NOTES
SIGNES DE FIN DE LIGNE ET ORIGINE DU MANUSCRIT VATICAN,
VAT. LAT. 4099
Dans un précédent article, paru dans Scriptorium en 1973 (1), nous avions tenté de montrer combien un détail paléographique, aussi peu important en apparence qu'un signe de fin de ligne, pouvait conduire pourtant à des concernant le stemma et la manuscrite d'une œuvre. Les signes de fin de ligne mal interprétés relevés dans les manuscrits du De trans- latione permettent même de suivre à la trace la diffusion d'un traité, à l'origine anonyme et anépigraphe. Mais leur dans un manuscrit considéré jusqu'à présent comme italien, incite à regarder de plus près le problème de son origine et à reprendre la démonstration en sens inverse.
Dans son édition des Octo quaestiones de potestate papae de Guillaume d'Ock- ham, J. G. Sikes utilise plusieurs de la bibliothèque Vaticane, dont Vat. lat. 4099, auquel il attribue une
origine italienne (2). Copié sur dans la seconde moitié du XVe s., ce manuscrit contient deux traités et anépigraphes : les Octo de potestate papae de Guillaume d'Ockham aux f. l-89v, ligne 27 et à la suite, sans distinction, le De translatione Romani Imperii de Marsile de Padoue aux f. 89v, ligne 27-97. L'écriture influencée par la bâtarde, n'a cependant aucune caractéristique et trois paléographes aussi réputés que Giulio Battelli, Bernhard Bischoff et Armando Petrucci sont tombés pour lui donner plutôt une origine française, mais sûrement pas italienne. On peut le comparer effectivement au f. 167 du manuscrit Paris, Bibl. nat. lat. 6513, copié à Strasbourg en 1471 (3), peut-être aussi au f. 6 du manuscrit 876 de la bibliothèque Mazarine, qui fut achevé à Malesherbes, dans le Loiret, le 20 mars 1468 (4).
S'il est difficile, d'après l'écriture, d'attribuer au manuscrit du Vatican, que nous appellerons X, une origine italienne, la présence dans le texte du De translatione de cinq signes de fin de ligne mal interprétés montre indubitable ment qu'il fait partie du groupe
mand et dérive aussi, indirectement mais sûrement du manuscrit de Munich, Clm. 18100 (sigle M).
C'est même lui qui nous a transmis le plus grand nombre de signes de fin de ligne transformés en et ou en etiam (5) :


(1) C. Jeudy, Signes de fin de ligne et tradition manuscrite. Le « De translatione Romani Imperii » de Marsile de Padoue, dans Scriptorium, t. 27 (1973), p. 252-262 et pi. 15 et 16.
(2) J. G. Sikes, Guillelmi de Ockham opera poîitica, t. 1, Manchester, 1940, p. 6 (sigle V).
(3) Ch. Samaran et R. Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des de date, de lieu ou de copiste, t. 2, Paris, 1962, p. 349 et pi. CXLVII.
(4) Ibid., t. 1, Paris, 1959, p. 263 et pi. CXXVII.
(5) " —
Cf. le tableau joint à l'article cité note 1 (p. 260). Nous renvoyons aux numéros des signes de fin de ligne de M notés dans le tableau.
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