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Albanais

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Albanais
Shqip
Pays Albanie, Macédoine du Nord, Grèce, Kosovo, Serbie, Monténégro
Nombre de locuteurs 6,1 millions[1]
Nom des locuteurs albanophones
Typologie SVO, flexionnelle, accusative, à accent d'intensité
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de l'Albanie Albanie
Drapeau du Kosovo Kosovo
Drapeau de la Macédoine du Nord Macédoine du Nord (coofficielle)
Drapeau du Monténégro Monténégro (coofficielle)
Codes de langue
IETF sq
ISO 639-1 sq
ISO 639-2 alb (B), sqi (T)
ISO 639-3 sqi
Étendue macro-langue
Type langue vivante
Linguasphere 55-AAA-a
Glottolog alba1267
État de conservation
Image
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NE Non menacée
Langue non menacée (NE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Neni 1

Të gjithë njerëzit lindin të lirë dhe të barabartë në dinjitet dhe në të drejta. Ata kanë arsye dhe ndërgjegje dhe duhet të sillen ndaj njëri tjetrit me frymë vëllazërimi.
Carte
Image illustrative de l’article Albanais
Variétés de l'albanais.

L'albanais (shqip /ʃc͡çip/ en albanais) est une langue qui constitue à elle seule une branche de la famille des langues indo-européennes, issue des langues paléo-balkaniques.

Il est parlé par presque 6,1 millions de personnes[1] et comprend les variétés de l'arberèche, de l'arvanitique, du guègue et du tosque.

Classification

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Image
La formule du baptême de Pal Engjëlli, premier écrit en albanais connu.

La plupart des linguistes considèrent aujourd'hui que l'albanais appartient à l'ensemble thraco-illyrien des langues indo-européennes. On a longtemps considéré l'albanais comme une langue indo-européenne isolée puisque la langue antique dont il descend était inconnue et que sa phonologie et sa grammaire sont à un stade d'évolution atypique de l'indo-européen. L'albanais a pourtant de nombreuses caractéristiques communes avec les langues géographiquement voisines avec lesquelles il forme l'union linguistique balkanique. Comme en grec, certains termes sont pré-indoeuropéens comme kok (« tête »), sukë (« colline »), derr (« cochon »), que le paléolinguiste et bascologue Michel Morvan rapproche du pré-occitan kuk, suk (« hauteur ») ou du basque zerri (ou txerri, « porc »).

Cet ensemble est géographique plutôt que linguistique, et l'albanais, langue satem, comprend des éléments issus des deux branches, illyrienne (« satem ») et thrace (« centum »), langues mortes très peu documentées et ne permettant pas que l'on détermine avec précision sa position dans l'ensemble. Pour déterminer les liens que l'albanais entretient avec les autres langues indo-européennes, il a fallu reconstruire l'histoire de son phonétisme, afin d'isoler son fond lexical ancien des emprunts aux langues voisines. Sur cette base, on a pu clairement démontrer le caractère indo-européen particulier de l'albanais.

Selon les travaux des linguistes Walter Porzig, Eqrem Çabej, Eric Hamp, Petro Zheji ou Bernard Sergent, l'existence d'un lexique commun à l'aroumain, au roumain (langues romanes orientales) et à l'albanais, ainsi que la toponymie côtière de l'Albanie[2], ont fait supposer une origine partiellement thrace (peut-être carpienne) des ancêtres des Albanais, qui auraient initialement évolué plus à l'est qu'aujourd'hui, dans les actuelles Macédoine du Nord et Serbie méridionale, au contact des aires linguistiques illyrienne et thrace[3].

Cependant, comme l'illyrien appartient au même groupe de langues indo-européennes que l'albanais (classé comme formant un groupe de langues indo-européennes à lui seul parmi les langues indo-européennes d'aujourd'hui) les philologues protochronistes en déduisent que l'albanais descend « directement et exclusivement » de l'illyrien[4]. Le rapprochement entre l'albanais et l'illyrien a été fait dès 1709 par Gottfried Wilhelm Leibniz, qui appelle l'albanais « la langue des anciens Illyriens ». Plus tard, le linguiste Gustav Meyer (1850-1900) déclara « Appeler les Albanais les nouveaux Illyriens est aussi juste que d'appeler les Grecs actuels "Grecs modernes". » La langue albanaise constituait pour lui l'étape la plus récente de l'un des dialectes illyriens.

