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Inde portugaise

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Inde portugaise
(pt) Estado Português da Índia - Índia Portuguesa

1505–1961

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries
Description de cette image, également commentée ci-après
Évolution de l'Inde portugaise sur le sous-continent Indien.
Informations générales
Statut Vice-royauté
Province ultramarine
Capitale Vieux-Goa
Nova Goa
Langue(s) Portugais
Monnaie Cruzado portugais
Roupie de l'Inde portugaise
Escudo de l'Inde portugaise
Fuseau horaire +5,30
Histoire et événements
Défaite du Sultanat de Bijapur
Invasion de Goa par l'Inde
Roi
(1e et De) 1511–1521 Manuel Ier de Portugal
Vice-Roi des Indes
(1e) 1505–1509 Francisco de Almeida
(De) 1827-1835 Manuel de Portugal e Castro
Gouverneur général des Indes
(1e) 1509–1515 Afonso de Albuquerque
(De) 1958-1962 Manuel António Vassalo e Silva

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Inde portugaise ou l’État portugais de l'Inde (en portugais Índia Portuguesa ou Estado da Índia) sont deux désignations historiques et politiques complémentaires. La première renvoie à l'ensemble des territoires, cités, colonies, concessions, forteresses et factoreries portugais, ainsi qu'aux États vassaux, protectorats et royaumes alliés, et aux mers et routes commerciales maritimes sous monopole du Portugal dans l'océan Indien et le Pacifique. La seconde designation, plus politique, englobe l'ensemble de ces territoires, mais aussi l'État indo-portugais ayant autorité sur cet ensemble, fondé en 1505 par le roi Manuel Ier et son vice-roi Francisco de Almeida, dont la capitale était située en Inde, d'abord à Cochin, dans le Kerala, de 1505 à 1511, puis à partir de 1511 à Goa, dans le Konkan.

À son apogée à la fin du xvie siècle, l'État portugais de l'Inde s'étend de l'archipel des Moluques et du Japon au golfe Persique et à l'Afrique de l'est, et il exerce son autorité sur une large part de l'Inde méridionale. Grace à un immense réseau de forteresses, de factoreries, et à de puissantes armadas, il contrôle l'ensemble des reseaux de navigation dans les mers d'Orient par un système de sauf-conduits payants, et il impose un grand nombre de monopoles commerciaux, parmi lesquels le monopole du commerce maritime des épices, du cuivre et des cotonnades entre l'Inde et l'Europe, ainsi que du commerce de l'argent entre le Japon et la Chine, et du commerce des chevaux vers l'empire de Vijayanagar. Il possède également le monopole de l'évangélisation sur cette partie du monde, en vertu du systeme du Padroado[1]. Enfin, suivant la politique du mare clausum établie entre 1494 et 1527 par Lisbonne et Madrid, il dispose d'un droit de réquisition, confiscation et destruction sur l'ensemble des navires circulant entre le cap de Bonne Espérance et la longitude 133° Est, tel que défini dans les traités de Tordesillas et de Saragosse[2].

Par la suite, ce vaste empire terrestre et thalassocratique ne cesse de décliner, de se réorganiser et de se fragmenter en colonies autonomes, donnant notamment naissance aux colonies portugaises de Goa en Inde, du Mozambique en Afrique de l'est, de Macao en Chine et du Timor oriental en Insulinde. Au moment de l'indépendance de l'Inde britannique en 1947, les possessions portugaises sur le sous-continent Indien incluaient encore plusieurs territoires et enclaves sur la côte ouest de l'Inde, Goa, aussi bien que des enclaves de la côte de Daman[3] (en portugais : Damão) et Diu, ainsi que les enclaves de Dadra et Nagar Haveli, lié à Daman.

Les territoires portugais situés en Inde même sont parfois appelés collectivement Goa, du nom de la cité-État a partir de laquelle ils sont gérés. Au moment de son annexion par l'Inde en 1961, la superficie de cet ensemble colonial indien était de 4 300 kilomètres carrés, le territoire de Goa constituant les trois quarts de la superficie des colonies portugaises en Inde.

Au xxie siècle, on trouve encore un peu partout en Orient des communautés métisses dites « indo-portugaises », parlant des créoles portugais et se réclamant de l'État portugais de l'Inde et de la société indo-portugaise, constituées de descendants de vétérans, de marchands, de mercenaires portugais, ou de populations locales et d'esclaves évangelisés et assimilés par les Portugais. Parmi ces communautés, on peut citer les catholiques de Goa en Inde, les Firingis du Bengale au Bangladesh et en Inde[4], les Kristang de Malacca, les Macaenses de Macao[5], les Kudi Chin de Bangkok en Thaïlande[6], les Mardijkers de Jakarta à Java[7], les Topasses (ou Larantuqueiros) de Flores et Timor en Indonésie[8], les Mestiços du Timor oriental[9], les Kaffirs du Sri Lanka[10], ou les Bayingyi de Birmanie.

