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A Room of One’s Own

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A Room of One's Own is an extended essay by Virginia Woolf. First published on the 24th of October, 1929, the essay was based on a series of lectures she delivered at Newnham College and Girton College, two women's colleges at Cambridge University in October 1928. While this extended essay in fact employs a fictional narrator and narrative to explore women both as writers and characters in fiction, the manuscript for the delivery of the series of lectures, titled Women and Fiction, and hence the essay, are considered nonfiction. The essay is seen as a feminist text, and is noted in its argument for both a literal and figural space for women writers within a literary tradition dominated by patriarchy.

112 pages, Paperback

First published October 24, 1929

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About the author

Virginia Woolf

2,108 books30.7k followers
(Adeline) Virginia Woolf was an English novelist and essayist regarded as one of the foremost modernist literary figures of the twentieth century.

During the interwar period, Woolf was a significant figure in London literary society and a member of the Bloomsbury Group. Her most famous works include the novels Mrs. Dalloway (1925), To the Lighthouse (1927), and Orlando (1928), and the book-length essay A Room of One's Own (1929) with its famous dictum, "a woman must have money and a room of her own if she is to write fiction."

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2 stars
8,281 (2%)
1 star
2,640 (<1%)
Displaying 1 - 30 of 487 reviews
Profile Image for Camille .
305 reviews191 followers
March 15, 2015
Je vais vous raconter ce que disait de moi un de mes ex, du temps maudit où on vivait ensemble. Il disait aux autres, sans doute qu'il trouvait ça drôle : "Ça m'arrive souvent de rentrer à la maison et de trouver Camille au lit avec un autre homme". L'autre homme, évidemment, c'était un livre, ou plutôt un livre écrit par un homme. Car mes amants littéraires étaient multiples à l'époque, et ils venaient de tous horizons : il y avait surtout Gabriel Garcia Marquez et Salman Rushdie, Alejo Carpentier, Jacques Stephen Alexis, Chinua Achebe, Sony Labou Tansi... C'était aussi une époque où je lisais pas mal de classiques français, Flaubert, Balzac, Zola, Maupassant... Camus, Sartre, Tournier... Mes amants étaient en papier. Ils étaient plus vieux, plus chauves, souvent plus bedonnants, certains portaient d'étonnantes moustaches. C'étaient tous des hommes, et ils ne me ressemblaient pas, mais ils étaient tout le temps à côté de moi.

Quand il sortait sa blague sur les hommes dans mon lit, je la trouvais plutôt juste et je ne la remettais pas en question. A priori, il ne lui était pas venu à l'esprit, ni à moi d'ailleurs, que je puisse avoir des tendances littéraires saphiques. C'est cette année-là que j'ai découvert Virginie Despentes, Christa Wolf ou Monique Wittig. J'ai tout détesté, certainement par préjugé, et peut-être même par principe. Oui j'aimais encore certaines auteures bien sûr, Woolf en tête d'ailleurs... Mais elles partaient avec un handicap, de base : leur sexe et leur genre.

Car, bien malgré moi, je suis une misogyne littéraire... Qu'est-ce que j'y peux ? On me le met dans le crâne depuis si longtemps. De toute l'époque où j'ai été élève, au lycée, puis en hypokhâgne/khâgne, puis à la fac, on ne m'a mis dans les mains, globalement, que Madame de Sévigné et Madame de Lafayette (Sarraute aussi, par une prof dissidente en licence, elle était formidable, elle organisait des pauses cigarette et ressemblait à Patti Smith).
De toute l'époque où j'ai à mon tour été prof, les programmes ne m'ont jamais donné l'espace de faire étudier des femmes à mes élèves. Ces deux dernières années, on dirait que les programmateurs du bac littérature terminale font des efforts, puisqu'ils daignent mettre des homosexuels au programme (Pasolini et Gide en ce moment) ; mais on ne nous laisse pas oublier le magnifique recueil d'Eluard extrêmement misogyne qui était encore au programme l'année dernière.