Bien que les indo-européanistes modernes ne souscrivent guère à l'hypothèse d'une filiation immédiate[5], beaucoup de linguistes actuels soutiennent que l'albanais descend de l'illyrien[6],[7] et la parenté directe entre les deux langues est également admise dans divers ouvrages historiques[8]. On avance même parfois l'hypothèse que la frontière linguistique entre les dialectes guègue et tosque trouverait son origine dans la limite entre les domaines des dialectes épirote et « illyrien proprement dit » de l'illyrien[9]. À l'appui de ces théories, on mentionne que des anthroponymes albanais actuels sembleraient également avoir leur correspondant illyrien : c'est ainsi qu'à l'albanais dash (« bélier ») correspondrait l'illyrien Dassius, Dassus, de même l'albanais bardhi (« blanc ») correspondrait à Bardus, Bardullis, Bardyllis[10],[11]. Quelques ethnonymes de tribus illyriennes sembleraient aussi avoir leur correspondant albanais : c'est ainsi que le nom des Dalmates correspondrait à l'albanais delmë (« brebis »), et le nom des Dardaniens correspondrait à l'albanais dardhë (« poire, poirier »)[12]. Mais l'argument principal en faveur de cette thèse, officielle durant la période communiste, est géographique : les zones où est parlé l'albanais correspondent à une extrémité orientale du domaine « illyrien »[13].

Conformément à ces positions protochronistes, une étude du New York Times classe l'albanais en 2012 comme une des plus anciennes langues d'Europe, apparue au même moment que le grec et l'arménien[14], et conclut que les langues albanaise et illyrienne sont issues « directement » l'une de l'autre. L'appartenance de l'albanais et de l'illyrien au groupe linguistique « satem » semble renforcer cette hypothèse[10]. En revanche, les chercheurs autrichiens Stefan Schumacher et Joachim Matzinger de l'université de Vienne ont conclu que la langue albanaise ne provient pas de l'illyrien. Joachim Matzinger dit que les deux langues n'ont presque rien en commun quand on les compare[15].

Répartition géographique

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Image
Aire de répartition historique de l'albanais : en bleu pâle, au XIXe siècle.

Trois millions et demi d'albanophones vivent en Albanie. Les autres locuteurs se trouvent au Kosovo, en Serbie dans la vallée de Preševo, en Macédoine du Nord, en Turquie, au Monténégro, en Italie et en Grèce.

En Grèce, les Arvanites sont des albanophones chrétiens orthodoxes qui parlaient un dialecte tosque, mais tous parlent le grec. En Turquie, on estime le nombre d'albanophones d’origine à près de 5 millions, mais la plupart d'entre eux parlent maintenant le turc. Il s'agit d'albanophones musulmans originaires de Macédoine, du Kosovo ou de la Grèce, qui ont été déplacés de force en Turquie après le traité de Lausanne et selon les dispositions de celui-ci. On les retrouve principalement à Istanbul, Bursa, Izmir et sur les côtes de la mer Égée.

On trouve également une communauté albanophone catholique répartie dans une quarantaine de villages en Italie du sud et en Sicile, les Arberèches, qui descendent des Albanais émigrés au XVe siècle (à la suite de l'invasion des Balkans par les Ottomans).

Il est enfin parlé par quelques petits groupes en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine, ainsi que par une diaspora nombreuse aux États-Unis, en Suisse, en Allemagne et en Australie, en Suède.

Statut officiel

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L'albanais est langue officielle en Albanie, au Kosovo et en Macédoine du Nord. En Italie, la langue et la culture albanaises sont protégées (statut de minorité linguistique).

