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Trouble de la personnalité histrionique

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Trouble de la personnalité histrionique
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Traitement
Traitement PsychothérapieVoir et modifier les données sur Wikidata
Spécialité Psychiatrie et psychologie cliniqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CIM-10 F60.4
CIM-9 301.50
MedlinePlus 001531
MeSH D006677

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le trouble de la personnalité histrionique (TPH ; anciennement hystérique) est défini par l'Association américaine de psychiatrie (AAP) comme un trouble de la personnalité caractérisé par un niveau émotionnel et de besoin d'attention exagérés[1]. Le patient est en quête d'attention de la part d'autrui, essaie de se mettre en valeur, de séduire, ou simplement d'attirer le regard ou la compassion.

Ce trouble semble atteindre majoritairement les femmes et touche moins de 2 % de la population. Quelques études suggèrent qu'il affecte également les deux sexes et que la prédominance féminine mesurée ailleurs résulte de biais statistiques, que les traits associés soient jugés plus fréquents ou au contraire moins normaux chez les femmes.

Les personnes touchées semblent avoir généralement une intelligence assez singulière, avec une corrélation entre cette instabilité psychologique, ce comportement théâtral, « hystérique » ou d'« histrion », menteur, prétentieux, hypersensible et échafaudant en vaine protection une binarité entre excès de confiance et paranoïa, et un fonctionnement cognitif élevé, subtil, imaginatif, aisément créatif, inventif, dispersé, distrait, influençable par l'extérieur mais à même, s'il est régulé, de montrer justement des talents non fictifs d'expression d'un regard individuel original sur le monde[2].

Si l'étymologie du terme hystérie remonte à l'antiquité, Thomas Sydenham (1624-1689) est le premier à parler des traits de caractère des hystériques, dans son Epistolary Dissertation on the Hysterical Affections (1683)[3][4].

Ce sujet est repris au XIXe siècle par Ernst Von Feuchtersleben (1806-1849) dans son traité de psychologie médicale (Lehrbuch der ärztlichen Seelenkunde, 1845)[5] et par Pierre Janet (1859-1947) lors de ses travaux sur les « stigmates hystériques » (L'état mental des hystériques, 1893)[4].

En 1888, Julius Ludwig August Koch (en) crée le concept psychiatrique de trouble de la personnalité, à propos de la personnalité psychopathique, mais sans parler d'autres types de personnalité[4].

En 1895, Sigmund Freud (Études sur l'hystérie) considère que l'organisation de la personnalité est une structure résultant de conflits intrapsychiques dynamiques. Ses successeurs construisent des modèles théoriques : la personnalité hystérique s'expliquerait par une fixation au premier stade œdipien (d'où le besoin de séduire) avec un jeu du surmoi (d'où la culpabilisation provoquant la fuite si la séduction réussit)[4].

Otto Fenichel (1897-1946), psychanalyste dit « de deuxième génération », développe la théorie psychanalytique dans son The Psychoanalytic Theory of Neurosis (1931) où il ajoute à la personnalité hystérique une « pseudo-hypersexualité » (érotisation sociale ou « penchant à sexualiser toutes les relations non sexuelles »)[5].

Au cours du XXe siècle, cette référence à la psychanalyse ne fait pas l'unanimité. Cependant si les différents courants psychiatriques s'opposent sur les interprétations et les théories, il existe un accord approximatif sur les manifestations cliniques de la personnalité hystérique. En France, Henri Ey (1900-1977) définit la personnalité hystérique par la demande affective, la suggestibilité et l'intensité de la vie imaginaire (« formation imaginaire de son personnage »)[4].

Au niveau international, l'Association américaine de psychiatrie et l'OMS construisent des classifications des troubles mentaux cherchant un consensus de tous les psychiatres, quelle que soit leur culture. Les premières classifications (DSM-II) retiennent, pour la personnalité hystérique, la demande affective en négligeant la vie imaginaire pour insister sur l'hyperexpressivité (exagération des manifestations émotionnelles)[4].

En 1980, le DSM-III conserve le concept de personnalité hystérique sous la dénomination personnalité histrionique (du grec histrio-, comédien), mais en ajoutant de nouveaux critères tels que l'irritabilité, l'agressivité, l'égocentrisme… Ces derniers critères sont abandonnés en 1994 avec le DSM-IV, la personnalité histrionique est recentrée sur l'hyperexpressivité (présentation dramatisée et théâtrale des émotions) en écartant l'agressivité[4].