Alors, est-ce qu'on peut s'étonner si nos élèves disent, proclament, et assument, ne pas aimer les femmes auteures ? C'est le modèle qu'on leur donne à tous et à toutes, tout le temps. Les hommes écrivent les grands livres. Ce sont les femmes qui les liront, par faiblesse. C'est pour ça que les filières littéraires au lycée sont majoritairement peuplées de filles. Ces filles, on les encouragera à tenter des carrières scientifiques, tout le temps, et partout (publicités, articles de journaux, bourses...) En revanche, on n'encouragera pas les garçons à tenter une filière littéraire. Parce que c'est pas sérieux, et un peu nul. Laissons ça aux filles.

Je suis contente d'avoir enfin ouvert Une chambre à soi, de Virginia Woolf, que je voulais lire depuis si longtemps. Nous avons tous besoin de lire des essais sur les femmes en littérature, et les questions qu'elle aborde tour à tour sont extrêmement intéressantes et intelligentes.
Pourquoi la femme a-t-elle si peu de place dans l'Histoire, mais les personnages féminins ont une grande importance dans la littérature ? Comment ces grands personnages féminins sont-ils toujours créés et perçus par des hommes, et ce que ça change ? En vertu de quelle différence les femmes n'écrivent-elles pas ? En quoi l'écriture féminine peut-être être jugée différente de l'écriture masculine ?

J'ai aimé la forme de ce petit livre, facile et agréable à lire. J'ai aimé aussi découvrir une autre Virginia Woolf que celle de la fiction littéraire, entendre sa propre voix. C'était comme la découvrir mieux. Je ne suis pas d'accord avec tout bien sûr, question d'époque de la publication. Mais j'ai découvert de nouvelles considérations, et j'ai vraiment envie de me plonger dans la littérature anglaise féminine, maintenant ! A bientôt, George Eliott, Charlotte Brontë et Jane Austen..
Profile Image for Tara.
312 reviews388 followers
June 7, 2021
4.5 j'avais vraiment l'impression de ne pas avoir les braincells nécessaires pour tout comprendre par moment mais c'était vraiment trop intéressant de suivre sa reflexion
Profile Image for Sarah.
257 reviews25 followers
December 31, 2016
J'avais un gros a priori sur la traduction de Marie Darrieussecq. D'abord parce qu'elle changeait le titre, ensuite parce que l'éditeur a trouvé que le fait méritait un bandeau "Nouvelle traduction de Marie Darrieussecq" au-dessus du nom de l'auteur, et de la même taille que le titre de l'ouvrage. Enfin parce qu'il y a eu un certain battage médiatique autour de la sortie de cette traduction et que les médias font souvent beaucoup de bruit pour rien.

Mais le ton du prologue de Marie Darrieussecq m'a plu. Elle y enfonce peut-être des portes ouvertes pour les gens qui s'intéressent à la traduction mais les explications et le contexte qu'elle donne à sa démarche m'ont convaincue.

Quand à l'essai de Virginia Woolf, il est superbe. Sa construction est à la fois logique et légère, comme si l'on suivait la pensée en train de se former (tout en sachant parfaitement où elle va). On sent partout l'humour de l'autrice (mot choisie par la traductrice), un vrai humour anglais absolument délicieux (la promenade à "Oxbridge" du début m'a totalement séduite).
Son visage exprimait l'horreur et l'indignation. L'instinct, plus que la raison, me vint en aide ; c'était un Surveillant ; j'étais une femme. Ça c'était la pelouse ; ça c'était l'allée. Seuls les Professeurs et les Étudiants sont autorisés ici ; le gravier est pour moi.

C'est un ouvrage réussi sur la littérature puisqu'il donne envie de se plonger dans les romans de Jane Austen et des sœurs Brontë, mais aussi dans la poésie de Coleridge ou de Keats. Quand elle commente ses lectures, je me dis qu'il est bien dommage que Virginia ne soit pas mon amie sur Goodread. Je me précipiterai sur ses commentaires, je dévorerais chacune de ses critiques.
C'est un ouvrage réussi sur la place des femmes dans la littérature (et dans la société) puisque son propos est clair. Pour écrire, il faut du temps libre, et ce temps libre ne peut s'obtenir qu'à deux conditions:
1/ si l'argent n'est pas un problème (pas la richesse, simplement de quoi vivre correctement sans s'épuiser au travail) ;
2/ si l'on a un lieu à soi, tranquille, sans de constantes interruptions (et, là, en tant que freelance qui travaille à la maison, je la comprends, je l'approuve... je veux un bureau !)

