le maoïsme, l'analyse et les analyseurs*
REMI HESS
Le lieu d'où je parle...
Après 1968, j'ai travaillé à Reims avec un groupe de mUitants maoïstes. Mon passé nanterrois (le contact avec le mouvement du 22 mars), me rendait un peu marginal dans ce groupe : au moins au niveau idéologique. Ce groupe était lui-même assez marginal dans l'organisation à laquelle U se rattachait. Il devait d'ailleurs se dissoudre en 1 970. Ces deux années de « militantisme mao » furent pour moi d'une grande richesse me permettant de découvrir le fonctionnement organisationnel de l'intérieur.
Par la suite, de marginal de l'intérieur, mon statut évolua. Mon passé récent me permettait d'avoir encore mes entrées dans le « petit monde du gauchisme rémois ». Parallèlement, je participais cette année-là, au développement d'un nouveau courant (« Vive la Révolution », « Tout ») que j'importais de Nanterre à Reims en ramenant des tracts et des journaux. Beaucoup de militants orthodoxes trouvaient ce courant trop déviant pour bénéficier encore de l'appellation « maoïste ». Cependant, ce courant avait un réel succès auprès des amis avec qui j'avais milité les années précédentes.
Cette pratique poUtique restait, malgré tout, pour la plupart d'entre nous, un activisme peu satisfaisant dans la mesure où nous refusions de réduire notre vie à cet activisme d'une part, et que nous cherchions d'autre part, à comprendre notre pratique en nous ouvrant à toute f réflexion théorique qui nous permettait d'avancer, de voir plus clair. ~
(*) Ce texte de présentation de ma thèse a été prononcé lors de k soutenance. Intitulée initialement « Les maoïstes français (1962-72) comme analyseurs des institutions », ma thèse paraîtra aux éditions Anthropos dans la collection « Contre-sociologie » sous le titre : « Les Maos : Essai d'analyse institutionnelle et politique ».



