L'albanais a été interdit dans les écoles durant l'occupation ottomane[16] jusqu'en 1909, lorsque le congrès de Dibër a finalement autorisé les écoles albanaises à l'utiliser[17].

Les plus anciens textes conservés datent du XVe siècle. Il s'agit d'abord d'une formule baptismale de 1462[18]. La langue écrite standard actuelle, en caractères de l'alphabet latin, a été élaborée sur la base du dialecte tosque.

Ordre alphabétique et valeur des graphèmes

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La transcription suit les usages de l'alphabet phonétique international.

A B C Ç D Dh E Ë F G Gj H I J K L Ll M N Nj O P Q R Rr S Sh T Th U V X Xh Y Z Zh
a b c ç d dh e ë f g gj h i j k l ll m n nj o p q r rr s sh t th u v x xh y z zh
[a] [b] [t͡s] [t͡ʃ] [d] [ð] [ɛ] [ə] [f] [ɡ] [ɟ͡ʝ] [h] [i] [j] [k] [l] [ɫ] [m] [n] [ɲ] [ɔ] [p] [c͡ç] [ɾ] [r] [s] [ʃ] [t] [θ] [u] [v] [d͡z] [d͡ʒ] [y] [z] [ʒ]

Le W n’est utilisé que dans les mots d’origine étrangère et les mots d’emprunt utilisant le X l’écrivent KS et GZ.

Cet alphabet est utilisé officiellement depuis la normalisation de 1908. Il utilise des digrammes et deux diacritiques, le tréma ainsi que la cédille (on peut aussi compter l'accent circonflexe servant au guègue, souvent remplacé par un tilde dans des ouvrages de linguistique). Les digrammes et les lettres diacritées comptent pour des graphèmes indépendants et non comme des variantes (ce qui est le cas pour ‹ é ›, ‹ è ›, ‹ ê › et ‹ ë › en français, variantes de ‹ e › pour le classement alphabétique). L'albanais était noté auparavant par divers alphabets originaux, comme l’alphabet turc ottoman, l’écriture de Todhri, l'elbasan, le buthakukye et l'argyrokastron, le grec, le cyrillique ou un alphabet latin modifié différent de celui qui est utilisé de nos jours.

Image
Specimen de texte: Le Pater Noster en albanais (Carmel du Pater Noster, Jérusalem)

L'alphabet actuel est presque phonologique : dans l'absolu, toutes les lettres se lisent et toujours de la même manière, à l'exception du e caduc. On a donné dans le tableau ci-dessus les réalisations des lettres dans la prononciation standard. Il y a des variantes dialectales.

L'alphabet albanais compte 36 lettres : sept voyelles (A, E, Ë, I, O, U, Y) et vingt-neuf consonnes (B, C, Ç, D, Dh, F, G, Gj, H, J, K, L, Ll, M, N, Nj, O, P, Q, R, Rr, S, Sh, T, Th, U, V, X, Xh, Y, Z, Zh).

Si le guègue possède encore des voyelles nasalisées, notées par un circonflexe au-dessus de la voyelle correspondante, le tosque les a perdues. La représentation du système vocalique albanais est alors assez simple.

La voyelle ë [ə] (comme le e de « je ») est souvent omise dans la prononciation lorsqu'elle est en position finale et atone après une seule consonne : [ə] [- accent tonique] > Ø / C_#.

La transcription des phonèmes de l'albanais selon la normalisation mise en place en 1908 peut sembler assez déroutante. En effet, plusieurs traditions orthographiques sont en jeu :

  • diverses langues d'Europe de l'Est pour la valeur des lettres simples ;
  • le serbo-croate (version latine) pour ‹ -j › dans les digrammes ;
  • l'anglais pour ‹ -h › dans les digrammes ;
  • le français pour le choix de signes diacritiques permettant de faire usage de machines dotées d'un clavier français pour la dactylographie ;
  • d'autres traditions albanaises pour ‹ ç › et ‹ q ›.

