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Un manuscrit grec de la bibliothèque d'Antoine Perrenot de Granvelle à la Bibliothèque universitaire de Leyde

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Année 1948 2-2 pp. 290-291
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Parmi les manuscrits Vossiani grecs de la bibliothèque universitaire de Ley- de, se trouve un gros manuscrit in-folio, Voss. Gr. F. 45, renfermant les scholies de Basile Minimus de Césarée sur les discours de Grégoire de Nazianze. Il a été copié par le copiste bien connu Constantin Palaeocappa. Le manuscrit n'est pas signé, mais l'écriture est caractéristique de celle de Palaeocappa, et déjà H. Omont le lui avait attribué à bon droit (1). Le manuscrit est relié dans une reliure contemporaine de bois couverte de satin vert surchargé de velours rouge découpé, avec des tranches dorées et antiquées (2) ; à la tranche verticale se voit une bande décolorée, autrefois de couleur pourpre avec restes du titre en lettres d'or.

Les marges droite, gauche et du premier feuillet du texte sont ornées de fleurs, oiseaux, insectes en couleurs diverses. Dans la marge supérieure, il y a une manière de bande rouge, dans laquelle le titre de l'ouvrage se détache en lettres d'or. Dans la marge inférieure sont peintes des armoiries surmontées d'un chapeau d'évêque peint en vert. Ces armoiries sont celles d'Antoine Perrenot de Gran-

velle (2a), le fameux homme d'Église qui commença par être au service de Charles-Quint et fut, plus tard, le conseiller de Philippe II d'Espagne. Le manuscrit lui a donc appartenu. Mais quand en est-il devenu le A cette époque, en tout cas, il n'était pas encore cardinal, mais seulement évêque d'Arras ; la présence du chapeau d'évêque peint en vert, avec ses six glands, le démontre. Le poème dédicatoire d'un autre copiste grec, Jacques Diassorinos, qu'on peut lire sur le verso du feuillet 1* est adressé à Granvelle, évêque d'Arras (3). On sait qu'il a obtenu cette dignité en 1540 et, par ailleurs, qu'il devint de Malines en 1560 ; le manuscrit doit donc être venu en sa possession entre ces deux dates. A notre avis, cet écart de temps peut être encore reserré davantage.

Au dire de Constantin Palaeocappa lui-même, celui-ci a copié notre à Paris. Un manuscrit conservé au British Museum et coté Old Royal 16 C. VI contient en effet une liste, de la main de Palaeocappa lui-même, de 26 manuscrits qu'il déclare avoir écrits à Paris. Or notre manuscrit

(1) Catalogue des manuscrits grecs des bibliothèques publiques des Pays-Bas (Centralblatt fur Bibliothekswesen, IV, 1887), p. 188.

(2) Sur cette technique voyez Léon Gruel, Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures, I (Paris 1887), p. 164 s. avec la reproduction.

(2») Rietstap, Armoriai général V, fig. XXXVII.

(3) Etç toy nsgicpaveaxaxov xat aiSsoi/ncoza^ov emoxonoi 'Argaflâtov Kvqiov 'Avzoiviov...

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