Là où j'ai eu plus de mal à la suivre, c'est dans la dernière partie, sur l'écriture des hommes et l'écriture des femmes et le côté féminin et le côté masculin de chaque individu. Elle précise bien "[qu']il serait bon d'évaluer ce que l'on veut dire par masculin-féminin, et réciproquement par féminin-masculin" et "[qu']il n'y a jamais eu d'époque plus bruyamment consciente de la différence des sexes que la nôtre" mais je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'elle veut dire là. J'ai par contre beaucoup aimé sa conclusion, un superbe encouragement à l'écriture.

Bref, je ne suis toujours pas convaincue par la couverture et son portrait mélancolique de l'autrice sur fond rose pour un essai féministe à l'énergie incroyable, mais je suis contente de ne pas m'être laissée rebuter car c'est une lecture réellement enrichissante, que je reprendrai peut-être un jour, dans la version originale cette fois.
Profile Image for clara ✧・゚.
297 reviews511 followers
November 12, 2023
"La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle. Et les femmes ont toujours été pauvres, et cela non seulement depuis deux cents ans, mais depuis le commencement des temps. [...] Les femmes n'ont donc pas eu la moindre chance de pouvoir écrire des poèmes."


c'est la toute première fois que je lis du Virginia Woolf. j'ai découvert un essai frappant, éloquent et crucial lorsque l'on s'intéresse un tant soit peu au féminisme. l'autrice nous offre une belle réflexion sur la place des femmes en littérature, elle lie cela à des questions de classe, le tout avec une petite touche d'humour que j'ai personnellement beaucoup appréciée !
Profile Image for Héloïse Aurore.
32 reviews10 followers
February 11, 2026
il y a des livres pour lesquels on attend le bon moment, parfois cette attente dure des années, et lorsqu'il arrive enfin, par chance les mots ne déçoivent pas, ils sont aussi puissants que tout ce qu'on espérait qu'ils soient.
Profile Image for Karine Mon coin lecture.
1,766 reviews321 followers
May 26, 2024
Un essai féministe de 1929... intéressant non? Et pour moi, ça l'a clairement été. J'aime les digressions de Virginia Woolf, sa façon de nous balader autour du propos. Plusieurs propos sur les femmes et la littérature sont encore fort valides à l'heure actuelle et il est assez incroyable de voir que certaines revendications sont encore d'actualité.