La palatalisation des consonnes est notée par ‹ -j › subséquent (‹ j › seul notant /j/) : ‹ gj › = /ɟ͡ʝ/ (comparable au hongrois gy › dans magyar) et ‹ nj › = [ɲ] (français ‹ gn › dans gnon). Quand il faut représenter /gj/ et /nj/, on remplace ‹ j › par ‹ i ›, afin d'éviter l'ambiguïté : /gja/ s'écrit donc ‹ gia ›, ‹ gja › notant déjà /ɟ͡ʝa/.

La consonne affriquée sourde palatale /c͡ç/ est notée par ‹ q ›. La spirantisation peut être notée par un ‹ -h › subséquent, ce qui est le cas pour ‹ dh › [ð] (anglais ‹ th › dans then) et ‹ th › [θ] (anglais ‹ th › dans thin), mais pas pour ‹ sh › [ʃ] (français ‹ ch › dans chien), ‹ xh › [d͡ʒ] (approximativement le français ‹ dj › dans Djibouti) ni ‹ zh › [ʒ] (français ‹ j › dans je). Dans ce cas, ‹ -h › indique le caractère postalvéolaire des consonnes.

Les affriquées sifflantes sont notées par ‹ c ›, /t͡s/ (français ‹ ts › dans tsar), pour la sourde, et ‹ x ›, /d͡z/ (italien ‹ z › dans zero), pour la sonore ; les affriquées chuintantes par ‹ ç ›, [t͡ʃ] (comme ‹ tch › dans tchèque), et ‹ xh › [d͡ʒ].

Autres cas notables

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Il existe encore deux digrammes à retenir : ‹ ll › [ɫ] (L sombre de l'anglais dans full) et ‹ rr › [r] (r roulé à plusieurs battements comme en espagnol perro), qui s'opposent à ‹ l › [l] et ‹ r › [ɾ] (r battu bref comme en espagnol dans pero).

On peut trouver une séquence ng- à l'initiale, qui n'est pas un digramme. Le jeu de la variation combinatoire fait qu'une telle séquence se prononce vraisemblablement [ŋg] (comme ng en anglais finger).

Traduction Albanais Prononciation standard (phonèmes)
terre tokë /tɔk/
ciel qiell /c͡çiɛɫ/
eau ujë /uj/
feu zjarr /zjar/
homme burrë /bur/
femme grua /gɾua/
manger ha /ha/
boire pi /pi/
grand i madh /i mað/
petit i vogël /i vɔgəl/
nuit natë /nat/
jour ditë /dit/

La grammaire albanaise est assez typique des langues indo-européennes, avec une morphologie nominale et verbale assez développée : les noms sont divisés en deux voire trois genres et se fléchissent en quatre ou cinq cas, tandis que les verbes s'accordent avec leur sujet et distinguent plusieurs temps et modes, certains exprimés à l'aide d'auxiliaires.

En outre, l'albanais fait partie intégrante de la Sprachbund balkanique, et partage donc plusieurs traits grammaticaux avec les autres langues de la région et en particulier avec le roumain et le bulgare, comme par exemple l'utilisation d'articles définis suffixés ou le remplacement de l'infinitif par le subjonctif.

Tous les noms ont un genre grammatical attitré, soit masculin, soit féminin. Il subsiste des relicats d'un genre neutre, aujourd'hui essentiellement limité aux adjectifs et participes passés substantivés comme të nxënit « l'apprentissage » (du participe passé nxënë de nxë « apprendre »), mais certains dialectes préservent des noms de genre neutre comme krye « tête » ou ujë « eau »[19].

Les noms féminins finissent le plus souvent en , -e ou un -i accentué, mais il n'y a pas de méthode générale pour déterminer le genre d'un nom.

Les noms se déclinent pour distinguer deux nombres : singulier et pluriel, et cinq cas : nominatif, accusatif, génitif, datif et ablatif.

Déclinaison

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La déclinaison albanaise fait preuve de syncrétisme : la même terminaison signifie souvent plusieurs cas. En particulier, le nominatif et l'accusatif ne sont pas distingués au pluriel, le datif et l'ablatif ne sont pas distingués au singulier, et le génitif est toujours morphologiquement identique au datif, dont il ne se distingue que par la syntaxe du groupe nominal.