Fondation et expansion de l'Estado da India

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Mare clausum ibérique.

L'implantation des Portugais en Inde commence le lorsque Vasco de Gama débarque à Calicut, aujourd'hui Kozhikode, afin d'y établir un monopole du commerce des épices avec l'Europe. Malgré l'objection des marchands arabes déjà présents, Gama s'assure l'obtention d'une lettre de concession de droits commerciaux ambigüe de la part du Zamorin, le souverain local, mais il doit partir en bateau sans prévenir, après que le Zamorin insiste pour qu'il cède toutes ses marchandises en garantie. Gama conserve son chargement d'épices, mais quitte le territoire en laissant derrière lui quelques portugais ayant pour ordre d'établir une factorerie. À l'occasion de ce voyage, des concessions commerciales sont également obtenues dans le Royaume de Cochin, et dans le Royaume de Cannanore, des royaumes rivaux du Royaume de Calicut, plus au sud du Kerala, avec la possibilité de fonder des factoreries[1].

De 1502 à 1505, les armadas portugaises imposent par la force la reconnaissance de la suzeraineté du roi portugais sur le sultanat de Kilwa en Afrique de l'Est, ce qui leur permet de mettre la main sur les réseaux swahilis du commerce de l'or, indispensable à l'achat en grandes quantités d'épices en Inde. Pour verrouiller leurs positions, ils bâtissent deux forteresses, l'une à Kilwa, la cité-mère du Sultanat, et l'autre à Sofala, l'avant-poste commercial des Swahilis, à l'embouchure du Zambèze. Ces forteresses sont destinées à leur servir de base navale, d'arsenal et de centre administratif pour gérer leurs affaires dans la région.

En 1505, Francisco de Almeida entre dans l'océan Indien avec le titre de vice-roi des Indes. Il a pour mission de créer un Etat portugais sur le sous-continent, avec une administration autonome, de centraliser toutes les affaires du Portugal en Orient, et d'y imposer le monopole commercial et maritime du Portugal. Profitant des rivalités entre souverains indiens, les Portugais passent des alliances militaires avec les royaumes de Cochin et Cannanore, sur lesquels ils établissent un protectorat. Entre 1505 et 1507, les factoreries de Cochin, Cannanore et Calicut sont sécurisées par de puissantes forteresses. Chacune de ces cités-Etats est placée sous l'autorité d'un capitaine portugais au service du vice-roi. Des quartiers portugais se développent à côté des bâtiments commerciaux, administratifs et militaires. Cochin devient provisoirement la capitale de l'Inde portugaise, et le siège de sa vice-royauté. En 1509, à la bataille de Diu, le vice-roi portugais écrase l'immense flotte coalisée du Sultanat mamelouk d'Egypte, de l'Empire ottoman et du Zamorin de Calicut, établissant la suprématie définitive du Portugal sur mer.

Avec l'arrivée du gouverneur portugais Afonso de Albuquerque en 1509, les Portugais entrent dans un cycle de conquêtes terrestres rapides, qui leur permet de verrouiller les principaux axes de passages et détroits de l'océan Indien et du Pacifique. En 1510-1511, l'amiral portugais écrase les sultans du Bîjâpur avec l'aide d'un souverain local, Timayya. À l'issue de sa victoire, il leur arrache la cité de Goa, située au centre du Malabar, dont il fait la capitale de la vice-royauté portugaise. Après avoir massacré et expulsé tous les musulmans de la ville, le gouverneur fonde une cité-colonie portugaise permanente dans ce qui sera appelée plus tard Vieux-Goa (Velha Goa). Puis il établit le quartier général de l'Inde portugaise des provinces du sud, également connues sous le nom « Goa ». Là, les Portugais se dotent d'un grand chantier naval, d'un puissant arsenal, d'immenses entrepôts commerciaux et logistiques, d'écuries monumentales, d'un atelier monétaire, et ils établissent dans le palais des anciens Khan refondé le siège du vice-roi qui gouverne les possessions portugaises d'Asie[11].

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L'Etat portugais de l'Inde dans le golfe Persique et en mer Rouge.

