le film fonctionne comme une satire de l'histoire officielle, utilisant la vedette de cinéma populaire Libertad Leblanc comme une allégorie kitsch de la patrie[4]. De même, le montage articule une série de signes et d'icônes visuels et sonores : des illustrations du magazine enfantin Billiken, de la statuaire néoclassique et des gros plans récurrents de fourmis comme métaphore du travail anonyme et de l'organisation collective[2],[4],[1].

La chercheuse Magalí Mariano interprète la figure incarnée par Libertad Leblanc comme l'Anima ou l'archétype de la séduction collective, traversant des épiphanies allant de la Marianne à La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix, dans une fonction iconique similaire à celle que le réalisateur allemand Werner Schroeter lui a attribuée dans son documentaire De l'Argentine (1986)[5]. Son exégèse confronte cet entrelacement archétypal à l'essai La Vie des fourmis de Maurice Maeterlinck, établissant une analogie selon laquelle la communauté ouvrière fonctionne comme une fourmilière adoptant pour son panthéon national une « reine de substitution » d'une autre espèce — une divinité blonde et blanche —, conduisant à l'égarement culturel, à la désacralisation et à la ruine de la communauté elle-même[5].

Distribution

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Standard », Viennale (consulté le )
  2. 1 2 (es) « Standard », Universidad Gastón Dachary (consulté le )
  3. ↑ Raúl Manrupe et María Alejandra Portela, Un diccionario de films argentinos (1930-1995), Buenos Aires, Editorial Corregidor, , 548 p. (ISBN 950-05-0896-6)
  4. 1 2 (es) Roger Koza, « Las películas secretas (59): Standard », sur Con los ojos abiertos, (consulté le )
  5. 1 2 (es) Gustavo Bernstein, « Taxonomía de un sudaca », sur Hacerse la crítica, (consulté le )

Bibliographie

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  • Gustavo Bernstein, Jorge Acha: una eztetyka sudaka, Buenos Aires, Ítaca Ediciones, (ISBN 978-987-45493-5-8)
  • Raúl Manrupe et María Alejandra Portela, Un diccionario de films argentinos (1930-1995), Buenos Aires, Editorial Corregidor, (ISBN 950-05-0896-6)

Liens externes

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