Certes, nous ne sommes pas dans le féminisme intersectionnel. Mais j'aime toujours autant lire ces écrits plus anciens pour voir tout le chemin parcouru.
Profile Image for ReadingwithSassy.
162 reviews6 followers
April 8, 2021
2,5/5 J'ai apprécié les principes abordés dans ce livre mais honnêtement je n'ai pas tout compris je sais pas si cela vient de la traduction mais je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus fluide...
Profile Image for esra.
114 reviews
November 1, 2022
Je pense que tout le monde doit lire se livre au moins une fois dans ça vie. J’ai annoté à peu près chaque page, ce livre est devenu l’un de mes livres préféré et je veux lire les autres livres de l’auteure!!
Profile Image for Raph Cc.
27 reviews2 followers
August 9, 2026
Œuvre intéressante et qui mérite d'exister, mais que je n'ai pas (du tout) apprécié lire.
Mais je reconnais vraiment que ça peut être intéressant et que si sa lecture ne m'avait pas été imposée alors mon approche aurait probablement été différente.
45 reviews3 followers
March 16, 2026
Chers amis, ne vous fiez pas au temps que ça m’a pris de lire cette brique de 150 pages. J’apprécie sa lucidité et son avant-gardisme. Attention: à ne pas lire avant de se coucher après une grosse journée pour éviter son puissant effet soporifique.
Profile Image for chacha.
133 reviews25 followers
May 14, 2021
Je conseillerais à tout le monde de lire la traduction de Darrieussecq plutôt que celle de Malraux (première traduction que jai lue de ce texte), il y a toute une réflexion féministe derrière et on le sent dans la traduction, de plus les notes aident beaucoup à comprendre le contexte et les références du texte de Woolf
Profile Image for Moka Aumilieudeslivres.
618 reviews37 followers
April 1, 2023
"Donc quand je vous demande de gagner de l'argent et d'avoir une chambre à vous, je vous demande de vivre en prise avec le réel et de mener une existence revigorante, qu'elle puisse ou non être partagée. "
Profile Image for Albertine.
10 reviews1 follower
December 24, 2024
Ça m’a pris un chapitre complet pour m’habituer à l’écriture de Virginia Woolf. Tellement imaginaire et cérébral! Après le premier chapitre, j’ai été complètement absorbée par ses réflexions. Une chambre à soi m’a ouvert les yeux sur la réalité des femmes au XIXe siècle, particulièrement celles qui écrivent, et m’a apporté de nouvelles réflexions sur les différents genres et comment iels écrivent.
Je recommande!
Profile Image for VoyagedeFumiko .
192 reviews8 followers
January 8, 2024
“La femme et ses entrailles sont la propriété de l’homme“*, “L’infériorité mentale, morale et physique du sexe féminin“, “La meilleure des étudiantes était intellectuellement inférieure au moins bon des garçons”**

Voilà le contexte dans lequel nos ainées ont évolué et crée. Alors quand, en 1928, on demande à Virginia Woolf de donner des conférences sur les femmes et la littérature, elle reste dubitative. Sous quel angle aborder le sujet ? Les premiers chapitres d’“Une chambre à soi“, issus de ces conférences, sont dédiés à sa perplexité. Pour elle, ce sujet ne peut être abordé tant que la problématique des moyens matériels et financiers n’a pas été déchiffrée. “Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction“.

Jusqu’à peu, la littérature était écrite par les hommes pour les hommes. Ils parlaient à notre place, et en parlaient mal. Les personnages féminins ne montraient aucune complexité, tenaient toujours le même rôle et étaient définies uniquement en fonction de leurs rapports avec les hommes. Elles n’avaient qu’à prendre leur plume et écrire, me direz-vous. Mais comment créer dans une pièce commune, où marmots, famille et visiteurs se succèdent ? Quand celles qui s’y sont tentées sont ridiculisées publiquement ? Quand on intègre soi-même que nous n’en sommes pas capables ? “Sans confiance en nous, nous sommes comme des bébés au berceau.“

Cet affranchissement ne peut être accompli sans indépendance financière. Une réalité qui a bien évolué depuis 1920, mais qui reste d’actualité. L’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte avant 2234, affirme un rapport du Forum économique mondial.

Dans tous les cas, Une chambre à soi de cette grande écrivaine féministe est un essai à prescrire sans retenue aux plus sceptiques !
Profile Image for Cecilebe.
85 reviews15 followers
December 8, 2015
Un essai drôlement construit : comme une fiction. Une femme prépare une intervention à l'Université sur les femmes et le roman, elle se promène, réfléchit, lit en bibliothèque, note des phrases ça et là, explore et expose son raisonnement, s'énerve etc. J'ai beaucoup aimé cette façon, jamais encore lue, de formuler un essai. C'est assez fin. J'aime beaucoup aussi l'écriture métaphorique de Woolf, elle est très forte pour comparer des faits à des images assez poétiques. Ce qu'elle dit ? Que les femme ont besoin de choses matérielles pour être libre de créer : de l'argent et une chambre à soi. Elle constate avec regret que beaucoup d'auteures ont laissé la colère et la frustration (de ne pas être reconnues et entendues par la gent masculine - on lit d'ailleurs des phrases assez choquantes d'auteur masculin) gagner leur écriture. Elle livre ici des conseils : écrire avec recul et tenter d'être sage, regarder la réalité, être sincère, être soi, écrire sur tout et même n'importe quoi. J'ai apprécié ses tentatives de placer l'homme et la femme sur le même pied d'égalité, de dire qu'en chacun des hommes il y a une part d'esprit de femme et vice versa. Elle ne cherche pas à établir les différences existant entre les deux sexes, elle dit simplement le vrai : que les femmes ne partent pas avec les mêmes chances et les mêmes libertés que les hommes. Ce qui est malheureusement encore le cas aujourd'hui.
Profile Image for Mascha.
177 reviews
January 14, 2021
Ma courte lecture d'hier : Une chambre à soi de Virginia Woolf. Un essai féministe, paru en 1929, sur la place des femmes dans les domaines artistiques, plus précisément dans la littérature britannique. Essai qui n'a pas pris une ride puisque l'autrice a bien compris ce que serait la situation des femmes écrivaines cent ans plus tard (notre époque à dix ans près donc). Je peux dire qu'elle ne s'est pas trompée.