En 1511, le gouverneur portugais lance une attaque éclair sur le sultanat de Malacca, et conquiert sa capitale, prenant le contrôle du détroit de Malacca, et de tout le commerce maritime entre la Chine et l'Inde. De là, il envoie une ambassade commerciale en Chine, qui débarque à Canton, et il lance une première expédition maritime vers les Moluques, grandes productrices de clous de girofles. En 1513, il lance une attaque sur le port d'Aden, au Yémen, et il mène une grand expédition dans la mer Rouge, pour imposer la suprématie portugaise dans la région. Une petite expédition est alors débarquée sur les rives de l'Erythrée, afin de nouer une alliance antimusulmane avec le roi d'Ethiopie, assimilé au mythique roi chrétien d'Orient, connu sous le nom de « Prêtre Jean ». De 1513 à 1515, il fait la conquête du Royaume d'Ormuz, auquel il impose la suzeraineté du roi du Portugal, ce qui lui permet de prendre le contrôle du golfe Persique, et du trafic maritime entre le Proche-Orient et l'Inde. À son retour à Goa, la cité devient la base arrière de toutes les entreprises commerciales et militaires des portugais en Extrême-Orient et de l'expansion de l'empire en Asie. C'est notamment de Goa que partira saint François Xavier, et de nombreux autres missionnaires après lui, pour l'œuvre d'évangélisation du Japon, Macao et des îles du Pacifique[12].

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Un homme et une femme accompagnés d'un jeune esclave noir, dans la colonie portugaise de Goa, 1725.

Pendant les décennies qui suivent, profitant des désordres dans le nord de l'Inde, les Portugais acquièrent de nombreux territoires des sultans de Gujarat : Daman (prise en 1531, officiellement cédée en 1539) ; Salsette, Bombay, et Baçaim (prises en 1534) ; et Diu (cédée en 1535). Ces possessions deviennent la richissime « Province du Nord » de l'Inde portugaise[13], qui étend les limites d'environ 100 km, de la côte de Daman à Chaul, et de 30-50 km à l'intérieur des terres. La province est gouvernée à partir d'une cité-forteresse située à Bassein (aujourd'hui Vasai, au nord de Mumbai) qui fut cédée aux Anglais en 1661 en tant qu'élément de la dot de la princesse portugaise Catherine de Bragance à Charles II d'Angleterre. Les conquêtes portugaises sont soutenues par un puissant réseau d'alliances militaires et diplomatiques, qui donne à leur État de l'Inde des dimensions multicontinentales[1].

Ayant imposé un système de sauf-conduits (cartazes) à tous les navires circulant dans l'océan Indien, moyennant une taxe payée à Goa, les Portugais entretiennent des rapports d'amitié avec l'empire hindou du Vijayanagar, qui domine tout le sud de l'Inde, et qui leur cède le lucratif monopole des chevaux. Dans le même temps, ils maintiennent une ambassade permanente dans la capitale de l'Empire moghol musulman, dont ils assurent une part essentielle du commerce maritime. En Extrême-Orient, un lucratif commerce d'armes, d'argent, de porcelaines et de soieries se développe avec la Chine, qui concède aux Portugais le territoire de Macao, en 1557, et avec le Japon, abordé en 1543, qui est quant à lui centré sur Nagasaki.

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L'Etat portugais de l'Inde en Asie du Sud-Est.

À son apogée, à la fin du xvie siècle, Goa est devenue une des plus grandes métropoles d'Orient, peuplée de 250 000 habitants, placée au centre de réseaux commerciaux, religieux et diplomatiques mondiaux qui s'étendent des Moluques, de Chine et du Japon, jusqu'en Afrique de l'est, en Perse, et à Lisbonne, en Europe. Aux quatre coins de l'Orient, chaque ville sous souveraineté portugaise se dote d'institutions semblables à celles de la capitale de l'empire : forteresse, chantier naval, arsenal, douane, Sénat dominé par le corps des vétérans-colons (casados), Maison de la Miséricorde, église ou cathédrale, contribuant à diffuser partout en Orient les modèles de la civilisation ibérique, la religion catholique et l'influence européenne.