Les noms ont une forme non-articulée (indéfinie) et une forme articulée (définie), cette dernière correspondant à l'agglutination d'un article défini à la terminaison du nom. Il existe également un article indéfini singulier një et pluriel (optionnel) disa, placé devant le nom.

burri / burrat - l'homme / les hommes
një burrë / (disa) burra - un homme / des hommes
ky burrë / këta burra - cet homme / ces hommes
Désinences génériques
Singulier Pluriel
masc. fém. neut.
ind. déf. ind. déf. ind. déf. ind. déf.
Nominatif -i/-u -a -(i)t -t(ë)
Accusatif -in/-un -n(ë)
Datif -i/-u -it/-ut -e -s(ë) -i -it -ve -ve(t)
Ablatif -sh

Au masculin singulier, -u/-un/-ut est utilisé à la place de -i/-in/-it lorsque le nom finit en une consonne vélaire (k, g ou h), ou en un -i ou -e accentués.

Le datif/ablatif pluriel défini fait -ve dans la langue standard, mais de nombreux locuteurs maintiennent la forme antérieure -vet. L'ablatif défini pluriel, qui faisait auparavant -shit, a été évincé par le datif pluriel et est maintenant obsolète.

La formation du pluriel est assez variable est irrégulière. Elle se fait le plus souvent par un suffixe (-ë, -a, -e, -ër, -inj), mais parfois par une modification interne ( natë → netë « nuit(s) »), voir par une dérivation unique ou supplétive ( djalë → djem « garçon(s) »). Les noms en -e et -i accentué sont le plus souvent invariables en nombre ( shoqe « amie(s) », shtëpi « maison(s) »).

Exemples de pluriels
Masculins Féminins
Singulier Pluriel Traduction Singulier Pluriel Traduction
libër libra livre vajzë vajza fille
njeri njerëz humain këmbë këmbë jambe/pied
ujë ujëra1 eau grua gra femme
vëlla vëllezër frère dorë duar main
qen qen chien derë dryer porte

1 - le pluriel est de genre féminin

Exemples de déclinaisons complètes

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libër -a (m) « livre » vajzë -a (f) « fille »
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
ind. déf. ind. déf. ind. déf. ind. déf.
Nominatif (një) libër libr-i libra libra-t (një) vajzë vajz-a vajza vajza-t
Accusatif (një) libër libr-in libra libra-t (një) vajzë vajzë-n vajza vajza-t
Datif (një) libr-i libr-it libra-ve libra-ve (një) vajz-e vajzë-s vajza-ve vajza-ve
Ablatif (një) libr-i libr-it libra-sh libra-ve (një) vajz-e vajzë-s vajza-sh vajza-ve
njeri -ëz (m) « humain » shtëpi -ø (f) « maison »
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
ind. déf. ind. déf. ind. déf. ind. déf.
Nominatif (një) njeri njeri-u njerëz njerëz-it (një) shtëpi shtëpi-a shtëpi shtëpi-të
Accusatif (një) njeri njeri-un njerëz njerëz-it (një) shtëpi shtëpi-në shtëpi shtëpi-të
Datif (një) njeri-u njeri-ut njerëz-ve njerëz-ve (një) shtëpi-e shtëpi-së shtëpi-ve shtëpi-ve
Ablatif (një) njeri-u njeri-ut njerëz-ish njerëz-ve (një) shtëpi-e shtëpi-së shtëpi-sh shtëpi-ve

À quelques exceptions près, les adjectifs suivent le nom.

Les adjectifs s'accordent en genre et en nombre avec le nom, mais ils sont invariables en cas, sauf lorsqu'ils sont substantivés. L'accord consiste généralement en l'ajout de -a au féminin pluriel, ou en l'ajout de -e aux féminins singulier et pluriel, parfois avec une désinence au masculin pluriel. Certains adjectifs ont une inflexion plus complexe et irrégulière.