Je pense sincèrement que toutes les femmes devraient lire ce texte au cours de leur vie, même s'il touchera probablement plus celles qui se sentent créatives.

Pour citer wikipedia : "Ce texte est considéré comme tenant une place importante dans l'histoire du féminisme. Il figure à la 69e place sur la liste des cent livres du siècle publiée par Le Monde en 1999. Le Guardian le classe en 2016 parmi les 100 meilleurs livres de non-fiction."

Et puis, ça se lit en 1h/1h30 à peine! 😉
Profile Image for Loïs.
97 reviews4 followers
January 11, 2026
Une lecture crecendo. J'ai eu du mal à rentrer dedans, le premier chapitre ne m'a pas spécialement marquée contrairement au dernier qui a beaucoup résonné en moi. J'ai eu plusieurs fois l'impression de me perdre, que la structure était un peu fouillie mais peut-être est-ce dû au fait qu'il se base sur différentes conférences de Virginia Woolf ? Il n'empêche que j'ai savouré ma lecture un peu plus au fil des pages.

Tout est amené dans un contexte britannique mais le sujet dépasse largement les frontières et colle aussi bien au Royaume-Uni qu'à la France ou un autre pays. À mon sens, c'est un livre d'utilité publique à lire au moins une fois dans sa vie pour avoir des clés de compréhension sur la place des femmes dans la littérature. Il apporte un regard différent qui a sa plus-value et son intérêt.
Profile Image for Alma.
167 reviews13 followers
September 10, 2016
J'ai eu beaucoup de plaisir à lire cet essai mordant qui a été écrit par l'auteur dans le cadre d'une conférence sur le féminisme, et qui retraçe l'histoire de toutes ces femmes qui ont lutté pour écrire. Virginia Woolf revendique que pour pouvoir écrire, les femmes doivent avoir d'une part une chambre à soi pour disposer de leur liberté ainsi qu'une indépendance économique, bref ce fut un bel appel à l'autonomie des femmes écrivains, sujet toujours d'actualité!
Profile Image for Laure.
8 reviews
January 29, 2020
Époustouflant, sensible, tristement moderne, un classique du féminisme à lire absolument.
Profile Image for Bouh.
153 reviews
September 10, 2022
Une lecture enrichissante autour d'un sujet important : les femmes et la fiction.

Le livre date de 1929. Il y a certes eu des avancées sociétales depuis, mais il y a tant de problèmes relevés par l'autrice qui sont encore d'actualité ! Virginia Woolf s'intéresse à ces femmes qui écrivent de la fiction, aux conditions nécessaires pour qu'elles y parviennent et aux nombreux obstacles auxquels elles font face. Elle aborde également la manière dont la femme est décrite dans la littérature, d'un point de vue masculin comme féminin. Il y a de quoi se révolter.

J'ai choisi la traduction française effectuée par Marie Darrieussecq dans l'édition folio classique. Je n'ai pas lu d'autre version pour comparer, mais j'ai beaucoup apprécié l'effort fourni sur la mienne : une préface introductive, une traduction fluide du texte, des nombreuses notes pour mieux comprendre les références, une notice et une chronologie à la fin.