Le déclin de l'Empire portugais en Inde commence avec la rupture du monopole de la Route du Cap par les Néerlandais au début du xviie siècle, et avec la fondation de la VOC, une compagnie commerciale à capitaux privés très agressive, qui devient le principal concurrent des Portugais en Orient. Très vite, les Néerlandais sont suivis par les Britanniques et les Français, qui battent en brèche les monopoles Portugais. S'ouvre alors une période de soixante années de guerres continues entre l'Estado da India et la VOC dans l'océan Indien, qui aboutit au découpage de l'Orient en différentes zones d'influences européennes. Sur le sous-continent Indien, l'effondrement du Vijayanagar et de l'Empire moghol permettent l'émergence de nouvelles puissances locales qui entrent en lutte contre les Portugais. La plupart des Provinces du Nord sont reconquise en 1739 par les Marâthas, un clan qui reconquiert et unifie une partie de l'Inde au XVIIe et XVIIIe siècles. Plus au sud, les territoires historiques de Goa (Tiswadi, Bardez, Salcete) font face à de violentes attaques marathes, notamment en 1739. Les forces portugaises réussissent à repousser l'ennemi au prix d'efforts financiers colossaux, forçant l'administration à repenser sa sécurité en s'ingérant dans les affaires des petits royaumes tampons de l'arrière-pays. À l'issue de nombreuses campagnes militaires, le Portugal stabilise ses positions en Inde, en Afrique de l'est, en Insulinde et en Chine. Mais ne bénéficiant plus de l'effet de rareté et de monopoles commerciaux, le cycle des épices est arrivé à son terme, et l'Inde portugaise n'est alors déjà plus qu'un vestige du brillant et prestigieux passé de l'empire indien du Portugal, qui s'est rabattu sur le Brésil, qui est alors en plein cycle de l'or.

Crise du milieu du XVIIe siècle et réarticulation du dispositif aux XVIIIe et XIXe siècles

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À partir du milieu du xviie siècle, la vice-royauté portugaise traverse une profonde crise économique et politique. Outre la concurrence commerciale féroce des compagnies britanniques et hollandaises, et la présence de grands empires asiatiques, toujours menaçants, les Qing en Chine, et les Marathes en Inde, elle doit aussi faire face à l'émergence un peu partout de puissants seigneurs de guerre indo-portugais rebelles à l'autorité de Goa, qui accaparent les ressources des concessions et territoires qu'ils occupent. Conscients de ces difficultés, les dirigeants portugais décident d'opérer de profonds remaniements géopolitiques, avec un déplacement des centres névralgiques de leur empire. Pour permettre à leur dispositif de se redéployer, ils séparent le Mozambique de l'Etat des Indes en 1752, et ils le dotent d'un gouverneur indépendant, qui dispose d'une administration, d'un budget et d'une armée propres. Ce dernier est chargé de mettre au pas les Prazeiros, les seigneurs de guerre luso-africains de la vallée du Zambèze, et d'engager des campagnes d'expansion terrestres dans la région, avec colonisation de peuplement.

N'ayant plus à sa charge la gestion et la défense du Mozambique, la vice-royauté de Goa peut se concentrer plus efficacement sur ses affaires asiatiques. En Inde, en 1759, les vice-rois choisissent d'abandonner leur capitale historique dépeuplée, ravagée par de violentes épidémies, menacée par les Marathes et par l'ensablement de son port, pour la refonder sous la forme d'une ville moderne, aux dimensions et système de défense plus adaptés, au sud de l'embouchure du fleuve Mandovi, à l'emplacement du petit village de Panaji, renommé Nouvelle-Goa (Nova Goa)[14]. Dans la foulée, profitant des guerres intestines entre les Marathes et les potentats locaux, ils reprennent leur politique d'expansion militaire et diplomatique sur le sous-continent. En 1763, ils accordent leur protection militaire au roi de Sunda (Soonda), menacé par les Marathes et par l'ambitieux Haïder Ali de Mysore, en échange de concessions territoriales. Entre 1781 et 1788, ils annexent les provinces du Nord du royaume de Sawantwadi, après que celui-ci a subi plusieurs défaites et signé plusieurs traités de cession. Au total, de 1763 et 1788, les Portugais annexent sept nouveaux districts (concelhos) à Goa : Pernem, Bicholim, Sattari, Ponda (Antruz), Sanguem, Quepem et Canacona, connus sous le nom de « Nouvelles Conquêtes » (Novas Conquistas). Contrairement aux Vieilles Conquêtes de 1511, profondément christianisées par la force, le marquis de Pombal interdit l'Inquisition et le prosélytisme agressif dans les Nouvelles Conquêtes, afin de s'associer les population locales. Ces territoires, qui forment à présent les deux tiers de Goa, restent majoritairement hindous et conservent leurs structures juridiques locales administrées via des scribes autochtones, les Dessaiado, qui sont intégrés à l'armature de l'Etat de l'Inde. Pour securiser leurs conquêtes, les Portugais construisent une nouvelle ceinture de forteresses sur le pourtour du territoire agrandi.