Exemples d'accord d'adjectif
Modèle Masculin Féminin Traduction
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
-a i mirë të mirë e mirë të mir-a « bon »
-e/-e shqip shqip shqip-e shqip-e « albanais »
-e/-ë/-e evropian evropian-ë evropian-e evropian-e « européen »
Irrégulier i zi të zinj e zezë të zeza « noir »

Un certain nombre d'adjectifs (particulièrement les adjectifs natifs) sont toujours précédés d'un article adjectival, qui varie en genre, nombre et cas.

Article adjectival
Indéfini Défini
Singulier Plur. Singulier Plur.
m f n m f n
Nominatif i e i e e
Accusatif e e e
Dat/abl

Les articles adjectivaux « définis » sont utilisés lorsque l'adjectif est directement après le nom et que celui-ci est sous sa forme articulée.

Shtëpi e mëdha bardha
maisons-DEF.PL DEF grandes INDEF blanches
« Les grandes maisons blanches »
Shtëpi janë mëdha dhe bardha.
maisons-DEF.PL sont INDEF grandes et INDEF blanches
« Les maisons sont grandes et blanches. »

Cet article se maintient lorsque l'adjectif est substantivé : il prend alors toujours la forme indéfinie, excepté au datif/ablatif féminin singulier qui prend la forme définie lorsque l'adjectif est articulé.

mashina e kuqe - la voiture rouge
e kuqja / një e kuqe - la rouge / une rouge
pas kuqes / pas një kuqeje - derrière la rouge / une rouge

Les autres adjectifs, dont la majorité de ceux d'origine étrangère, suivent la même syntaxe mais ne sont pas accompagnés d'un article adjectival.

Pronoms personnels
Nombre Personne Nominatif Accusatif Datif Ablatif
Tonique Clitique Tonique Clitique
Singulier 1e unë mua mua meje
2e ti ty ty teje
3e m ai (a)të e atij i (a)tij
f ajo asaj (a)saj
Pluriel 1e ne ne na neve na nesh
2e ju ju ju juve ju jush
3e m ata (a)ta i atyre u (a)tyre
f ato (a)to

Les formes accusatives et ablatives de la troisième personne perdent leur a initial après une préposition.

Les formes clitiques sont utilisées conjointement à un verbe, tandis que les formes toniques apparaissent de manière indépendante ou après une préposition : la différence est très proche de celle distinguant me et moi en français.

Comme en français, le pronom pluriel ju sert aussi de singulier de politesse.

Les verbes albanais n'ont pas d'infinitif : leur forme du dictionnaire est la première personne du singulier de l'indicatif, comme en latin.

Leur unique forme non conjuguée morphologiquement parlant est le participe passé, à partir duquel d'autres formes comme le gérondif sont dérivées par le biais de prépositions. Le participe passé sert également de supin pour former des temps composés.

Les verbes distinguent neuf temps simples répartis en cinq modes : indicatif (présent, imparfait, prétérit), subjonctif (présent, imparfait), optatif, admiratif (présent, imparfait) et impératif. Ils distinguent également deux voix : active et médiopassive.

Les verbes jam « être » et kam « avoir » servent également de verbes auxiliaires : ils sont suivis du participe passé du verbe pour former les équivalents passés de tous les temps simples excepté l'impératif. kam est utilisé avec les verbes actifs et jam avec les verbes médiopassifs.

La conjugaison se fait par des suffixes réguliers, toutefois la racine du verbe est souvent sujette à changer (par alternance vocalique interne ou par supplétion).