Épidémiologie

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Les études de haute qualité pour quantifier la prévalence de la personnalité histrionique sont manquantes. La plupart des études existantes sont obsolètes et ne sont guère utilisables. Selon les quelques données disponibles, la personnalité histrionique dans les années 1990 (DSM-IV) représentait 2 à 3 % de la population générale et 10 à 15 % des consultants en psychiatrie[4]. Dans les années 2020 (critères du DSM-V), 0,4 à 0,6 % jusqu'à 1,8 % en population générale[6],[7].

La prévalence serait similaire ou équivalente chez les hommes et les femmes[4],[6].

Cependant, les femmes sont diagnostiquées histrioniques quatre fois plus que les hommes, probablement en raison d'une tendance à les surdiagnostiquer selon des normes sociales (initiative masculine dans les relations homme-femme)[7], notamment en consultation hospitalière où les femmes sont plus nombreuses à consulter en psychiatrie[4],[6]. À l'inverse les hommes histrioniques sont sous-diagnostiqués, percevant longtemps leur comportement comme normal et sans problèmes, jusqu'à ce qu'ils apparaissent plus tard dans leur vie personnelle et professionnelle[7].

Critères diagnostiques

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Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association américaine de psychiatrie (AAP), le trouble de la personnalité histrionique (Défini dans le Groupe B) est un mode généralisé de réponse émotionnelle excessive en quête d'attention, représenté par au moins cinq des manifestations suivantes[8],[9]:

  1. Le sujet est mal à l'aise dans des situations où il n'est pas le centre de l'attention d'autrui ;
  2. L'interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction sexuelle inadaptée ou une attitude provocante ;
  3. Son expression émotionnelle est superficielle et rapidement changeante ;
  4. Le sujet utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l'attention sur soi ;
  5. La manière de parler est trop subjective mais pauvre en détails ;
  6. Il y a une dramatisation (théâtralisme, exagération du pathos) et une exagération de l'expression émotionnelle ;
  7. Le sujet fait preuve de suggestibilité, il est facilement influencé par autrui ou par les circonstances ;
  8. Considère que ses relations sont plus intimes qu'elles ne le sont en réalité.

La CIM-10 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) liste les caractéristiques des troubles de la personnalité histrionique. Ils sont caractérisés par au moins trois des éléments suivants : auto-dramatisation, théâtralité, expression exagérée des émotions, suggestibilité (influence facile par autrui ou par les circonstances), affectivité labile et superficielle, recherche continue d'excitation et d'activités dans lesquelles le patient est au centre de l'attention, séduction inappropriée dans l'apparence ou dans le comportement, et importance excessive de son apparence physique.

Description clinique

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Demande affective

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Elle correspond à peu près aux critères 1,2,4 6 et 7 de la personnalité histrionique du DSM-V.

L'histrionique tente d’attirer l’attention par diverses stratégies. La séduction (il cherche à briller, charmer… pour susciter l'intérêt) ou la dramatisation (se présenter comme faible et désemparé pour recueillir la compassion). Il alterne souvent les deux attitudes, cette demande est de type infantile : il faut à tout prix obtenir la sollicitude de l'autre, peu importe que ce soit dans une position de force (être admiré) ou de faiblesse (être plaint). Il veille aussi à ne pas perdre l'affection, en se présentant comme il pense que l'autre souhaite qu'il soit. D'où une position de dépendance et de suggestibilité[4].

Les tentatives de séduction se font sur un mode sexuellement provoquant, mais toujours dans l'ambiguïté où la sexualité est à la fois recherchée et crainte. Si la séduction échoue, le sujet se sent abandonné, et si elle réussit, il est envahi par l'angoisse et prend la fuite. La demande affective est intense, érotisée mais culpabilisée[4].

Hyper-expressivité

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Elle correspond à peu près aux critères 3 et 6 du DSM-V.

Le sujet histrionique est hypersensible et hyperréactif, aux agressions comme aux gratifications. Il est très susceptible avec un faible seuil de tolérance : la non-récompense est vécue comme une punition et sa dépendance à la récompense induit une recherche incessante de nouveautés pour de nouvelles gratifications[4],[7].

La labilité émotionnelle est aussi centrale : les changements d'humeur sont fréquents, les affects ou les émotions sont intenses (toute joie devient triomphe, toute déception un effondrement) mais superficielles[4],[7].

Intensité de la vie imaginaire

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Elle correspond à peu près aux critères 5 et 8 du DSM-V.

Le sujet a une vie imaginaire envahissante qui perturbe sa perception de la réalité. Il existe une tendance à la mythomanie, mais elle ne vise pas à mystifier les autres, c'est une manière de vivre sa propre vie en s'imaginant des vies et des personnages. Les troubles de mémoire sont fréquents (remaniement des souvenirs, amnésies portant sur des souvenirs anciens ou récents). Le sujet est incapable de raconter avec ordre et logique l'histoire de sa vie[4].