En parallèle, pour garder ses possessions lointaines de Macao et de Timor, Goa entreprend un vaste effort de reconfiguration géopolitique, de centralisation administrative et de rationalisation militaire. À Timor d'abord. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, la présence portugaise dans l'île était centrée sur la ville de Lifau, dans l'actuelle enclave d'Oecusse. Cependant, Lifau était constamment menacée par les attaques des Topasses (Amharos), une population métisse luso-timoraise rebelle à l'autorité de Goa, gouvernée par de puissants seigneurs de guerre, qui avaient pris la main sur le lucratif commerce de bois de Santal. De la même façon, à Macao, les autorités sont confrontés depuis longtemps à une perte progressive de contrôle municipal, au profit du pouvoir chinois et des élites locales. Officiellement, à l'epoque, Macao n'est pas encore une colonie de plein droit mais une concession territoriale à bail annuel, puis décennal, gérée conjointement par les mandarins de la dynastie Qing et le Leal Senado, le conseil municipal des élites locales portugaises et métisses.

Pour venir à bout de ces problèmes, en 1769, le gouverneur António José Teles de Meneses prend la décision stratégique d'abandonner Lifau et de déplacer la capitale coloniale de Timor à Dili, dotée d'une baie mieux protégée et plus propice à la reprise en main du commerce du bois de santal. En parallèle, à Macao, la vice-royauté s'engage dans un long travail de minage administratif et militaire, destiné à réduire progressivement l'indépendance politique et financière du Leal Senado, et réintégrer pleinement Macao dans les structures de la Couronne. Cette politique se double de mesures d'optimisation et la centralisation administrative, relevant du mercantilisme d'Etat, connues sous le nom de « réformes pombalines », du nom du marquis de Pombal, Premier ministre du Portugal de 1750 à 1777. Parmi ces mesures, des gouverneurs et de juges royaux directement nommés par Goa et Lisbonne sont envoyés à Macao, afin d'empêcher les élites locales de détourner les revenus douaniers au détriment des caisses de l'État. Pour les seconder, des institutions fiscales centralisées, à l'image de l'Intendant du Trésor Royal (Feitor da Fazenda Real), encadrent de plus près la perception des impôts et la gestion des monopoles d'État sur les marchandises clés.

La rationalisation et la modernisation du dispositif portugais passe aussi par des remaniements profonds dans le domaine militaire. À l'époque, les armées portugaises d'Asie souffrent d'un manque chronique d'effectifs européens. Pour optimiser sa défense, l'État de l'Inde décide de s'appuyer massivement sur la militarisation des structures indigènes, sur le modèle de ce qu'avait créé Afonso de Albuquerque à Goa en 1511, avec le système des « colons-vétérans » casados[11]. À Timor, la vice-royauté met sur pied le système des Moradores et des Liurais. Concrètement, ne pouvant pas entretenir une large garnison européenne à Dili, Goa et les gouverneurs locaux institutionnalisent un système de défense reposant sur les chefs locaux, appelés Liurais. En échange de titres militaires prestigieux décernés par la Couronne portugaise (colonel, brigadier), ces chefs s'engagent à fournir des troupes régulières, les moradores, pour défendre la colonie. À Macao, n'ayant pas le droit de stationner une armée offensive sur le sol de l'Empire chinois, les Portugais rationnalisent leur dispositif militaire autour d'une défense purement côtière et passive, centrée sur la pierre et la puissance de feu. Les forts existants, comme la forteresse du Monte ou la Forteresse de la Guia, sont modernisés avec de nouvelles pièces d'artillerie pour dissuader les incursions de pirates et surveiller l'accès au fleuve des Perles[15].

Sur le plan commercial, l'essoufflement du réseau d'échanges triangulaire traditionnel de l'océan Indien oblige la vice-royauté à un effort de rationalisation, en se concentrant sur de nouveaux produits. Goa réoriente l'activité économique de ses deux provinces du Pacifique. L'île de Timor, qui offre un ancrage terrestre plus vaste, est utilisée comme réservoir de ressources. L'extraction du bois de santal s'intensifie sous le contrôle de monopoles d'État, et le café commence à être introduit pour diversifier l'économie agraire de l'île. Toute autre est la situation de la vice-royauté en Chine. Face à la montée en puissance de Canton, et plus tard de Hong Kong, investie par les Britanniques, Macao se réinvente. La ville rationalise son dispositif en devenant une plaque tournante pour le commerce de l'opium, acheminé depuis l'Inde portugaise, et pour le commerce du thé vers l'Europe, compensant ainsi la perte de ses monopoles historiques[16]. Paradoxalement, en relançant leur activité commerciale, et en les dotant d'une administration efficiente, les autorités de Goa contribuent à détacher ses deux territoires de leurs dépendances à leur égard, et à leur donner les moyens de leur autonomie administrative et financière.

