NOTES
NOUVELLE DESCRIPTION DU CODEX BODMER DE MÉNANDRE
Dans cette même revue (1), le Victor Martin avait donné, du Codex de Ménandre, une description fort intéressante à maints égards : l'ouvrage, en effet, lui paraissait avoir été relié d'une façon extrêmement et archaïque (2). En préparant l'édition des P. Bodmer XXV et XXVI, j'ai été amené à réexaminer très ce codex, et, à cette occasion, j'ai pu faire quelques observations nouvelles qui, tout en confirmant archaïque de ce livre antique, modifient quelque peu l'image qui en a été donnée, et me font un devoir de le décrire à nouveau (3).
Le Papyrus Bodmer XXV-IV-XXVI (ici, sigle M) contient trois comédies de Ménandre; ce sont « la Samienne » (4), « le Dyscolos » (5) et « le Bouclier » (6). M, donc, fut composé d'abord d'un unique cahier de 16 feuilles doubles, soit 32 folios, ou 64 pages; ce fait est rendu certain non seulement par la pagination, dont je parlerai plus loin, mais encore par la concordance de divers folios, complets ou presque, qui indiscutablement : au milieu du cahier, le f. 16 (p. 31-32) était, à uni au f. 17 (p. 33-34), le f. 15 (p. 29-30) l'étant avec le f. 18 (p. 35-36), le f. 14 (p. 27-28) avec le f. 19 (p. 37-38),
le f. 13 (p. 25-26) avec le f. 20 (p. 39-40), le f. 12 (p. 23-24) avec le f. 21 (p. 41-42), le f. 9 (p. 17-18) avec le f. 24 (p. 47-48), le f. 8 (p. 15-16) avec le f. 25 (p. 49-50), et le f . 7 (p. 13-14) avec le f . 26 (p. 51-52); en outre, le fragment qui reste du f. 5 (p. 9-10) semble très nettement avec celui du f. 28 (p. 55-56), et celui du f. 2 (p. 3-4) avec ceux du f. 31 (p. 61-62) (7). Les f. 29, 30 et 32, correspondant respectivement aux f. 4 (p. 7-8), 3 (p. 5-6), et 1 (p. 1-2), très fragmentaires, font, pour l'instant, défaut. Les f. 6 (8), 10 et 11, qui sont en assez bon état, ont perdu eux aussi leur vis-à-vis; mais là, nous abordons un problème assez compliqué; en effet, l'examen de la comédie classée comme Papyrus Bodmer XXVI (« le Bouclier ») nous a amené à faire la constatation suivante, assez étrange en vérité : les f . 22, 23, et 27 du codex sont certainement restés inemployés; leur qualité était-elle trop médiocre pour permettre l'écriture? Toujours est-il que, par des passages parallèles déjà connus (« Comoedia Florentina »), nous voyons que le f. 21 était immédiatement suivi du f. 24, et que, de même, le f. 26 était immédiatement suivi du f. 28. On peut supposer que les f. 22, 23, et 27, de si médiocre qualité, ont été coupés du
(1) Victor Martin, « Le Papyrus du Dyscolos comme livre », Scriptorium, XIV, p. 3-15.
(2) « Polyptique... de papyrus» (p. 5).
(3) Les conclusions de V. Martin ont déjà été critiquées et partiellement corrigées ailleurs, sur la base de critères autres que les miens ; cf. en particulier Jean Martin, « Sur l'état primitif du Codex Bodmer de Ménandre », Scriptorium, XX, p. 6-10.
(4) R. Kasser, avec la collaboration de C. Austin, Papyrus Bodmer XXV, Ménandre, la Samienne, Genève 1969.
(5) V. Martin, Papyrus Bodmer IV, Ménandre, le Dyscolos, Genève 1958.
(6) R. Kasser, avec la collaboration de C. Austin, Papyrus Bodmer XXVI, Ménandre, le Bouclier, Genève 1969.
(7) Deux de ces fragments sont à la Bibliothèque Bodmer, et le troisième, qui relie les deux premiers entre eux, n'est autre que le P. Colon, inv. 904, publié par R. Merkelbagh dans ZPE I, 1967.
(8) La partie inférieure de ce folio est actuellement conservée à Barcelone : cf. La Vanguardia, numéro du 7.9.1960.
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