Malgré toutes ces aides, j'ai trouvé le texte un peu difficile d'accès. Déjà par sa forme, c'est un mélange entre un essai et une fiction. L'autrice nous présente ses idées à travers la voix d'une narratrice imaginaire qui lui ressemble. Nous suivons donc le flot de ses pensées, de ses interrogations et de ses recherches... le tout ponctué par de nombreuses divagations. Je pense que j'aurais davantage apprécié ma lecture sans cette mise en scène, avec un texte plus concis.

Le deuxième point noir pour moi a été l'avalanche de références à propos d'auteurs ou de faits en grande majorité inconnus pour moi. Alors oui les notes permettent de s'en faire une idée, mais ça freine la lecture et même comme ça, j'ai eu l'impression de rater beaucoup de choses. Une deuxième lecture s'impose clairement, voir une analyse de l'œuvre peut-être pour en saisir toutes les nuances.

Malgré ces difficultés, je pense que l'œuvre vaut clairement la peine d'être découverte. Pour l'autrice qui est une figure importante de la littérature britannique comme pour ses réflexions pionnières en matière de féminisme. J'y ai par exemple appris que la maternité du test de Bechdel lui revenait !
Profile Image for Marion Grabagoodbook.
108 reviews9 followers
April 2, 2022
“Pour les femmes, ces difficultés matérielles étaient considérables, mais les difficultés d’ordre immatériel étaient bien pires. (...) Le monde ne leur dirait pas comme il le disait aux hommes : Écrivez si vous voulez, cela m’est complètement égal. Le monde disait en s’esclaffant : Écrire ? Mais à quoi bon ?”

Dans cet essai, l'un des livres importants qu'on découvre "toujours trop tard" selon la formule de Lauren Bastide dans sa préface, Virginia Woolf interroge le manque de visibilité des femmes dans la littérature. Ce texte, tiré de deux conférences données par l'autrice à Cambridge en 1928 sur les femmes et la littérature, est fondateur, nécessaire et puissant.
On suit les pensées de Virginia Woolf, comme si elle couchait sur papier son cheminement comme il lui est venu, mélant fiction (se faisant appeler Mary), suppositions (et si la soeur de Shakespeare avait vécu et avait eu un talent pour la poésie ?), constats et appels à la colère.
Mon seul regret est de ne pas l'avoir lu plus tôt !
Profile Image for Ariane Brosseau.
256 reviews122 followers
June 22, 2018
J’ai rencontré Virginia Woolf au tout début de ma vie littéraire parce qu’elle aimait Jane Austen et les sœurs Brontë. On était faites pour s’entendre.

Après avoir lu presque tout ce que ces dernières avaient à offrir (c’est bien le problème des autrices décédées, elles ne publient plus rien de nouveau), je me suis tournée vers Virginia presque instinctivement, mais avec une simple curiosité. Comme une élève n’ayant pas fait ses lectures au moment approprié, je suis allée me procurer A Room of One’s Own et j’ai croisé mes doigts pour qu’il y ait une troisième condition essentielle qui m’empêchait d’écrire, qui m’excusait de ne pas l’avoir fait. Fallait-il avoir du temps libre? Ne pas être impliquée dans une relation amoureuse? Ne pas vivre avec un petit quadrupède poilu pouvant crier à toute heure du jour ou de la nuit? Vivre plus d’expériences, en voyageant plus, par exemple? Il y avait forcément quelque chose.