L'instabilité politique au Portugal au début du XIXe siècle, la perte du Brésil entre 1822 et 1825, puis les guerres libérales qui s'ensuivent rendent la gestion centralisée de l'Inde obsolète. En 1844, constatant que Goa n'a plus les moyens économiques et maritimes de soutenir des territoires qui produisent autant voire plus qu'elle, et peuvent se gérer d'eux-mêmes, Lisbonne tranche : Macao et Timor sont définitivement détachés de l'État de l'Inde, et deviennent des territoires et provinces autonomes de l'Empire[17]. L'année suivante, en 1845, Macao est déclarée port franc, ouvrant une nouvelle ère coloniale agressive qui brise définitivement l'ancien modèle de cogestion commerciale mis en place au cours du siècle précédent[18]. Après avoir été le centre d'un immense empire militaire et commercial pendant plus d'un siècle et demi, Goa est à présent ramenée à son seul territoire indien, et ne peut plus compter que sur ses propres ressources pour entretenir son administration, assurer sa défense, se développer économiquement et faire vivre sa population.

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Carte des colonies portugaises et européennes en Inde du XVIe au milieu du XVIIIe.

Pour générer de nouveaux profits, fort de l'expansion récente de Goa, l'Etat portugais de l'Inde se lance à la fin du xviiie siècle dans la culture intensive de jute, dont l'Inde est une des premières productrices mondiales, ainsi que dans le développement d'une industrie textile tournée vers l'exportation. Les fibres de la plante sont utilisées pour la confection de nattes, de vêtements grossiers, de sacs, etc., tandis que la partie restante après l’extraction des fibres est utilisée dans l’industrie papetière, pour la production de papier gris chamois. Les convois de la Carrière des Indes, réduits, sont rationnalisés, avec une escale obligatoire par le Brésil. Mais à partir 1860, les possessions portugaises en Inde subissent de plein fouet la crise du jute et du textile. Conscients de leur situation et la réalité des rapports de force en Inde, les Portugais choisissent de s'adosser à la puissance montante britannique, à laquelle ils sont étroitement liés par l'imbrication de leurs réseaux, ainsi que par la vieille alliance anglo-portugaise, et de favoriser au maximum son ascension. Dans les décennies qui suivent, l'Inde britannique étend son contrôle exclusif sur le sous-continent, et gagne la bataille contre ses rivaux français et néerlandais, ainsi que contre les derniers princes indiens indépendants.

Arrivés avant les Anglais sur le continent sud-asiatique, et considérés par ces derniers comme des alliés fiables et des informateurs précieux, les Portugais conservent le droit de maintenir une présence militaire en leurs colonies en Inde. Leurs navires de guerre peuvent séjourner dans le port de Goa et Nova Goa. Toutefois, sachant qu'ils peuvent s'appuyer sur la protection des Anglais, qui règnent sans partage sur l'Inde, les Portugais tendent à désarmer de plus en plus leurs possessions, et à désinvestir leur dispositif militaire en Inde. Ainsi, les navires de guerre sont rarement observés dans les ports des colonies portugaises d'Inde, et ils sont plutôt déployés dans les ports coloniaux de l'Angola ou du Mozambique, alors ben pleine expansion. En cas de besoin, des autorisations sont accordées pour les passages de militaires de Goa par les territoires britanniques vers les enclaves de Dadra et Nagar Haveli.

À partir de 1870, l'économie des territoires portugais est largement contrôlée par les Anglais et dépend de l'Inde britannique. En 1921, les territoires portugais en Inde, très pauvres, obtiennent un statut de zone franche. À une époque où la prohibition bat son plein aux États-Unis, dans les années 1920 à 1930, ce statut attire des investisseurs américains, dont certains font transiter de l'alcool en contrebande par le port de Nova Goa. Ce lucratif commerce d'alcool de contrebande américain dure jusqu'à la fin de la prohibition en 1933. Avec l'Indépendance de l'Inde en 1947, les territoires portugais perdent le statut de zone franche et, encerclés par l'Inde devenue indépendante, ils se voient infliger de lourdes taxes douanières pour faire pression et accélérer le départ des Portugais.

Après l'indépendance de l'Inde

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Après l'indépendance de l'Inde britannique en 1947, le Portugal refuse d'accéder à la demande de ce pays de renoncer au contrôle de ses possessions indiennes ce qui oblige l'Assemblée générale des Nations unies à intervenir en faveur de l'Inde dans les années 1950.

En 1954, une troupe d'indépendantistes indiens, « bands of Indian irregulars », soulèvent les enclaves de Dadra et Nagar Haveli. L'Inde refuse le passage des troupes portugaises à travers son territoire afin de restaurer son pouvoir colonial, et annexe les enclaves en août 1961. En , l'Inde envahit Goa, Daman et Diu[19],[20] lors de l'opération Vijay.

