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Magnitizdat

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Magnétophone « Tembr » MAG-59M (1964), conservé au Musée d'Histoire Politique de Russie (St Petersbourg).

Magnitizdat (russe : магнитиздат, litt. « édition sur bande magnétique »)[1] était le processus de copie et de distribution des enregistrements audio sur cassette qui n'étaient pas disponible dans le commerce en Union soviétique. C'est l'analogue du samizdat, la méthode de diffusion des oeuvres écrites qui ne pouvaient pas êtres publiées officiellement sous la censure politique soviétique[2].

En termes de technique, le magnitizdat s'apparente aux enregistrements pirates, bien qu'il ait une dimension politique qui est moins présente chez ces derniers.

Terminologie

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Le terme magnitizdat vient des mots russes магнитофон (français : magnétophone) et издательство (français : édition)[2],[3].

Technologie

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Les cassettes audio étaient rare en URSS avant les années 1960[2]. Durant les années 1960 cependant, l'Union soviétique a produit en masse des cassettes audio pour le marché des consommateurs[2],[4]. De plus, des cassettes japonaises et occidentales étaient vendues dans des boutiques de secondes mains et sur le marché noir[5].

D'après Alexei Yurchak, contrairement au samizdat, "le magnitizdat a réussi a échapper au contrôle de l'état grâce à ces capacités technologique et à la confidentialité qu'il offre.[5]" Tandis que l'état contrôlait la propriété des presses d'imprimerie, les citoyens soviétiques étaient autorisés à posséder des magnétophones à bobines[6],[7].Alors qu'il était interdit de faire plus de six copies écrites d'un document pour le distribuer, il n'y avait aucune limite légale sur le nombre de copies de cassettes audio[8]. De plus, seul l'artiste sur l'enregistrement était considéré responsable de son contenu[9].

En république socialiste soviétique de Lettonie, l'ingénieur audio Juris Lapinskis a profondément modifié le matériel soviétique disponible dans le commerce et y a intégré des composants occidentaux importés. Pour éviter la faible qualité de la fabrication soviétique, Lapinskis utilisait des cellules à pointe haut de gamme américaines — qui, à l’époque, coûtaient l’équivalent d’une automobile soviétique « Zhiguli » — afin de réaliser un mastering haute fidélité. De plus, pendant une période d’activité solaire intense entre 1958 et 1961, Lapinskis a tiré parti des conditions ionosphériques atmosphériques pour capter, sans parasites et avec une qualité digne d’un studio, les émissions en ondes courtes de la Voix de l’Amérique (en : Voice of America) et de la BBC, archivant ainsi plus de 250 heures de musique occidentale qui ont servi de base aux réseaux régionaux de magnitizdat[10],[11],[12].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Magnitizdat » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) Polly McMichael, « Prehistories and Afterlives: The Packaging and Re-packaging of Soviet Rock », Popular Music and Society, vol. 32, no 3,‎ , p. 331–350 (ISSN 0300-7766 et 1740-1712, DOI 10.1080/03007760902985791, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 Dissent in the USSR: politics, ideology, and people, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-1661-1)
  3. ↑ Aleksandr Galich (trad. de l'anglais), Performance and the Politics of the Everyday
  4. ↑ Consuming Russia: popular culture, sex, and society since Gorbachev, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-2281-8 et 978-0-8223-2313-6), Page 82
  5. 1 2 Consuming Russia: popular culture, sex, and society since Gorbachev, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-2281-8 et 978-0-8223-2313-6), Page 83
  6. ↑ (en) American Public Media, « American RadioWorks - Unmasking Stalin: A Speech That Changed the World » [archive du ], sur americanradioworks.publicradio.org (consulté le )
  7. ↑ (en-GB) « The writers who defied Soviet censors », sur www.bbc.com, (consulté le )
  8. ↑ Leslie Woodhead, How the Beatles rocked the Kremlin: the untold story of a noisy revolution, Bloomsbury, (ISBN 978-1-60819-614-2), p. 142
  9. ↑ Yngar Bordewich Steinholt, Rock in the Reservation, The Mass Media Music Scholars Press, (ISBN 978-0-9701684-3-6, OCLC 62125981, lire en ligne)
  10. ↑ J. Bulikina,, Dadža viesis. Juris Lapinskis,
  11. ↑ (lv) « Skaņu ieraksti - tehniski un fizikāli aspekti », sur klasika.lsm.lv (consulté le )
  12. ↑ (lv) « Vinila plates un skrečošana, Niks Gothems Toronto koncertzālēs », sur klasika.lsm.lv (consulté le )