Le discours est « impressionniste » privilégiant la subjectivité, les impressions immédiates et fugitives qui manquent de détails. Le sujet vit ses relations sociales comme autant de relations intimes[7].

Évaluation clinique

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Les troubles de la personnalité histrionique se présentent à l'examen de façon très variable. L'histoire médico-sociale du sujet doit prendre en compte les témoignages de l'entourage, et le fait que le sujet va chercher à charmer l'interlocuteur[7].

Les cliniciens (psychiatres ou psychologues) évaluent les troubles d'une personnalité histrionique selon divers aspects[7] :

  • apparence personnelle : vêtements, tatouages, coiffure, accessoires multiples… pour provoquer ou attirer l'attention ;
  • comportement : excentrique ou désinhibé, gestuelle dramatique ou érotisée, variable selon le cours de l'examen ;
  • discours : voix forte sur un ton dramatique ;
  • cognition : le sujet est suggestible et influencé par l'entourage. La pensée est le plus souvent linéaire, mais pauvre en logique et en jugement ;
  • faible contrôle des impulsions avec comportement inadapté ou pathologique ;
  • le sujet est égo-syntonique : il ne se rend pas compte des conséquences de son comportement qu'il considère comme normal.

Catégories de Millon

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Theodore Millon a identifié six sous-types de personnalité histrionique. Toute personne histrionique peut présenter une ou plusieurs des caractéristiques suivantes[10] :

  • Histrionique théâtral - particulièrement dramatique, romantique et en quête d'attention,
  • Histrionique infantile - y compris les caractéristiques limites (borderline),
  • Histrionique hyperactif - synthétise la séduction de l'histrionique avec le niveau d'énergie typique de l'hypomanie,
  • Histrionique apaisant - y compris les caractéristiques dépendantes et compulsives,
  • Histrionique impétueux - y compris les caractéristiques négativistes (passif-agressif),
  • Histrionique antisocial - caractéristiques antisociales.

Traitements et étiologie

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L'histrionique souffre généralement d'un manque d'introspection, d'un besoin de valorisation narcissique de la part d'autrui, d'émotivité excessive et donc d'un manque de rationalisation.

L'objectif thérapeutique principal est donc de rehausser ou d'équilibrer l'image de soi sans la rendre invasive pour soi et les autres, pour le bonheur collectif, tout en apprenant au patient à l'analyser rationnellement ainsi que les situations plutôt qu'intuitivement ou affectivement et de façon trop égoïste, individualiste, hiérarchique et compétitive.

Il existerait un surrisque familial avec un mélange de causes héréditaires et environnementales[11].

Notes et références

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  1. ↑ (es) Laura Ruiz Mitjana, « Personalidad histriónica: qué es, y sus 14 rasgos característicos », sur laguiafemenina.com,
  2. ↑ « Troubles de la Personnalité - ppt video online télécharger », sur slideplayer.fr (consulté le )
  3. ↑ (en) John M. S. Pearce, « Sydenham on Hysteria », European Neurology, vol. 76, nos 3-4,‎ , p. 175–181 (ISSN 1421-9913, PMID 27658273, DOI 10.1159/000450605, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Guy Darcourt, « La personnalité hystérique », La Revue du Praticien, vol. 45, no 20,‎ , p. 2550-2555..
  5. 1 2 Filipa Novais, Andreia Araújo et Paula Godinho, « Historical roots of histrionic personality disorder », Frontiers in Psychology, vol. 6,‎ , p. 1463 (ISSN 1664-1078, PMID 26441812, PMCID 4585318, DOI 10.3389/fpsyg.2015.01463, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 « Trouble de la personnalité histrionique - Psychiatrie », sur Édition professionnelle du Manuel MSD (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Tyler J. Torrico, « Trouble de la personnalité histrionique », sur www.ncbi.nlm.nih.gov, (consulté le )
  8. ↑ DSM-V Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, American Psychiatric Publishing, , « Personality Disorders »
  9. ↑ American Psychiatric Association (trad. Marc-Antoine Crocq (dir.)), Mini DSM-5 : Critères diagnostiques, Issy-les-Moulineaux, Elsevier-Masson, , 345 p. (ISBN 978-2-294-73963-7), p. 287.
  10. ↑ Theodore Millon, Personality Disorders in Modern Life, Hoboken, New Jersey, John Wiley & Sons, Inc., (ISBN 0-471-23734-5)
  11. ↑ « Les faits en bref:Trouble de la personnalité histrionique », sur Manuels MSD pour le grand public (consulté le )

Liens externes

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