Le régime de Salazar refuse de reconnaître la souveraineté indienne sur Goa, Daman et Diu, qui ont continué à être représentées à l'Assemblée nationale du Portugal jusqu'en 1974. Suivi peu après par la révolution des Œillets, la même année, le nouveau gouvernement de Lisbonne restaure les relations diplomatiques avec l'Inde, et reconnaît la souveraineté indienne sur l'Inde portugaise. Cependant, les habitants de ses anciens territoires indiens continuent à avoir droit à la citoyenneté portugaise, limité en 2006 à ceux nés sous le régime portugais ou ayant des ancêtres de nationalité portugaise (parents, grands-parents, arrière-grands-parents). Les décennies passant, le passeport portugais deviendra, pour de nombreux jeunes Goanais, un véritable sésame leur offrant la possibilité d'aller étudier et travailler dans l'Union européenne. Le nombre de jeunes Goanais ayant ainsi quitté leur terre natale, depuis l'incorporation de Goa à l'Inde jusqu'en 2020, était de l'ordre de 300 000 personnes.

Du fait de la constitution indienne, garantissant à tout Indien la possibilité de venir s'installer dans n'importe quel État de l'Inde, Goa, du fait de sa richesse, fut des décennies durant la cible de flux migratoires internes. Les Goanais d'origine, de souche indo-portugaise ou locale, ne représentent plus aujourd'hui qu'environ 50% de la population du petit État, qui reste catholique à près de 30 %.

Histoire postale et timbres postaux

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Le début de l'histoire postale de la colonie est obscur, mais un courrier régulier est connu pour avoir été échangé dès 1825 avec Lisbonne. Le Portugal ayant une association postale avec la Grande-Bretagne, beaucoup de courriers passent probablement par Bombay et poursuivent en compagnie de paquets britanniques. Le cachet portugais apposé sur le timbre apparaît en 1854.

Les premiers timbres postaux sortent le . Ils étaient purement locaux, et des timbres de l'Inde britannique étaient également nécessaires pour le courrier destiné à l'outre-mer. La composition de ces premiers timbres se présentaient seulement par leur valeur au centre, avec une bande ovale contenant les inscriptions Serviço Postal et India Post. Les matrices sont recoupées plusieurs fois, et imprimées sur plusieurs genres de papiers, ayant pour résultat une situation extrêmement compliquée, qui fut intensivement étudiée; environ 55 types de timbres ont été différenciés apparaissant entre 1871 et 1877, certains d'entre eux étant tout à fait rares.

En 1877, le Portugal a inclus l'Inde dans la « couronne » standard, c’est-à-dire la même monnaie officielle, avec neuf valeurs allant de 5r à 200r. Ces timbres circulèrent jusqu'en 1881, et les anciens timbres locaux surtaxés avec des valeurs variées, expliquent l'existence d'une centaine de versions distinctes. Les timbres additionnels de la « couronne » sont arrivés en 1882, mais l'année suivante s'ajoutèrent des valeurs supplémentaires de conception locale. À partir de 1886, le motif des timbres distribués a suivi cela de près dans les autres colonies. L'exception principale étant une série de surtaxes en 1912, produites en perforant verticalement des timbres existants par le milieu, et la surimpression créant une nouvelle valeur de chaque côté.

En 1925, un timbre commémoratif a marqué le 400e anniversaire de la mort de Vasco de Gama, et en décembre 1931 un ensemble de six est édité pour la promotion de l'exposition sur François Xavier tenue à Goa. Les ensembles de timbres de 1946 et 1948 célèbrent des figures historiques notables en lien avec la colonie. La première exposition de timbres en Inde portugaise, en 1952, est commémorée par la sortie d'une paire de timbres, l'un reproduisant le dessin du premier timbre édité, l'autre représentant saint François Xavier. Des timbres d'usage courant, « definitive series » en 1956 célèbrent le 450e anniversaire des colonies Portugaises en Inde, et incluent des portraits et des plans de vieux forts, en 1959 des séries représentaient des pièces variées.

La dernière édition officielle date du , marquant le 500e anniversaire de la mort du prince Henri le Navigateur. Des timbres indiens ont été utilisés pour la première fois le , tandis que les anciens timbres ont été acceptés jusqu'au . Bien que le Portugal ait continué à sortir des timbres pour la colonie perdue, aucun de ces derniers n'a jamais été mis en vente dans les bureaux de poste de la colonie, et ils ne sont donc pas considérés comme valides. Le ministère Indien des postes et communications ne reconnaît pas les timbres émis par le Portugal pour son ensemble colonial en Inde après 1960.

Le Portugal continuera à sortir des timbres pour sa colonie, entre 1961 et 1974, mais ils ne sont pas reconnus par l'UPU (Union postale universelle).