Radical en consonne : bjerr « perdre »
Actif : bjerr « perdre »
Part. pas. bjerrë Aux. kam bjerrë Admiratif bjerrkam etc.
Indicatif Subjonctif Optatif Impératif
Présent Imparfait Prétérit Présent Imparfait
unë bjerr birrja bora të bjerr të birrja bjerrsha!
ti bjerr birrje bore të bjerrësh të birrje bjerrsh! bjerr!
ai/ajo bjerr birrte bori të bjerrë të birrte bjerr!
ne bjerrim birrnim borëm të bjerrim të birrnim bjerrshim!
ju birrni birrnit borët të birrni të birrnit bjerrshi! birrni!
ata/ato bjerrin birrnin borën të bjerrin të birrnin bjerrshin!
Médiopassif : birrem « se perdre »
Part. pass. bjerrë Aux. jam bjerrë Admiratif u bjerrkam etc.
Indicatif Subjonctif Optatif Impératif
Présent Imparfait Prétérit Présent Imparfait
unë birrem birresha u bora të birrem të birresha u bjerrsha!
ti birresh birreshe u bore të birresh të birreshe u bjerrsh! birru!
ai/ajo birret birresh
birrej
u buar të birrë të birresh
të birrej
u bjerr!
ne birrem birreshim u borëm të birrem të birreshim u bjerrshim!
ju birreni birreshit u borët të birrni të birrnit u bjerrshi! birruni!
ata/ato birren birreshin u borën të birren të birreshin u bjerrshin!
Radical en voyelle : pi « boire »
Actif
Part. pas. pi Aux. kam pi Admiratif pikam etc.
Indicatif Subjonctif Optatif Impératif
Présent Imparfait Prétérit Présent Imparfait
unë pi pija piva të pi të pija pifsha!
ti pi pije pive të pish të pije pifsh! pi!
ai/ajo pi pinte piu të pi të pinte piftë!
ne pi pinim pi të pi të pinim pifshim!
ju pini pinit pi të pini të pinit pifshi! pini!
ata/ato pi pinin pi të pi të pinin pifshin!
Verbe en -Vj : besoj « croire »
Actif
Part. pas. besuar Aux. kam besuar Admiratif besuakam etc.
Indicatif Subjonctif Optatif Impératif
Présent Imparfait Prétérit Présent Imparfait
unë besoj besoja besova të besoj të besoja besofsha!
ti beson besoje besove të besosh të besoje besofsh! beso!
ai/ajo beson besonte besoi të beso të besonte besoftë!
ne besojmë besonim besuam të besojmë të besonim besofshim!
ju besoni besonit besuat të besoni të besonit besofshi! besoni!
ata/ato besojnë besonin besuan të besojnë të besonin besofshin!

Article premier de la déclaration universelle des droits de l'Homme :

Albanais Të gjithë njerëzit lindin të lirë dhe të barabartë në dinjitet dhe në të drejta. Ata kanë arsye dhe ndërgjegje dhe duhet të sillen ndaj njëri tjetrit me frymë vëllazërimi.
API tə ɟiθ ɲɛɾəzit lindin tə liɾə ðɛ tə baɾabaɾt nə diɲitɛt ðɛ nə tə drɛjta. ata kanə aɾsyɛ ðɛ ndərɟɛɟɛ ðɛ duhɛt tə siɫɛn ndaj ɲəɾi tjɛtɾit mɛ frymə vəɫazərimi.
Transcription ART tous hommes-DEF.PL naître-3P.PRES ART libre et ART égaux en dignité et en droits. 3PM.NOM avoir-3P.PRES raison et conscience et falloir-3S.PRES.MED CONJ porter-3P.SUBJ.MED envers un-DEF.NOM autre-DEF.ABL avec esprit fraternité-ABL.
Français Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Notes et références