Les trois premiers chapitres m’ont laissée sur ma faim. Ou, plutôt, les deux premiers m’ont offusquée parce que les femmes n’avaient pas accès à la bibliothèque sans être accompagnée d’un étudiant ou d’une lettre de recommandation signée, évidemment par un homme, parce qu’elles ne pouvaient pas vraiment travailler, puisqu’elles étaient souvent enceintes, parce que, selon les docteurs et les spécialistes, elles étaient inférieures, etc. et le troisième, racontant l’histoire fictive de la sœur de Shakespeare m’a semblé un peu long, mais toujours aussi frustrant, par contre, puisqu’on y rapporte les propos d’une certaine Cecil Gray tirés de A Survey of Contemporary Music: « Sir, a woman’s composing is like a dog’s walking on his hind legs. It is not done well, but you are surprised to find it done at all. » Tout au long de sa réflexion, Virginia Woolf affirme que dans cent ans, les femmes auront de meilleures conditions de vie et plus de reconnaissance et que ces arguments tomberont. A Room of One’s Own étant originalement paru en 1929, nous sommes, à onze ans près, cent ans plus tard et je confirme que la majorité de ces raisons n’ont plus lieu d’empêcher les femmes d’écrire. C’était intéressant, mais ça ne m’aidait pas.

La suite était captivante. Au cours du chapitre 4, on étudie la vie et l’œuvre d’autrices pourtant accomplies; Lady Winchilsea, Margaret of Newcastle, Jane Austen, les sœurs Brontë (malgré qu’Anne soit encore et toujours la grande oubliée), George Eliot. Et c’est dans ce chapitre que j’ai mis le doigt sur la majeure partie de mon problème. À la page 74, très précisément : Je sens que ce que j’aurais à raconter n’est pas important. N’est pas intéressant. Pas digne d’être lu, donc ni d’être publié, donc ni d’être écrit. Mes amis littéraires masculins (c’est étrange, les femmes ne posent jamais cette question) me demandent toujours où j’en suis avec l’écriture, si j’ai commencé mon roman, si j’ai des chapitres prêts à être lus par un comité de lecture (composé d’eux, évidemment). Et dès que je commence à dire que j’ai envie de raconter l’histoire d’un amour à sens unique, leur expression change. Et ce n’est pas pour exprimer «Oh wow, quelle idée pertinente et magnifique», mais plutôt «Ah ouain, alors tu veux écrire de la chick lit qui n’est publiée que par des maisons d’éditions généralistes et vendue au Costco, c’est bien ça? Quel dommage, quel talent gâché. J’ai presque honte que nous ayons étudié ensemble, je vais devoir te lire, ou du moins, faire semblant de.» L’amour est un sujet bas et féminin, bien que tous les hommes l’exploitent aussi. Ça me rappelle ce que l’on dit à propos des auteurs-compositeurs-interprètes mondialement connus: parmi ceux qui chantent des histoires d’amour qui vont plus ou moins bien, basées bien souvent selon leur propre vécu, on retrouve Ed Sheeran, John Mayer, Justin Bieber, Harry Styles, Shawn Mendes, Bruno Mars. Mais qui blâme-t-on de cette tendance? Taylor Swift.

Le chapitre cinq contenait une autre surprise, le constat qu’en littérature, les personnages féminins ne s’aiment pas et sont essentiellement, avant Jane Austen, vues par les hommes et uniquement dans leur relation avec eux. Et c’est toujours vrai. À moins que l’histoire ne soit centrée sur deux amies, ou deux sœurs, les femmes ne s’aiment pas. On présente ces personnages féminins comme étant forts, mais toujours parce que différents des «autres» filles. Et pourtant, ces trois séries sont écrites par des femmes auteures.

La conclusion du sixième et dernier chapitre était époustouflante. Chacun des thèmes des précédents chapitres y est repris, même que l’on comprend pourquoi l’histoire fictive de la sœur de Shakespeare était importante: pour donner un visage à l’autrice géniale qui n’a pas pu être. Pour rendre l’appel à l’action, à l’écriture, d’autant plus percutant. Car oui, c’est bien dont il est question à la fin de l’essai: en tant que femmes, nous n’avons plus aucune raison de ne pas écrire. Nous avons accès à l’éducation, avons notre propre argent, le droit de vote, le droit à la contraception. Nous avons des pièces, des appartements à nous. Et pour ce qui est de nos sujets de prédilections, Virginia Woolf conclut: « So long as you write what you wish to write, that is all that matters; and whether it matters for ages or only for hours, nobody can say. »

Bref, c’est un petit essai, mince dans l’édition de Penguin Classics, à peine 110 pages. Mais il hantera mes pensées pour longtemps encore. Surtout à cause de la page 74.