Notes et références

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  1. 1 2 3 Sanjay Subrahmanyam, L'Empire portugais d'Asie, Paris, Maisonneuve & Larose,
  2. ↑ (pt) Luís Adão da Fonseca et Maria Cristina Cunha (dir.), O Tratado de Tordesilhas e a diplomacia luso-castelhana no século XV, Lisbonne, Inapa, , 91 p.
  3. ↑ Daman District, India article du Wikipédia anglais
  4. ↑ Descendants métis des Portugais qui sont sont installés massivement au XVIe siècle à Hooghly en Inde et à Chittagong dans l'actuel Bangladesh, souvent comme marchands ou pirates. Ces Indo-portugais métis catholiques sont aujourd'hui appelés les Firingis ou Phiringis. Bien qu'ils parlent aujourd'hui le bengali, ils portent toujours des noms portugais distinctifs tels que Fernandez, De Silva, Rozario, et forment des poches catholiques distinctes.
  5. ↑ Née du métissage entre marins portugais et femmes chinoises, malaises ou japonaises, cette communauté sino-portugaise possède sa propre culture, sa cuisine unique (mélange de saveurs portugaises et cantonaises) et sa langue : le Patuá, un créole à base de portugais. Les Macaenses de Macao figurent parmi les communautés luso-asiatiques les plus pérennes.
  6. ↑ Descendants métis des marchands et mercenaires portugais, sujets du roi de Portugal et alliés au roi de Siam, qui ont suivi la cour thaï après la chute d'Ayutthaya en 1767, pour fonder la nouvelle capitale à Bangkok. Aujourd'hui regroupés autour de l'église Santa Cruz, ils se distinguent par leurs pratiques culturelles et culinaires, notamment le célèbre Khanom Farang Kudi Chin, un gâteau traditionnel hérité de la pâtisserie portugaise.
  7. ↑ Esclaves libérés d'origine asiatique et africaine, christianisés et de langue portugaise, les Mardijkers ont été installés par les Hollandais à Batavia (Jakarta). Le quartier de Kampung Tugu conserve aujourd'hui leurs descendants indo-portugais, célèbres pour la musique Keroncong dérivée du fado portugais.
  8. ↑ Les Topasses des Îles de Flores et Timor, aussi appelés Larantuqueiros. Ce groupe métis, résultant de l'union de Portugais et de femmes locales, est devenu une force militaire et commerciale autonome ultra-puissante en Insulinde, contrôlant le commerce du bois de santal.
  9. ↑ Importante communauté métisse qui a joué un rôle clé dans l'élite politique du pays et son processus d'indépendance. Elle est la marque directe de l'empreinte profonde laissée sur la société timoraise orientale par les quatre siècles et demi de présence portugaise, maintenue de facto jusqu'en 1975, de jure jusqu'en 2002.
  10. ↑ (en) Shihan de Silva Jayasuriya, « The Portuguese Identity of the Afro-Sri Lankans », Lusotopie [En ligne], vol. XII, no (1-2),‎ (lire en ligne)
  11. 1 2 Geneviève Bouchon, Albuquerque, le Lion des Mers d'Asie, Paris, Maisonneuve et Larose,
  12. ↑ À Vieux-Goa se trouve la basilique du Bon-Jésus où se trouvent les reliques du saint missionnaire jésuite. Le saint est populaire et la basilique très fréquentée
  13. ↑ « Northern Province of Portuguese India »
  14. ↑ (en-US) « Rise and fall of ‘Old Goa’ », sur ItsGoa, (consulté le )
  15. ↑ Luís Filipe F. R. Thomaz, « La chronologie historique de Timor Oriental », Archipel. Études interdisciplinaires sur le monde insulindien, vol. 93 | 2017, no Archipel 93,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ (en) « At the peak of prosperity: A trading and military past », BBC Travel,‎ (lire en ligne)
  17. ↑ Guide To The Collections of Records From The Goa Archives, Panaji, Goa, Inde, Historical Archives of Goa, (lire en ligne)
  18. ↑ Anabel Monteiro Cenis, L'univers culturel de Macao Une communauté culturelle sous le poids de la République Populaire de Chine (Thèse de doctorat d’Études de l'Asie et de ses diasporas, préparée et soutenue sous la direction de Gregory), Lyon, Université Jean Moulin Lyon 3 École doctorale : Lettres - Langues - Linguistiques – Arts (3LA), (lire en ligne)
  19. ↑ (en) « Liberation of Goa », sur gpp.nic.in.
  20. ↑ (en) « The Liberation of Goa 1961 »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur bharat-rakshak.com.

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Articles connexes

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Liens externes

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