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Une nouvelle abréviation grecque en forme de rébus ou d’énigme

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Année 2017 71-2 pp. 305-306
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305 (1) G. Dorival, Les chaînes exégétiques grecques sur les psaumes. Contribution à l’étude d’une forme littéraire, 5 vols (Spicilegium sacrum Lovaniense, 43 à 46 et 54), Louvain, 1986, 1989, 1992, 1995, 2018. (2) Ibid., t. 3, p. 308 et 317. (3) Ibid., t. 4, p. 476, 480-481, 492 et 496. (4) Ibid., t. 3, p. 308, et t. 4, p. 476. (5) En dépit du fait que 6 des 10 textes devant lesquels l’abréviation a été repérée sont traditionnellement attribués à Hésychius.

UNE NOUVELLE ABRÉVIATION GRECQUE EN FORME DE RÉBUS OU D’ÉNIGME

Jacques Noret

L’abréviation « α surmonté d’un χ » , signifiant μοναχός, est bien connue des chercheurs habitués aux manuscrits grecs transmettant des oeuvres chrétiennes. En fait, il s’agit d’un petit rébus, ou si l’on préfère, d’une énigme, puisque, pour arriver à lire μοναχός, il faut penser à lire l’ α comme μόν(ος) α. Dans sa gigantesque enquête sur les manuscrits des chaînes exégétiques grecques sur les psaumes (1 ), G. Dorival est tombé par deux fois sur un exemple analogue, d’abord dans le

Parisinus Coislinianus 358, un codex qui est au moins passé par Chypre et que Devreesse, le catalogueur, a estimé être du XIIIe s., ensuite dans un manuscrit hiérosolymitain daté de 1338, le Sabaiticus gr. 231. Il s’agit chaque fois d’un ι surmonté d’un χ, le ι devant être lu εἷς ι (« 1 ι » ), être évidemment prononcé « isi » et être compris Ἡσυ, de telle façon que l’abréviation signifie Ἡσύχιος ! Cette « énigme » revient au moins 3 fois dans le Coislinianus et au moins 7 fois dans le Sabaiticus, mais les exemples doivent être bien plus nombreux puisque Monsieur Dorival, dans chaque manuscrit qu’il étudiait, s’est concentré sur un échantillon de 19 psaumes sur les 150 que compte le psautier. Dans le Coislinianus, l’abréviation a été observée au ps. 61,13a (devant un fragment du commentaire d’Hésychius CPG 6553) et au ps. 131,6a (devant une scholie combinant de l’Évagre avec de l’Athanase) et 9a (devant un extrait des Scholia in Psalmos [ CPG 1427] d’Origène) (2 ). Dans le Sabaiticus, les 7 occurrences observées l’ont été aux ps. 51,5 (devant un texte d’Évagre), 76,10-11a (devant un extrait du commentaire CPG 6554 d’Hésychius), 91,2-3 (extrait de même origine) et 6-7 (encore un extrait hésychien, mais de CPG 6553) ainsi que 101,3 (extrait hésychien de CPG 6552), 6-8 (CPG 6554) et 10-11 (devant un extrait de Théodoret) (3 ). Dans sa présentation des deux manuscrits, Monsieur Dorival, à propos de ce sigle mystérieux, propose chaque fois trois hypothèses (4 ) : pour lui, selon la moins probable (5 ) des trois, le sigle signifierait Hésychius ; selon la deuxième, il signifierait μοναχός ; enfin, selon la troisième, qui est pour lui la plus probable, il signifierait σχόλιον. Ainsi, pour ne pas avoir repéré dans ce lemme caténique une devinette bien grecque, il s’est senti forcé à y Scriptorium, 71, 2017, p. 305-306.

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