Je veux lire le billet de blogue entier!
Profile Image for ali.
5 reviews6 followers
February 5, 2023
« Vraiment, si la femme n’avait d’existence que dans les œuvres littéraires masculines, on l’imaginerait comme une créature de la plus haute importance, diverse, héroïque et médiocre, magnifique et vile, infiniment belle et hideuse à l’extrême, avec autant de grandeur que l’homme, davantage même, de l’avis de quelques-uns. Mais il s’agit là de la femme à travers la fiction. En réalité, […] la femme était enfermée, battue et traînée dans sa chambre. Un être étrange, composite, fait ainsi son apparition. En imagination, elle est de la plus haute importance, en pratique, elle est complètement insignifiante. »
Profile Image for Melody - AllyBing.
40 reviews6 followers
February 10, 2021
Magnifique. Un livre qu'on devrait lire à l'école. J'aurais adoré le lire à l'école. Lire ce livre plutôt que lire uniquement des auteurs masculins dont je ne comprenais rien. Ce livre m'aurait ouvert l'esprit, aurait pu faire surgir des discussions en classe sur l'écriture et les femmes, sur pourquoi il n'y a pas d'autrices jusqu'au 18e siècle. Virginia Woolf parle de toutes ces œuvres manquantes. De ces étagères vides. Avec subtilité et ironie. Elle est très drôle. Superbe livre !

Il y a tout de même des passages un peu longs qui n'apportent pas grand chose. J'ai par exemple trouvé les 30 premières pages très longues. Mais après, on entre dans le vif du sujet et c'est parti !
Profile Image for Maxence.
45 reviews2 followers
June 9, 2023
Chaque femme devrait avoir cinq cents livres de rente et une chambre avec une porte munie d'une serrure.
Réflexions sur le lien et l'Histoire qu'entretiennent les femmes avec la littérature (un point de vue essentiellement britannique et élisabéthain) et le fossé qui les sépare des hommes poètes.
Profile Image for diane.
140 reviews13 followers
July 9, 2025
écouté en audiobook, j’ai adoré, c’est éloquent et beaucoup plus moderne que ce à quoi je m’attendais ! dans les prochains jours je vais prendre ma version papier pour l’annoter et ainsi m’imprégner plus encore des pensées de Virginia
Profile Image for Alicia.
145 reviews7 followers
September 3, 2025
(j'écris mon avis demain, spoiler : j'ai adoré, est ce que c'est une surprise? non. lisez le !!!)
update : je n'écris mon avis que maintenant mais wow. Virginia Woolf est la queen de mon coeur, vraiment je l'adore!! cet essai était incroyable, super inspirant et il encourage bcp à l'écriture!
C'est fou comment même à travers un essai elle arrive à nous transporter, à nous faire ressentir, et son point de vue est tellement intéressant, bref vraiment un livre que toute personne qui s'intéresse à la littérature devrait lire
Profile Image for Ninon.
231 reviews252 followers
February 20, 2017
Un témoignage brillant mené neuf ans à peine après l'accord du droit de vote aux femmes de plus de 30ans en Angleterre (et possédant une chambre a elles puis qu'accordé aux femmes ayant une propriété terrienne en achat ou location). Plaidoyer tragiquement actuel tant certaines problématiques rencontrées par Virginia Woolf en 1928 sont toujours vraies pour de nombreuses femmes aujourd'hui (qu'il s'agisse de droits dans certains pays ou bien de l'image de la femme en général et des codes lui étant associés).

L'auteur y aborde la place de la femme dans la société et son époque et comment celle-ci est utilisée et retravaillée dans la littérature à la fois par les hommes et les femmes. Elle s'interroge sur les combats qu'il reste à mener pour les auteures et les femmes en général pour se faire une place dans une société patriarcale, l'accès à l'éducation pour les femmes ou encore le rôle des hommes dans cette problématique.

Un essai plus que touchant qui m'a collé les larmes aux yeux dans ses dernières pages, il poussera forcément ses lecteurs à réagir. A lire et à placer entre toutes les mains.
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