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  1. a et b Ethnologue [sqi].
  2. La toponymie côtière de l'Albanie est d'origine grecque et latine, avec une influence slave.
  3. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Bernard Sergent et d'autres linguistes considèrent, dans une perspective paléolinguistique ou phylogénétique, que l'existence en albanais de mots empruntés au roman oriental balkanique et en roumain de mots de substrat apparentés à des mots albanais corrobore cette manière de voir. Voir Eric Hamp : Bernard Sergent, Les Indo-Européens, Paris, Payot, , p. 95. Bernard Sergent cite Vladimir Ivanov Georgiev, Heinz Kronasser, Eric Hamp, Frederik Kortlandt et Mircea Rădulescu. Voir aussi Iaroslav Lebedynsky, p. 24-25. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Bernard Sergent, Zheji et d'autres linguistes considèrent que le proto-albanais s'est formé sur un fond thraco-illyrien vers le VIe siècle, à l'intérieur des terres, subissant un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne, tandis que les emprunts les plus anciens de l'albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l'illyro-roman qui était la langue romane anciennement parlée en Illyrie après la disparition de l'illyrien (pendant l'occupation romaine, l'illyro-roman a remplacé l'illyrien à la manière du gallo-roman remplaçant le celtique en Gaule). Comme les lieux albanais ayant conservé leur appellation antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves et que « l'albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec » (La Vérité est que l'albanais est la plus vieille langue au monde, elle existe avant le latin et l'ancien grec. C'est une langue très sous-estimée avec des terres sous-estimées et beaucoup d'histoire, que d'autres Pays ont falsifié étant les leurs), ces auteurs pensent que les ancêtres des Albanais ont vécu à l'est de l'actuelle Albanie et que régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines
  4. « Illyrie. », sur www.cosmovisions.com (consulté le ).
  5. Voir Eric Hamp,  ; Bernard Sergent, Les Indo-Européens, Paris, Payot, , p. 95. Bernard Sergent cite Vladimir Georgiev, Heinz Kronasser, Eric Hamp, Frederik Kortlandt et Mircea Rădulescu. Voir aussi Iaroslav Lebedynsky, p. 24-25.
  6. Bernard Sergent, p. 94.
  7. « L'Albanie, notre plus vieux voisin!! », sur iNFO-GRECE.COM, (consulté le ).
  8. Par exemple, Serge Métais écrit : « […] il ne fait guère de doute qu'il y a continuité entre la langue [que les tribus illyriennes] parlaient et l'albanais moderne. » (Serge Métais, Histoire des Albanais : des Illyriens à l'indépendance du Kosovo, Fayard, , p. 98).
  9. Serge Métais, p. 97-97.
  10. a et b (en) John Wilkes (1992). "The Peoples of Europe: The Illyrians". Oxford: Blackwell Publishers, p. 73-85.
  11. « Illyrie et Epidamne », sur antikforever.com (consulté le ).
  12. Serge Métais, p. 100-101.
  13. Iaroslav Lebedynsky, p. 24.
  14. (en) « Tracing the Origins of Indo-European Languages », sur archive.nytimes.com (consulté le ).
  15. (en) Besar Likmeta, « Austrian Scholars Leave Albania Lost for Words », sur Balkan Insight, (consulté le ).
  16. Pierre Haski, « Quand l’Albanie était la meilleure amie de la Chine maoïste », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le ).
  17. (sq) Torte, Rexhep (4 août 2009). "Përfundoi shënimi i 100-vjetorit të Kongresit të Dibrës". Albaniapress.
  18. (en) Robert Elsie, Albanian Literature: A Short History, London, Tauris, , VI, 291  p. (ISBN 1845110315), p. 2005.
  19. (en) Victor A. Friedmann, Studies on Albanian and Other Balkan Languages, (lire en ligne [PDF])

Bibliographie

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  • Henri Boissin, Grammaire de l'albanais moderne, Paris, Chez l'auteur, .
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  • Vedat Kokona, Dictionnaire français-albanais / Shqip-frengjisht fjalor, 2e éd., Tirana, Botimet Kokona, 2019.
  • Fatime Neziroski, Manuel de conjugaison des verbes albanais, Paris–Budapest–Torino, L'Harmattan, (ISBN 978-2-747-54948-6).
  • L'albanais de poche, Assimil, 2000 (guide de conversation).
  • (en) Isa Zymberi, Colloquial Albanian : the complete course for beginners, New York, Routledge, , 359 p. (ISBN 978-0-415-30133-6 et 978-0-415-05663-2, OCLC 71827327)
Littérature bilingue albanais-français
  • (fr) Daniel Lemahieu (dir.), Voyage en Unmikistan, L'Espace d'un instant, 2003.
  • (fr) Ali Podrimja, Défaut de verbe, éd. Cheyne.

Articles connexes

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Liens externes

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